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Le Conseil accepte le changement de sens à la rue du Simplon

C'est au terme d'une véritable guerre de tranchées que le Conseil communal a accepté, jeudi 2 mai 2013, le crédit de 540'000 francs nécessaire au changement du sens de circulation Simplon-Italie. Dès cet automne, la Place du Marché sera accessible directement depuis l'est.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N12334/conseil-communal-du-02-05-13.html

Même si le programme n'était pas chargé, on pouvait bien penser que la séance serait longue. Ce sont surtout les détours de procédure qui ont retardé des prises de décision qui se sont pourtant affirmées assez clairement.
Finalement, le Conseil a mené à terme deux débats très engagés et très pointus sur le plan réglementaire, mais la séance ne s'est achevée que peu avant minuit.


Les opposants évoqués lors de la séance du Conseil ayant finalement retiré leur oppposition après discussion avec les services communaux, les travaux ont pu commencer dès la fin du mois de mai. C'est le réaménagement de l'espace devant la BCV qui a ouvert les feux.

 

La première escarmouche a eu lieu dès le début de la séance, lors de l'adoption de l'ordre du jour. Le PLR, par la voix de M. Jacques Décosterd, a demandé à ce que le point 16 soit retiré du programme. Il s'agissait de la demande de crédit devant permettre les travaux d'aménagement routier qui permettront le changement de sens des rues Italie/Simplon/Lausanne. L'argument était que la Municipalité est encore en train de négocier une solution avec un groupe de commerçants dont les livraisons doivent être réorganisées en cas de changement de sens.
Même si le PLR a reçu l'appui un peu surprenant des Verts, c'est à une large majorité que le Conseil a décidé de garder cet objet à l'ordre du jour.

Toujour en début de séance, une première salve d'interventions individuelles ont permis d'aborder trois sujets sous forme d'interpellations.
Mme Christiane Lavanchy (Verts) a posé des questions sur l'impact pour Vevey des récentes modifications de la Loi sur l'aménagement du territoire et des dispositions sur la densification des communes. Le Syndic Laurent Ballif lui a répondu que Vevey est peu concernée, étant entièrement bâtie et considérée par le canton comme faisant partie de ce qu'on appelle le "périmètre compact", où la densité doit être partout au-dessus des normes de base.
Une deuxième interpellation a porté sur le sujet chaud actuellement, la caisse noire du SIGE. Mme Claire Mollet (Vevey Libre) a demandé à la Municipalité de quelle manière elle avait pu suivre cette affaire par le biais de ses délégués au Comité directeur du SIGE. Une réponse écrite sera apportée lors de la prochaine séance.
Enfin, M. Jacques Décosterd (PLR) s'est fait le porte-parole des signataires d'une pétition émanant des voisins du Jardin Doret. Ceux-ci se plaignent des nuisances nocturnes et diurnes. Cela va du bruit des familles qui pique-niquent jusqu'à la musique excessive tard le soir, ainsi que, ce qui semble être plutôt du ressort des autorités cantonales, de la consommation et du trafic de stupéfiants. La Municipalité répondra par écrit au Conseil et prendra certainement contact avec les auteurs de la pétition.

 

 

Le milieu de l'année est le moment où l'on boucle l'année précédente. C'est ainsi que la Municipalité a déposé son rapport de gestion 2012 et les comptes de la Ville pour l'année écoulée. S'y ajoutent les comptes de la Communauté intercommunale d'equipement du Haut-Léman (CIEHL) et ceux du Fonds culturel Riviera, ainsi qu'une seconde liste de crédits complémentaires 2012.
Trois autres préavis ont encore été déposés, à savoir l'intégration des pompiers dans l'actuelle Association Sécurité Riviera (ASR), ce qui en fera le regroupement de toutes les forces de sécurité de la région; un crédit d'étude de 4,8 millions pour préparer le projet définitif du futur collège de Copet; un préavis en réponse au postulat de M. Serge Ansermet et annonçant la création de trois ruches communales.
Tous ces préavis feront l'objet d'un rapport et seront traités lors des deux séances de Conseil du mois de juin.
Par contre, un préavis a également été déposé pour lequel la Municipalité a demandé la clause d'urgence. Il a donc été déposé et débattu à cette même séance du 2 mai. 

Dans les faits, les choses ont été un peu plus compliquées. Le PLR a en effet contesté la nécessité de l'urgence, estimant que cet objet pouvait parfaitement être déposé en mai et la décision attendre le mois de juin. Compte tenu du calendrier des travaux de la Salle del Catillo et de la nécessité de faire cette démolition durant les vacances scolaires, cette position n'a pas été suivie. Au vote, le PLR s'est retrouvé quasiment seul face à tout le reste du Conseil qui désirait trancher sur cet objet immédiatement.
Le débat sur le fond n'a pas laissé apparaître beaucoup d'arguments contradictoires. En réalité, l'antagonisme était plutôt entre "gagnants" et "perdants" de la votation populaire du 3 mars. Personne ne désire conserver ce bâtiment, et la Municipalité a estimé plus judicieux, pour des questions à la fois financières et de calendrier, de renoncer à une démolition en deux temps et de faire le tout en une fois.
La Municipale Elina Leimgruber a expliqué que le coût demandé provenait du fait que le Conseil avait retiré du préavis sur la Salle del Castillo le montant nécessaire à cette démolition. Comme la commune est demeurée propriétaire du bâtiment, elle doit maintenant assumer ce coût. En plus, il y a un montant d'environ 100'000 francs pour le réaménagement de la place après la démolition.
Malgré la vision nostalgique de certains conseillers qui craignent de voir disparaître pour longtemps un restaurant au Rivage, le Conseil a finalement voté de manière très large en faveur de cette démolition complète.
Par contre, un débat acharné s'est engagé à propos d'une demande complémentaire de la Municipalité. Pour ne pas perdre de temps, elle demandait que ce crédit soit soustrait au droit de référendum, ce qui lui évitait de devoir attendre 20 jours avant de commencer les travaux. Pour des raisons peu compréhensibles, le PLR s'est violemment engagé contre cette demande, qui a besoin de la majorité des 3/4 pour être acceptée. Au vote, le OUI l'a emporté par 54 contre 19 et 2 abstentions, ce qui ne correspond pas à la majorité des 3/4. Une tentative de Mme Clotilde Pinto (Soc) de demander une contre-épreuve au bulletin secret s'est heurtée à des arguments réglementaires clairs.
Le droit au référendum est donc conservé et la Municipalité devra attendre la fin du délai référendaire pour entamer cette démolition.


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Le second débat a démarré immédiatement après, lui aussi par deux démarches de procédures. M. Christophe Ming (PLR) a tout d'abord demandé à faire un amendement sur le corps du préavis concernant le crédit destiné au changement de sens de la circulation. Il lui a été répondu que le préavis ne concernant qu'une demande de crédit, il ne pouvait en l'espèce que demander de transmettre un voeu à la Municipalité.
Ensuite - et ce débat aurait dû prendre place au tout début du traitement de ce point - M. Clément Tolusso (Verts) a repris l'idée du PLR traitée lors de l'adoption de l'ordre du jour et a demandé à ce que le Conseil n'entre pas en matière. Les arguments ont été identiques, portant en particulier sur le fait qu'il ne s'agit que d'une première étape et que les étapes suivantes sont mal clarifiées. Le Syndic Laurent Ballif a à nouveau expliqué que le Plan de mobilité et d'urbanisme (PMU) fonde cette première démarche, qui doit donc être vue dans cet ensemble de projets parfaitement étudié par les trois principaux bureaux d'urbanisme romands.
Cette première étape de la procédure a été réglée par un vote, qui a donné 43 voix en faveur de l'entrée en matière contre 34, si bien que le débat a pu avoir lieu normalement.

Le débat sur le fond n'a pas été aussi long qu'en commission, celle-ci ayant passé plus de 4 heures sur cet objet. Les questions ont surtout demandé des compléments d'informations, notamment quant au sort des commerçants opposants, à l'aménagement du marché du samedi afin de laisser libre la circulation sur la rue de Lausanne, et au coût des travaux.
Le Syndic Laurent Ballif a apporté les éclaircissements nécessaires. Pour les commerçants opposants, une délégation municipale les a rencontrés et une solution a été trouvée pour la plupart d'entre eux, un seul cas devant encore faire l'objet de deux variantes. En ce qui concerne le marché, c'est la Société industrielle et commerciale (SIC) qui mène les négociations, la SIC et l'Association des commerçants étant très désireuses que ce nouveau plan de circulation entre en vigueur le plus rapidement possible. Quant au coût, il correspond aux dépenses usuelles du service communal et il n'y aucun souci quant à la garantie de tenir le budget.
Quatre voeux ont également été transmis avec des majorités plus ou moins fortes à la Municipalité, qui devra les étudier et étayer la position qu'elle adoptera. Ils concernent la possibilité pour les taxis d'emprunter la piste des bus, le passage piétons en haut de la rue Paul-Cérésole, le débouché de la rue de la Clergère et l'éventuelle circulation en double sens d'un tronçon de la rue du Simplon.
Au vote final, le Conseil a finalement accepté ce projet avec une majorité assez confortable, seuls le PLR et les Verts, ainsi que quelques PDC, s'y opposant.


Le tronçon nord de la rue de Lausanne sera fermé à la circulation générale, seuls les bus, les livraisons et les taxis (sens est-ouest) pouvant l'emprunter.

Vu l'heure tardive les derniers points de l'ordre du jour n'ont pas suscité de velléités de débat. Plusieurs communications ont été entérinées sans discussion, à savori le rapport annuel de la CORAT, un document expliquant la clé de financement de Sécurité Riviera et le nouvel horaire du Bureau de l'information. La réponse à l'interpellation de M. Charly Teuscher (Soc) à propos de véhicules électriques privés a suscité un commentaire mi-figue, mi-raisin de l'interpellateur.
Le Conseil s'est ensuite penché sur deux derniers objets déposés dans la soirée. Le premier était une interpellation de M. Serge Ansermet (Soc) à propos du chauffage par pompes à chaleur et échange thermique avec l'eau du lac, à laquelle il sera répondu par écrit lors de la prochaine séance.
Le second était une motion de M. Jérôme Christen (VL), demandant que la Municipalité mette à nouveau en place cet été une Plage "complète", avec restaurant et animations. Le Syndic Laurent Ballif lui a expliqué que c'était en raison d'oppositions de services cantonaux qu'elle avait dû redimensionner la Plage de l'an dernier et que celle-ci avait été plutôt appréciée. Au vote, le Conseil a très largement refusé de prendre cette motion en considération.
En fin de séance, diverses questions et communications ont été évoquées, dont la plus marquante a certainement été celle du départ du Conseil de Mme Doris Jaggi-Héritier (PLR). Celle-ci, très active dans les milieux culturels et sociaux de la ville, se retire après 17 ans de présence, dont une année de présidence au début des années 2000.