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Ne dites plus "ex-EPA", dites "futur Denner" !

Après six mois d'atermoiements, le Conseil communal a finalement adopté, lors de sa séance du 28 février, le projet de rénovation de l'ancien bâtiment de l'EPA, à la rue d'Italie. L'immeuble hébergera des locaux administratifs et surtout, au rez-de-chaussée, un nouveau magasin Denner.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N12171/conseil-communal-du-28-02-13.html

C'est à des débats relativement sereins, c'est-à-dire plutôt centrés sur les données concrètes et pratiques des objets, qu'ont participés les membres du Conseil communal.
Avec peu d'interventions personnelles, l'intérêt s'est focalisé tout naturellement sur les deux préavis devant être discutés. De ce fait, la séance à cette fois encore pu se terminer à une heure raisonnable.


En début de séance, le Président Patrick Bertschy a fait la lecture de la correspondance, dans laquelle se trouvaient notamment de nombreuses invitations, ce qui illustre le rôle important que joue le premier citoyen également en terme d'image de la ville
En outre, une lettre émanant d'un citoyen de St-Légier a donné lieu à un mini-débat. Il s'agit de ce que le Président a considéré comme une pétition à signature unique. Elle énonçait l'avis personnel de son auteur sur les difficultés de circulation à Vevey et le projet de modification de sens à la rue du Simplon. Il critiquait de plus ce qu'il croyait être un manque de coordination régionale dans ce dossier.
Le Président a proposé au Conseil de se prononcer sur cet objet, soit de désigner une commission pour l'étudier comme telle, soit de la transmettre à la commission qui sera appelée, d'ici l'été, à étudier le financement de ces modifications routières.
Plusieurs conseillers, considérant que la thématique de la circulation est importante, étaient favorables à ne pas écarter cette demande. D'autres ont relevée que ce thème était de stricte compétence municipale, M. Vincent Matthys proposant de simplement transmettre ces documents à la Municipalité.
Au nom de celle-ci, le Syndic Laurent Ballif a signalé que la démarche normale dans ce cas-là était de faire opposition à la publication du projet dans la Feuille des Avis officiels, ce que l'auteur de la lettre n'a pas fait. Comme c'est un domaine de compétence municipale, il a demandé que la lettre soit remise à l'Exécutif sans autre débat, ce qui a été accepté par le Conseil à l'unanimité.

 

Différence d'interprétation entre le Président Patrick Bertschy (en haut) et le président du Groupe socialiste M. Vincent Matthys (en bas).

Avant d'aborder les deux objets principaux, le Conseil a pris connaissance de deux interpellations.
La première, de M. Christan Roh (PLR), demandait où en était le dossier dit de "la parcelle du pêcheur". C'est un terrain près du port que le Conseil a accepté de vendre il y a plus de 2 ans et où l'on ne voit pas évoluer la situation. Le Syndic a accepté de donner une réponse écrite d'ici la prochaine séance du Conseil.
La seconde interpellation émanait de M. Adrien Treccani (UDC) et demandait pour quelle raison la Municipalité affichait sur l'Hôtel-de-Ville un drapeau que l'interpellateur croyait être celui de l'Union Européenne. Cette demande étant cyclique, chaque nouveau Conseil trouvant généralement en son sein un opposant à l'Europe pour la poser, le Syndic s'est fait un plaisir de répéter ce que lui et ses prédécesseurs ont dit et redit depuis une vingtaine d'années: ce drapeau est celui du Conseil de l'Europe, dont la Suisse fait partie, et sous l'égide duquel sont placés les jumelages dont Vevey est partenaire avec Carpentras et Müllheim.

 

Sur l'Hôtel-de-Ville, en plus du drapeau bleau du Conseil de l'Europe, on arbore parfois le drapeau de Carpentras (rouge) dans le cadre du jumelage.



Le premier gros objet était un préavis demandant un montant global de 1,48 millions pour des travaux lourds d'entretien de certains bâtiments communaux. La demande concernant la Cour au Chantre/Préfecture ainsi que le monte-charge de la cave communale n'ont suscité aucun débat.
Les rénovations-adaptations prévues au Port Franc, par contre, ont fait naître quelques questions chez les Verts, exprimés par Mme Christiane Lavanchy. Cet établissement de dédouanement a-t-il encore sa place à Vevey, à cet endroit précisément, alors que plus aucun transport n'a lieu par rail ? Ne vaudrait-il pas mieux limiter l'investissement à la seule mise aux normes ECA puisque cet emplacement serait mieux approprié pour du logement ?
Les réactions ont été nombreuses pour défendre le Port Franc et la Société des entrepôts de Vevey (SEV) qui l'exploite. M. Jacques Décosterd (PLR) a mis l'accent sur la défense des postes de travail. M. José Justo (PDC) a relevé qu'on vient de rabaisser la chaussée du tunnel de la rue des Entrepôts pour faciliter le passage des camions.
Le Municipal Etienne Rivier, qui représente la Ville dans le Conseil d'administration de la SEV, a indiqué que l'Exécutif veveysan désirait voir demeurer en ville ces places de travail. En outre, le Port Franc aurait plutôt besoin de plus de place, et il rapporte annuellement environ Fr. 250'000.- de participation au résultat.
Le Syndic Laurent Ballif, à propos de l'urbanisme de ce quartier, a rappelé que le Port Franc est inclus dans le Plan de la Cour aux marchandises, qui verra s'édifier ces prochaines années un ensemble comprenant habitat, bureaux et petite industrie. Mais cela se fera à long terme et les entrepôts pourront rester aussi longtemps que leur utilité demeurera patente.

