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Avec un mois de retard, Vevey a enfin son budget 2014

Après le refus du Conseil au mois de décembre d'entrer en matière sur le budget 2014, la présentation d'une version allégée grâce à des recettes fiscales supplémentaires a été accepté le 30 janvier 2014. Deux amendements seulement ont été acceptés, dont un en faveur du RKC.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N13740/conseil-communal-du-30-01-14.html

Le menu s'est révélé relativement restreint pour cette séance, puisqu'une très large majorité a décidé d'y mettre un terme une fois traité le point concernant le budget 2014. Les diverses communications seront donc traitées au début de la prochaine séance, prévue le 13 mars.


Pendant le débat budgétaire, la Commission des finances est installée à l'avant de la salle, son Président, M. Francis Baud, siégeant au pupitre des rapporteurs (à l'arrière en blanc).


M. Driss Semlali a été assermenté, en remplacement de M. Christophe Mauron (Soc).

Les points Correspondance et  Communication du Bureau ont occupé le début de la séance de manière plus importante qu'à l'accoutumée. Il faut dire que la non-entrée en matière sur le budget du 5 décembre a suscité plusieurs démarches auprès du Préfet et des autorités cantonales, toutes ayant permis de constater la licéité de ce mode de faire.
En outre, l'apostrophe d'un conseiller communal à l'encontre d'un membre de la Municipalié en fin de séance le 5 décembre dernier a donné lieu à divers commentaires. Le Président a reconnu qu'il avait manqué de réaction sur le moment, l'auteur du dérapage s'est exprimé sur le fait lui-même puis sur la manière dont il a été rapporté dans le procès-verbal.
Ensuite, M. Driss Semlali a été assermenté comme nouveau conseiller communal, en remplacement de M. Christophe Mauron (Soc), démissionnaire pour raisons professionnelles.
Puis ont été déposés deux objets qui seront traités lors de la prochaine séance après rapport d'une commission: le préavis intercommunal sur le financement du futur stade d'athlétisme de Chailly-La Saussaz; le rapport-préavis en réponse au postulat Schneider à propos de la cuisine du futur collège de Copet.

L.'essentiel de cette soirée était naturellement le nouveau débat sur une mouture légèrment modifiée du projet de budget 2014. La Municipalité avait rédigé dans l'urgence un nouveau préavis en intégrant dans son projet initial les amendements proposés par la Commission des finances en décembre ainsi qu'une augmentation de recettes fiscales de 800'000 francs. Elle demandait la procédure d'urgence puisqu'il fallait régler ce problème le plus rapidement possible, ce qui n'a pas été contesté.
Par contre, M. Werner Riesen (UDC) s'est élevé contre ce qu'il a considéré comme un manque de sérieux de la Municipalité, qui, selon lui, se moque du Conseil en revenant sans avoir intégré quelque économie que ce soit.
La plupart des intervenants dans ce débat d'entrée en matière ont été plus modérés que M. Riesen, estimant qu'il valait mieux se pencher sur le budget et faire éventuellement des amendements plutôt que de refuser d'entrer en matière, quitte à le refuser au final comme l'a envisagé M. Patrick Bertschy (PLR). Déjà favorables au budget en décembre, les partis socialiste, vert et alternatives ont invité à étudier le préavis municipal, Vevey-Libre et le PDC ne s'engageant pas quant à leur position finale.
Le Syndic Laurent Ballif a relevé qu'il avait le sentiment qu'en décembre la décision négative du Conseil était due pour une bonne part au fait que la Commission des finances n'avait pas eu accès aux documents du Budget Base Zéro (BBZ). Comme la Municipalité a présenté ces document à la commission, il n'était pas nécessaire de revenir sur le fond du budget, mais juste d'y intégrer des informations fiscales reçues fin décembre.
Au vote, l'entrée en matière a été très largement acceptée, le NON ne recueillant que les voix de l'UDC et de quelques PLR.


Bien que blessée à une cheville, le Chef du service des Finances, M. Gilles Altermath, a suivi la séance en étant installé derrière la Municipalité, afin d'apporter les réponses de détail parfois demandées.


Mme Christiane Lavanchy (Verts) a réussi à faire passer la seule coupe acceptée lors du débat budgétaire.

