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Entre valse hésitation et procrastination

Le Conseil communal a hésité et reporté. C'est ainsi qu'on peut analyser le résultat de la séance du 5 septembre, au cours de laquelle le corps délibérant a d'abord reporté à octobre l'étude de la taxe au sac puis introduit un second débat sur l'aménagement de la rue Louis-Meyer.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N13141/conseil-communal-du-05-09-13.html

Pour sa première séance, le nouveau Président, M. Roland Rapin, a été immédiatement plongé dans le bain règlementaire ! Le Conseil a en effet encore une fois relu certains articles peu usités de son règlement et adopté des positions surprenantes.
En repoussant à octobre le débat sur la taxe au sac et en introduisant un second débat sur la rue Louis-Meyer, le Conseil s'est également concocté un programme d'enfer pour sa prochaine séance.


Première séance difficile pour le nouveau Président, M. Roland Rapin, ici en compagnie de la Secrétaire Mme Carole Dind.

Les discussions ont débuté dès l'adoption de l'ordre du jour, le PLR ayant demandé un report du point concernant la taxe au sac. L'enjeu est en effet de savoir l'effet que cette nouvelle taxe aurait sur le taux d'imposition.
La Municipalité a eu beau déclarer, par la voix du Syndic Laurent Ballif, qu'il était nécessaire de découpler les deux débats dans le temps mais que rien n'empêcherait de revenir sur ce sujet au moment du taux d'imposition, une majorité a préféré suivre cette proposition, par 36 contre 32, avec 8 abstentions.
Après quoi, il a été procédé à divers remplacements et assermentations en raison de plusieurs démissions. 

 

Assermentation de Mmes Maude Frei et Anne-Pierre Tirelli, toutes deux des Verts.

Au chapitre des interventions parlementaires, deux interpellations ont été déposées, par Mme Sabrina dalla Palma (Verts) et par M. Alain Gonthier (Alternatives), à propos du changement de sens de circulation. Ce sujet étant très émotionnel, le débat a été vif et prolongé. Le Syndic a répondu en allant partiellement dans le sens des interpellateurs, qui demandaient des comptages de trafic et une mise en oeuvre complète de cette première étape du PMU.
Les échanges ont toutefois montré clairement que les attentes des uns et des autres sont parfois fort différentes et que la Municipalité aura bien de la peine à satisfaire tout le monde. L'important sera de respecter dans le détail le projet initial, qui inclut également une nouvelle répartition des places de parc sur la Place du Marché.

 

 

Le débat principal de la soirée a été celui concernant un crédit de Fr. 3'147'400.- pour la rénovation du tronçon est de la rue Louis-Meyer. En réalité, les divergences n'étaient pas extrêmes, mais l'absence d'un autre point important à l'ordre du jour a apparemment influé sur la longueur des débats.
Fondamentalement, la très grande majorité des conseillers sont d'accord qu'il faut refaire ce tronçon, actuellement défoncé par les travaux de la Salle del Castillo. Le projet de la Municipalité comprend en effet une partie correspondant à la réfection des équipements souterrains et une remis en état de la surface.
Là où les divergences apparaissent, c'est à propos de l'aménagement de surface. La Municipalité a confié aux vainqueurs du concours de réaménagement du Rivage le soin de mettre en oeuvre leur projet à la rue Louis-Meyer. La  création d'une zone de rencontre, avec plantation d'arbres et installation de bancs ainsi que d'un captage des eaux de surface, induit un coût supplémentaire.
La Municipalité évalue ce surcoût à Fr. 576'000.-, alors qu'un rapport de majorité de la Droite l'évalue à Fr. 840'000.-. Et c'est donc sur ces deux alternatives que le Conseil s'est largement exprimé.
Au final, un premier amendement de M. Francis Baud, demandant une coupe de Fr. 576'ooo.-, a été rejeté à bulletin secret par 43 à 36 sans abstentions. L'amendement principal, celui du rapport de minorité, a été rejeté de justesse par 38 voix contre 37 et 3 abstentions, la voix du Président ayant fait pencher la balance. Enfin, au final, la proposition de la Municipalité l'a emporté au bulletin secret par 46 voix contre 32, sans abstentions.
Pas convaincue de ce résultat, la Droite a alors invoqué l'article du règlement permettant la tenue d'un second débat lors de la prochaine séance. Comme lacondition pour cela est qu'un tiers du Conseil l'approuve, c'est sans difficulté que le second débat a été voté. Le Conseil, après le débat de près de 2h de début septembre, remettra donc l'ouvrage sur le métier pour une nouvelle discussion complète sur le sujet le 3 octobre prochain.

