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Le Conseil choisit la stabilité

Que ce soit pour la composition de la Municipalité ou le taux d'imposition, le Conseil s'est très largement rallié aux propositions de stabilité proposées par l'Exécutif. Lors de sa séance du 2 octobre 2014, il a d'ailleurs refusé la seule modification du préavis municipal, celui de l'impôt foncier.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N14536/conseil-communal-du-02-10-2014.html

Les objets à l'ordre du jour ne sont pas toujours les plus chauds. Parfois, ce sont les propositions du Conseil, postulats ou motions, qui donnent lieu à des débats de fond. C'est ce qui a été vécu ce 2 octobre, avec un postulat sur une question touchant à l'avenir du fonctionnement de la Ville.
En ouverture de séance, le Président Bastien Schobinger a assermenté M. Pierre-André Flaction, un vieux routier de la politique locale, en remplacement de la socialiste Clotilde Pinto.


Le Président Bastien Schobinger a remercié l'agent de proximité Philémon Clément, qui a assuré la protection du Conseil depuis de nombreuses années et qui va partir à la retraite.


Le socialiste Pierre-André Flaction a prêté serment, ce qui lui permet de rejoindre les bancs du Conseil communal qu'il a déjà occupés lors des législatures précédentes.

En début de séance, deux thèmes chauds ont fait l'objet d'un postulat. Le premier, déposé par M. Patrick Bertschy (PLR), demandait que la Municipalité établisse un rapport sur l'opportunité de faire passer le nombre de Municipaux de 5 à 7 pour la prochaine législature. L'objectif était de diminuer la charge de travail des Municipaux et de faire passer leur taux d'activité à 45%, contre 60% aujourd'hui.
Le soutien à cette proposition a été mitigé, le PLR ne parvenant en particulier pas à fédérer tout la Droite, bien qu'ayant reçu l'appui de Vevey Libre (M. Jérôme Christen) et du PDC (M. Vladimir d'Angelo). Successivement le PS (M. Vincent Matthys), les Verts (M. Clément Tolusso) et Alternatives (M. Alain Gonthier) expriment leur préférence pour rester à 5. Ils sont rejoints par l'UDC (Mme Nora Riesen), qui refuse la proposition.
Le débat a été rapidement ouvert et le Syndic Laurent Ballif a exprimé l'opposition de la Municipalité à ce changement, d'une part en raison du taux insuffisant d'activité à 45% pour une telle fonction, et d'autre part au vu des difficultés existant déjà aujourd'hui pour coordonner un collège à 5 personnes.
Au vote, le renvoi direct à la Municipalité de la proposition est refusé par 39 non contre 34 oui et 3 abstentions.
L'autre postulat a été déposé par les Verts (Mme Sarah Hodgson) et demandait que la Municipalité crée un groupe de travail, voire une commission municipale, pour associer le Conseil à la réflexion sur le traitement des déchets. Même si le Municipal Marcel Martin a déclaré qu'un rapport à ce sujet serait disponible d'ici quelques semaines, l'Exécutif a reçu ce postulat sans réticence, soutenu qu'il était pas une large majorité du Conseil.

Les préavis et rapports figurant à l'ordre du jour comportaient deux objets de moindre importance.
Tout d'abord, le Conseil a accepté à l'unanimité et sans débat la version définitive  de son propre réglement. Les services cantonaux avaient demandé la modification d'un article en particulier, et cela a été entériné sans aucune difficulté.
Le second objet concernait une situation assez pénible avec une conseillère communale membre du groupe Vevey Libre qui ne participe plus du tout, et sans se faire excuser, à la vie politique veveyxanne. Si un tel comportement ne peut pas déboucher sur une destitution au niveau du Conseil lui-même, il est possible de retirer à cette personne les tâches qui lui ont été confiées par l'organe délibérant veveysan dans d'autres instances régionales.
C'est ainsi que le Conseil a accepté de retirer à ce conseiller négligent, qui ferait beaucoup mieux de démissionner d'ailleurs, sa représentation au Conseil intercommunal de Sécurité Riviera et sa suppléance au SIGE. Il n'y a eu aucune abstention, tout le monde étant désireux que la délégation veveysanne dans ces institutions soit complétée rapidement.


Si certains conseillers peinent à remplir leur fonction, M. Pierre Bonjour continue à s'y sentir très à l'aise, lui qu'on a félicité pour son 90e anniversaire.