Une fois entrés en matière, les conseillers communaux ont entamé l'étude proprement dite du budget par une série de passes d'armes sur le contenu général de ce projet. Comme attendu, la position la plus dure a été défendue par l'UDC et ses porte-parole, MM. Werner Riesen et Bastien Schobinger. Les représentants du PLR, MM. Christian Roh et Patrick Bertschy, ont une analyse similaire si ce n'est qu'ils reconnaissent que la Municipalité a fait un effort de frein des dépenses, mais encore insuffisant au vu du déficit de 3,4 millions.
L'appréciation de l'effet qu'a eu la démarche  BBZ a divergé d'un parti à l'autre, et même au sein de la Commission des finances. M. Alain Gonthier (Alt) en a expliqué les contours, relevant que la Municipalité l'a utilisée comme aide à la décision pour trancher sur les pistes d'économies nécessaires pour atteindre la première cible de réduction du déficit. D'autres sont plus critiques, à droite surtout, estimant qu'il faut aussi examiner des mesures plus douloureuses, jusqu'à la suppression de services entiers. De plus, l'auto-financement doit être amélioré, également par la vente de certains immeubles tel que prévu dans le plan des investissements.
Enfin, les centristes pensent que la démarche doit être poursuivie et pourra être évaluée au terme de plusieurs années d'utilisation. Le résultat sera apprécié d'ici la fin de la législature.
Dans le même ordre d'idées, le Syndic a confirmé que la démarche BBZ sera poursuivie pour amener à l'équilibre comptable d'ici 2016. Il a cependant mis en évidence que ce budget apparemment peu influencé par les économies de l'Exécutif a en réalité dû encaisser plus de 4 millions de hausses provenant des mécanismes cantonaux et intercommunaux. Le Municipal des finances, M. Etienne Rivier, a montré des graphiques présentant l'effet des économies sur la courbe de l'endettement et de l'auto-financement, qui dessinent un avenir moins sombre que les années précédentes.

La suite a consisté en un rapide passage au travers de la brochure du budget, les propositions d'amendements ayant été relativement peu nombreuses et souvent évitées lorsque la Municipalité a pu apporter une explication satisfaisante.
Les premiers dicastères n'ont suscité pratiquement aucun débat. Par acte de contrition, le Conseil a accepté une coupe de moitié dans ses propres dépenses, soit une économie de 7'500 francs proposée par Mme Lavanchy (Verts). Par contre, il n'a pas suivi M. Riesen qui voulait augmenter le prix des repas pour les parents faisant manger leurs enfants à la cantine scolaire.
L'essentiel des débats a porté sur le dicastère de la Culture, en charge du Syndic Ballif et du Municipal Rivier. L'ouverture des feux est venue, de manière surprenante, sous forme d'un amendement demandant une augmentation de la subvention du RKC, de 130'000 à 150'000 francs. M. Darren Roshier (Soc), membre de la commission de gestion de la salle rock de la ville, a argumenté sur l'augmentation de la masse de travail pour l'équipe semi-bénévole. Si cette demande a déclenché une série de contre-attaques de la droite, la RKC a visiblement une cote d'amour assez élevée puisque cet amendement a passé, malgré le refus ou l'abstention d'une partie de la gauche !
Cet accroissement des dépenses a déclenché un tir de barrage de plusieurs conseillers de droite, qui ont tenté de compenser ce montant par des coupes ailleurs. M. Riesen a proposé une large coupe dans la Fondation Images (refus très net), la suppression de la subvention au Festivalocal ainsi qu'une coupe au Musée Jenisch. M. Bertschy a proposé une diminution de 20'000 francs aux subventions générales à la culture locale. Toutes ces coupes ont été refusées après que les Municipaux en charge eurent apporté les explications nécessaires.


Porte-parole du PLR, M. Patrick Bertschy n'a pas cherché à envenimer le débat.

 

Au terme de cette étude de détail, le déficit avait augmenté de quelques milliers de francs pour ascender à 3,4 millions sur un budget de 145 millions, soit environ 2,3%. Le Syndic a eu beau jeu de relever que cette marge est inférieure à ce qu'ont accepté la plupart des communes qui entourent Vevey et qu'elle continue à se réduire depuis trois ans.
Les partis de droite ont annoncé leur refus d'un tel budget, M. Riesen s'en prenant même à l'"irresponsabilité" des conseillers communaux de gauche. M. Bertschy a été moins cinglant mais a invité la Municipalité à envisager des coupes plus nettes si elle entend effectivement économiser chaque année 1,7 millions pour arriver à l'équilibre en 2016.
Le bilan de ce débat a été tiré par deux conseillers, sur un mode un peu ironique. M. Alexandre Vallotton (Alt) a tout d'abord relevé que la totalité des amendements évoqués n'a pas dépassé le total de 145'000 francs, en aucun cas un montant permettant d'envisager de rééquilibrer le budget. Pour le PDC, M. Manuel Lisboa a appelé à l'apaisement, constatant qu'entre M. Riesen et M. Bertschy, les amendements refusés ne dépassaient pas 200'000 francs. Si l'écart avec un budget acceptable pour la droite ne dépasse pas ce montant modeste, une solution devrait pouvoir être trouvée rapidement !
Au final, le budget a été accepté de manière compacte par les trois partis de gauche, avec l'appui de quelques conseillers du centre et l'abstention de quelques membres de la droite.
Au terme de ce débat, constatant que l'heure était déjà avancée, une majorité du Conseil a admis que les communications prévues en fin de programme seraient traitées lors de la prochaine séance, dont l'ordre du jour semble devoir être assez limité.