Les autres rapports n'ont guère soulevé d'objections et ont été approuvés à la quasi unanimité.
Le crédit complémentaire devant permettre de boucler les comptes de la réfection de Notre-Dame prévoyait que le montant était partagé entre Vevey et La Tour. C'est finalement Fr. 363'737,40 que Vevey assumera. M. Alain Gonthier ayant relevé que cette dépense aussi pourrait être considérée comme superflue, comme d'aucun l'avait évoqué pour le sujet précédent, ilréussit à déclencher quelques refus.
Un petit crédit de Fr. 84'500.- destiné à réaménager un local sous le Collège 1838 pour les percussions du Conservatoire a été accepté sans discussion.
Il en est allé de même pour une somme de Fr. 350'000.- devant permettre d'installer dans les bâtiments communaux des réducteurs de tension. Ils permettront une économie importante et l'investissement, financé par le fonds des économies d'énergie, sera remboursée en 3 ou 4 ans.

 

Les communications n'ont pas non plus soulevé de vagues. M. Christian Roh (PLR) s'est déclaré moyennement satisfait de l'explication de la Municipalité à propos de la différence de traitement de deux commerçants de la Ville.
Les communications de la Municipalité à propos de l'extension du chauffage à distance et le communiqué de la Région sur le projet d'agglomération Rivelac n'ont suscité aucune question.
Le Syndic Laurent Ballif a également signalé que le PPA Rivage, après le recours rejeté par le Tribunal fédéral, était définitivement mis de côté, alors que certains intéressés envisagent de lancer un concours d'idées.

Enfin, trois interventions ont donné lieu à des débats intéressants sur des sujets très différents.
Par voie d'interpellation, Mme Sabrina Gitto (Alt) s'est fait le relais d'un début de polémique à propos de l'accueil parascolaire à Plan-Dessus. Des parents s'étant inquiétés des nouvelles mesures envisagées dans ce qu'on appelle le périscolaire, la Municipale Annick Vuarnoz a saisi l'occasion pour corriger quelques erreurs d'interprétation. La ville de Vevey bénéficie de l'un des meilleurs taux de couverture pour l'accueil de la petite enfance. La Municipalité a de plus entamé la mise en place des structures qui seront, d'ici quelques mois, obligatoires dans le cadre de la journée continue de l'écolier. Et il n'est pas question de désavantager le quartier de Plan-Dessus par rapport au reste de la ville, comme le montre l'ouverture récente de la garderie des Ateliers.
. Yvan Schneider a ensuite déposé un postulat demandant qu'on étudie la possibilité d'avoir dans le futur collège de Copet une véritable cuisine et pas seulement une installation de régénération. La Municipale Elina Leimgruber ayant indiqué que cette piste était envisagée, le postulat a été transmis sans opposition à la Municipalité.
Enfin, M. Patrick Bertschy (PLR) a déposé un postulat à propos du sport régional, dont il a annoncé qu'il devait être déposé dans toutes les communes de la région. L'objectif est de demander l'étude à l'échelon de la Riviera d'installations sportives communes et de haut niveau, notamment pour ce qui est des équipements lourds (piscine, patinoire, stade, etc). Ce postulat a également été transmis à la Municipalité sans opposition.

 

 

 

 

Dixit Wikipedia: La procrastination (du latin pro , qui signifie « en avant » et crastinus qui signifie « du lendemain ») est une tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions (qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate.