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Un budget 2015 consensuel adopté en 60 minutes

Le Conseil communal n'a guère eu besoin de plus d'une heure, jeudi 4 décembre 2014, pour adopter un budget 2015 légèrement déficitaire de 1,7 millions. Le reste du temps a servi à régler diverses procédures et à préparer la dernière séance de l'année, prévue le 11 décembre à la Salle del Castillo.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N14766/conseil-communal-du-04-12-2014.html

Après les affres vécues l'an dernier à la même époque, où le Conseil communal avait refusé l'entrée en matière pour l'étude du budget communal, la séance de cette année a été un changement total.
Au point que le Président a dû, en quelque sorte, "économiser" la matière de l'ordre du jour. Il faut dire que celui-ci devait être traité en deux séances, la seconde devant se tenir la semaine prochaine à la Salle del Castillo.


Pour l'étude du budget, la Commission des finances in corpore prend place devant le podium du Président Bastien Schobinger. Le rapporteur de la CoFin, M. Christian Roh, se tient aux côtés du Président.

 

Le début de la séance a été l'objet de plusieurs interventions de "mise au point", si l'on peut dire.
Un premier débat a touché l'adoption de l'ordre du jour déjà. Juste avant la séance, le Président Bastien Schobinger avait réuni les présidents de groupes pour leur annoncer qu'une demande était présentée afin de retirer le point concernant le dépôt du rapport-préavis en réponse au postulat Hodgson sur le traitement des déchets. Dans sa réponse, la Municipalité annonce l'entrée en vigueur au 1er janvier 2015 de nouvelles mesures pour la collecte des déchets. Ces mesures ayant suscité des réactions assez négatives dans la plupart des groupes, l'intention était de pouvoir en discuter au préalable.
En ouverture de discussion, le Syndic Laurent Ballif exprima l'intention très claire de la Municipalité. Elle avait décidé le matin même de renoncer à l'entrée en vigueur de ces mesures au 1er janvier, mais elle désirait que le point soit maintenu à l'ordre du jour. Cela permettrait à la commission d'étude du rapport-préavis de siéger et de donner déjà un premier retour sur les propositions faites. Puis la commission municipale à créer pourrait siéger en janvier et étudier elle aussi, en tant qu'organe spécialisé destiné à réunir politiques et techniciens, les projets de la Municipalité. Ce mode de faire permettrait de trouver un accord sur les mesures à envisager puis d'avoir un rapport lors du conseil de mars, après quoi les mesures pourraient entrer en vigueur sans perte de temps supplémentaire.
Pour Vevey Libre, M. Jérôme Christen a maintenu sa position initiale, à savoir l'idée que le Conseil devrait se prononcer sur un voeu demandant à la Municipalité de retirer son rapport-préavis, dans l'attente de la création de la commission municipale spécialisée qui étudierait les mesures proposées. Comme cela reporterait toute l'opération de plusieurs semaines, M. Alain Gonthier (Alternatives) mit en évidence que la désignation immédiate de la commission ad hoc pour étudier le rapport-préavis n'empêchait en rien d'attendre le résultat des délibérations de la commission spécialisée !
Au terme de ce débat compliqué, le Conseil a adopté à une très large majorité le projet d'ordre du jour tel que proposé.

A la lecture de la correspondance, le Conseil a appris la démission, au 31 décembre 2014, de M. Jacques Décosterd (PLR), qui a été un conseiller très actif durant de nombreuses années.
Par ailleurs, la Municipalité de St-Légier a pris l'initiative de s'adresser directement au Président du Conseil pour corriger le contenu d'une réponse de la Municipalité de Vevey à la motion Christen à propos des terrains de la Veyre. Comme ces parcelles sont situées sur le territoire de St-Légier, elle a tenu à préciser que c'est la commune de Vevey, en tant que propriétaire, qui doit prendre en charge l'élaboration du plan partiel d'affectation (PPA) de cette zone.
Dupliquant sur cette correspondance, le Syndic Laurent Ballif exprima la surprise de la Municipalité veveysanne à réception de la copie de cette lettre. A la suite de contacts établis entre les deux exécutifs sur cet objet, la Municipalité de Vevey avait cru comprendre que c'était St-Légier qui s'en chargerait.
Il a confirmé que, dans ces conditions, Vevey ferait élaborer un PPA pour valoriser ces parcelles. Par contre, il est nécessaire, pour ce faire, d'attendre les conditions-cadres que le canton entend imposer pour cette zone qu'il considère comme un pôle de développement prioritaire.
Au moment de l'adoption du procès-verbal enfin, le Syndic a tenu à s'excuser d'avoir un peu mélangé les données dans le débat sur le PPA Bergère-Savoie. Il a en effet utilisé la notion de COS (Coefficient d'occupation du sol) au lieu de CUS (Coefficient d'utilisation du sol). Cela change les valeurs, mais sa démonstration demeure valable. Ce point sera à nouveau évoqué au point 11 puisqu'une interpellation est annoncée à ce sujet.


La zone de la Veyre déjà évoquée, avec la partie nord occupée par les tennis qui serait augmentée des tennis de Nestlé, et la partie sud à réglementer par un nouveau PPA.


Le Président de la CoFin, M. Christian Roh, a présenté un rapport adopté sans opposition, mais avec quatre abstentions, des membres de la droite.

Après ces divers débats qui ont occupé le Conseil sur des points de procédure, l'assemblée s'est penchée sur l'étude du budget. Les chiffres sont bien meilleurs que l'an dernier et l'année précédente, avec un montant de charges de 137,873 millions et des revenus de 136,154 millions, ce qui donne un déficit de 1,718 millions. Globalement, la totalité du budget diminue d'une dizaine de millions du fait de la création du nouveau Centre social régional (CSR), qui reprend à la fois les charges et les revenus de tout un service communal qui est ainsi sorti du budget veveysan.
Cette amélioration par rapport au budget 2014 (déficit de 3,7 millions) a été salué par les représentants de tous les groupes. Mais avec des nuances....
Le plus critique a été M. Werner Riesen (UDC), qui a relevé qu'il pourrait reprendre son discours de chacune des dernières années car il estime que la Municipalité ne fait pas d'effort suffisant pour restructurer son budget. On peut relever cependant que, a contrario, les résultats s'améliorent, ce qui pourrait contredire ce propos.
Le PLR, par la voix de M. Patrick Bertschy, a estimé que son groupe pouvait voir dans cette amélioration une tendance prometteuse, incitant la Municipalité à continuer dans ce sens.
Les appréciations ont été plus positives de la part du PDC, où M. Vladimir d'Angelo a relevé les efforts faits, soulignant dans le même temps que le personnel doit également en être remercié. Vevey Libre a également apprécié l'amélioration de la situation, la prenant comme un signe de confiance dans la capacité de la Municipalité à atteindre l'objectif fixé, soit l'équilibre comptable pour la fin de la législature.
Enfin, le Parti socialiste (M. Vincent Matthys) et les Verts (M. Antoine Stubi) ont apporté leur soutien au travail d'équilibrage effectué par la Municipalité. Par contre, le Groupe Alternatives a regretté la timidité de ce budget, se traduisant, malgré les déclarations rassurantes, par des diminutions de prestations ou des augmentations de coûts pour l'usager.
Le vote d'entrée en matière a été acquis à l'unanimité.

Le débat sur le budget lui-même, en passant en revue la multitude de comptes au gré des pages de la brochure, n'a guère suscité plus d'une dizaine d'interventions. La plupart n'étaient que des questions nécessitant une précision de la part d'un membre de la Municipalité.
La CoFin ne présentait qu'un seul amendement, une coupe de Fr. 10'000.- dans un compte de l'Office du développement durable (subvention à une vélo-station). Comme le projet a pris du retard et que le préavis n'a pas encore été soumis au Conseil, la Municipalité n'avait pas d'objection à cette coupe, qui a été acceptée à l'unanimité.
Les autres débats ont été réduits à quelques questions, sans propositions d'autres amendements. Un seul sujet a été quelque peu contrasté, l'entretien des routes et trottoirs de la ville. M. Werner Riesen (photo ci-contre), qui avait tenté en vain en commission des finances d'augmenter de Fr. 50'000.-  le poste concerné, a regretté que le montant ait été apparemment diminué par rapport aux années précédentes.
Les Municipaux Etienne Rivier (pour les Finances) et Elina Leimgruber (pour les Travaux) ont répété que la pratique a changé, et que la Municipalité a l'intention de demander un crédit-cadre pour ces prochaines années. Cela permettra d'amortir de manière régulière ces investissements, plutôt que de les intégrer dans le budget ordinaire et de les amortir en une année. Tous les autres Groupes ont confirmé leur accord avec ce mode de faire, qui permettra au Conseil de débattre à chaque fois sur les priorités qu'il entend fixer dans ces travaux d'entretien et de réhabilitation.
Au terme de cette étude exprès du budget, les partis ont exprimé pour la plupart leur satisfaction avec le résultat obtenu. MM. Patrick Bertschy et Werner Riesen ont cependant averti que leurs membres, dans leur majorité, s'abstiendraient au moment du vote, dans l'attente d'un budget finalement équilibré. Le Syndic a tenu a remercier le Conseil pour le climat apaisé dans lequel ce débat budgétaire a pu se dérouler, en précisant que l'objectif était plus précisément des comptes équilibrés à la fin de la législature.
Au vote final, le budget a été adopté avec seulement 4 voix contre, mais avec bon nombre d'abstentions issues des rangs PLR et UDC.


Le Président a laissé ensuite la possibilité de poser les questions de fin de Conseil. Certains conseillers ayant exprimé le désir de poursuivre l'ordre du jour, malgré la séance prévue la semaine suivante, un vote fut mené sur cette proposition. Elle a été repoussée à une assez large majorité, si bien que le Président a pu lever la séance en invitant le Conseil pour jeudi 11 décembre à la Salle del Castillo. Il est à préciser que cette dernière séance de l'année ne sera pas télévisée, l'installation ne pouvant pas être déplacée dans l'autre salle.