 

Le second temps fort devait être la fixation du taux d'imposition, que le canton demande d'adopter obligatoirement en octobre. Prônant elle-même la stabilité, la Municipalité proposait de rester au taux actuel de 73 points, en vigueur depuis 2007, et de le maintenir à ce niveau jusqu'à la fin de la législature, soit pour 2015 et 2016. La seule augmentation qu'elle demandait était celle de l'impôt foncier, qui aurait dû passer de 1,2%o à 1,3%o, soit l'équivalent de quelques dizaines de francs par année pour les propriétaires veveysans.
La Commission des finances, dans son rapport, proposait bien de conserver le taux, mais seulement pour une année. Par ailleurs, elle refusait l'augmentation de l'impôt foncier.
Le débat fut ouvert par M. Alain Gonthier (Alt), proposant une hausse de 2 points pour tenir compte des dépenses envisagées ces prochaines années. Il reçut l'appui des Verts, M. Antoine Stubi ayant fait le calcul qu'une telle augmentation se traduirait par une charge très faible pour les familles à revenu moyen et faible. Les socialistes sont apparus plus prudents sur ce point, mais M. Vincent Matthys n'écarta pas la possibilité de soutenir cette proposition inattendue.
La perspective d'une telle hausse a naturellement suscité une réaction très négative des partis de droite et du centre, en particulier par la voix de Mme et MM. Danièle Kaeser, Patrick Bertschy, Christian Roh (PLR), Werner Riesen (UDC), Vladimir d'Angelo (PDC) et Francis Baud (Vevey Libre).
Au vote sur le préavis municipal, la proposition de maintenir le taux pour deux ans l'a emporté par 36 contre 32 et 6 abstentions, alors que la petite hausse de l'impôt foncier donnait lieu à un match nul (37 à 37), tranché par le Président en faveur du statu quo. Une modification mineure concernant  le financement des déchets a passé sans difficulté.
L'ensemble de ce préavis, où droite et gauche pouvaient chacune trouver à la fois satisfaction et déception, a été accepté très largement, mais avec de nombreuses abstentions.

Toujours dans la problématique budgétaire, le Conseil a finalement pris acte du rapport de la Municipalité sur le postulat Christen qui demandait d'avancer l'étude du budget pour la faire coïncider avec le choix du taux d'imposition. Vu les difficultés organisationnelles très importantes que cela entraînerait et le constat que la Ville n'est pas en déficit structurel, le postulant s'est lui-même rallié à la réponse de la Municipalité qui a été acceptée à l' unanimité.
Enfin, une série de crédits supplémentaires pour un montant total d'env. Fr. 395'000.- a suscité deux questions et réflexions. M. Patrick Bertschy a donné un blâme à la Municipalité pour n'avoir pas anticipé les frais occasionnés par une procédure de remplacement d'un chef de service, reproche que le Syndic Laurent Ballif a partiellement accepté mais avec des circonstances atténuantes. Quant à M. Alain Gonthier, il a demandé des précisions concernant la pompe à chaleur du centre funéraire, dont les services sont aujourd'hui insuffisants et qu'il faut doubler d'un système de production de froid plus performant.
Au vote final, ces crédits supplémentaies ont été acceptés à une très large majorité avec quelques abstentions.

 


L'interpellation Christen a permis à la Municipalité de préciser que le projet de tennis Nestlé prendrait place sur l'espace déjà occupé par le Club de tennis de Vevey et non pas sur les deux autres parcelles en herbe située sur le plat de la Veyre Derrey. Toute cette zone doit faire l'objet d'un PPA de St-Légier.

Au chapitre des communications, la Municipalité répondait à plusieurs interpellations. Tout d'abord, le Syndic Laurent Ballif apporta des réponses détaillées sur le processus de réaménagement de la Place du Marché et du parcage des cars, en réponse à M. Patrick Bertschy. Il y a encore des réglages à faire, en matière de communication notamment, et le régime des vitesses de circulation doit encore être mis à l'enquête.
En réponse à M. Randolph Hunziker (Vevey Libre), le Conseil a reçu la liste des tarifs appliqués au Théâtre de Vevey et à la Salle del Castillo, ainsi qu'une comparaisons avec d'autres lieux similaires dans le canton. Si l'on constate que les Veveysans ne sont pas les moins bien lotis, M. Hunziker a demandé qu'on prête attention à l'impact que de telles mesures peuvent avoir sur les sociétés culturelles locales.
Enfin, le Syndic apporta quelques éléments complémentaires sur l'interpellation Christen concernant les tennis de La Veyre et l'aménagement futur de cette esplanade propriété de Vevey sur le territorie de St-Légier.
Les informations concernant le décompte final de la facture sociale et de la péréquation cantonale ont permis de préciser quelques règles de fonctionnement de ce système financier. Et M. Serge Ansermet (Soc) a salué la décision de la Municipalité, sur proposition d'un membre de la Commission Energie, de profiter des tarifs avantageux de fourniture d'électricité pour certaines installations grosses consommatrices.
En fin de séance, une interpellation ironique de M. Alain Gonthier à propos du bâtiment du chemin du Verger, que le Conseil avait finalement refusé de vendre, a permis au Municipal Etienne Rivier de donner des informations sur les intentions de la Municipalité quant à la remise en location des lieux. Il est prévu d'y accueillir des artisans et des petites entreprises, après une réfection limitée. Quant à la Fondation de Nant, elle développe son projet dans le quartier de Swissmedia.