M. Jacques Décosterd (en haut) s'est fait le défenseur des places de travail que représente également le Port-Franc.

Ensuite est venu l'objet principal de la soirée, le préavis concernant la transformation et la réhabilitation de l'immeuble appelé "ex-EPA". La Municipalité avait élaboré un document complémentaire à celui de septembre dernier, apportant toutes les précisions demandées par le Conseil lorsqu'il avait refusé la première mouture.
Au final, le coût du projet se trouvait diminué de près de Fr. 500'000 une fois que toutes les soumissions ont été reçues. L'accord avec les soins à domicile a été conclu devant notaire selon les modalités financières initialement prévues pour les trois étages supérieurs. L'occupation des étages 1 et 2 a été confirmée par le Centre social intercommunal, qui aura finalement besoin de la totalité de la surface et paiera, avec l'accord du canton, un loyen de Fr. 300.-/m2 alors qu'on parlait préalablement de 288.
Et enfin, cerise sur le gateau, la Municipalité pouvait se targuer d'avoir signé le bail définitif avec Denner pour un magasin occupant tout le rez-de chaussée.
Face à ce que même les adversaires les plus résolus du projet ont reconnu comme du beau travail de la Municipalité, la critique a porté presque uniquement sur le fait de garder ou de vendre le bâtiment. Un postulat Décosterd avait été transmis à la Municipalité pour trouver un acquéreur, et celle-ci répondait dans le préavis qu'elle avait échoué dans cette démarche. Mais, curieusement, un acheteur s'était signalé récemment et avait envoyé une lettre au Conseil, que le Président a lue juste avant ce débat.
MM. Jacques Décosterd et Christian Roh (PLR) se sont exprimés pour inviter le Conseil à ne pas accepter ce crédit de 9 millions pour la rénovation mais de poursuivre les contacts avec cet acheteur. M. Bastien Schobinger (UDC) a proposé un amendement afin que les étages des soins à domicile soient simplement mis en location pour cettei nstitution, sans droit de superficie, mais cela aurait alourdi la facture de 6 millions.
Face à ces contradicteurs, les soutiens francs ou un peu fatalistes ont été nombreux. Parmi les enthousiastes, on trouve le PS (MM. Vincent Matthys et Pierre Butty) ainsi que le PDC (M. Vladimir d'Angelo), qui considèrent que la Municipalité a fait ce qu'on lui demandait et qu'il faut aller de l'avant. Quelques hésitations et questions ont été émises par les Verts (M. Clément Tolusso), Alternatives (M. Alain Gonthier) et Vevey Libre (M. Jérôme Christen), mais ces trois groupes ont jugé que les avantages l'emportaient sur les incertitudes.
Du côté de la Municipalité, on s'est contenté de relever juste quelques points essentiels. Mme Annick Vuarnoz s'est exprimée sur le besoin très clair de ces locaux pour le CSI et les soins à domicile, ainsi que sur l'animation que ces places de travail apporteraient au quartier. En outre, elle a relevé l'apport financier de ces locations pour la Ville. Le Syndic a exposé certains composants du bail avec Denner ainsi que ses doutes quant à la solidité de l'acheteur apparu brusquement.
Au vote final, la décision a été extrêmement claire: une très large majorité du Conseil a approuvé le projet, avec juste 5 non et une quinzaine d'abstentions, essentiellement du PLR. Les différents amendements avaient été préalablement tous écartés très largement.


La Municipale Annick Vuarnoz a pu compter sur l'aide de M. Vladimir d'Angelo, qui s'est convaincu de l'utilité de ce futur aménagement.




M. Charly Teuscher est intervenu sur deux communications. D'une part, pour rappeler son idée de téléphérique à inscrire dans Rivelac, et d'autre part pour appuyer les récriminations des locataires du port.

Alors que la Municipalité pouvait se réjouir d'avoir pu ainsi convaincre une grande majorité du Conseil, celui-ci a poursuivi sa séance en prenant connaissance des communicatons de l'Exécutif.
Celle qui faisait, au nom du Service des affaires intercommunales (SAI), le point sur le projet d'agglomération Rivelac a été l'occasion de deux informations complémentaires. M. Charly Teuscher (Soc) a signalé qu'il avait pu faire inclure dans les commentaires du projet son idée d'un téléphérique reliant la Veyre à la gare de Vevey. Quant à M. Antoine Stubi, il a obtenu du Syndic des assurances quant à la future coordination des projets et leur planification.
La communication annonçant que Nestlé avait offer Fr. 400'000.- pour les garderies du réseau veveysan n'a pas suscité de débat. Cela n'a pas été le cas, par contre, de la communications sur les nouveaux tarifs d'amarrage du port de plaisance. Tous les propriétaires de bateau sont montés au barricades, et le Municipal Marcel Martin a eu fort à faire pour justifier la position de la Municipalité.
Enfin, les communications concernant la restructuration de l'administration communale à la suite de la coupe budgétaire dans l'Office de la communication n'a pas fait l'objet de contestation, tout comme celle annonçant une prochaine séance d'information du Préfet sur la nouvelle Loi sur les communes.