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Pour sa reprise 2010, le Conseil fait preuve d'audace

Lors de sa première séance de l'année, jeudi 4 février 2010, le Conseil communal a fait preuve d'un esprit entreprenant et visionnaire en acceptant à une large majorité deux projets culturels d'importance, la transformation du Musée Jenisch et les fresques des tours de Gilamont.

Pour voir la vidéo de ce Conseil: http://www.vevey.ch/N7022/conseil-communal-du-04-02-10.html

En ouverture de séance, le Président évoqua le décès de M. Gérald Reato, conseiller communal enterré l'après-midi même.
Puis il procéda à l'assermentation de quatre nouveaux membres en remplacement de démissionnaires en la personne de Mme Anick Vuarnod (Soc) et de MM. Jacques Décosterd et Stéphane Gaudin (Rad) ainsi que de M. Randolph Travis (Lib).
Ces modifications ont nécessité de nombreux remplacements en cascade dans plusieurs commissions permanentes.


Le Président Etienne Rivier a quitté son "perchoir" pour intervenir dans le débat sur les fresques, où il s'est révélé un adversaire complet du projet municipal mais n'a pas été suivi.


Les quatre nouveaux conseillers assermentés: Mme Anick Vuarnod, MM. Travis Randolph, Jacques Décosterd et Stéphane Gaudin.

A la fin de la partie introductive, un débat virulent s'est engagé à l'occasion du dépôt, par le Parti libéral-radical, d'une motion demandant l'installation de caméras de surveillance fixes. Coordonnée à l'échelon cantonal, cette demande pose un certain nombre de problème dans la région, en raison de la délégation de compétences qu'ont acceptée les communes en faveur de l'Association Sécurité Riviera.
Dans un affrontement droite-gauche très classique sur ce thème, les conseillers ont exposé leurs arguments, n'hésitant pas à égratigner à l'occasion leurs adversaires.
Au moment de choisir la manière de traiter cette motion, le Syndic Laurent Ballif présenta la position de la Municipalité, demandant qu'elle soit renvoyée en commission pour étude et rapport. C'est finalement cette voie qui fut acceptée par le Conseil, à une très large majorité avec 6 voix contraires et 2 abstentions.
Ce sujet reviendra donc à l'ordre du jour prochainement, au moment du rapport de la commission. On en saura alors un peu plus, certainement, sur l'évolution de ce même dossier auprès du Conseil intercommunal de Sécurité Riviera.


Le Président Rivier salue M. Patrick Bertschy (Rad) qui vient au pupitre des orateurs pour lire sa motion à propos des caméras de surveillance.


Gros projet de rénovation du Musée Jenisch.


Les places de jeu étaient un des gros projets d'investissement.

Le principal objet de la soirée était un préavis municipal demandant un crédit de 6'850'000 francs pour une transformation lourde du Musée Jenisch. La charge pour la Ville n'est cependant que d'un peu plus de la moitié de cette somme, vu que des fonds privés sont promis pour 3,2 millions.
Le projet n'est contesté par personne, la commission d'étude recommandant ainsi à l'unanimité de l'accepter. Cette rénovation en profondeur, qui se fait attendre depuis six ou sept ans, résulte d'une part du départ de la bibliothèque, et d'autre part de la prise en compte de nouvelles règles muséales.
Lorsque la bibliothèque a quitté se rez inférieur, il a fallu réfléchir globalement pour une affectation de ces locaux. Quant aux exigences muséales, elles sont de plus en plus importantes. Pour un musée comme le Jenisch, qui abrite des oeuvres d'une valeur inestimable et où des fondations prestigieuses entreposent et exposent leurs collections, il est indispensable qu'il soit mis aux normes les plus exigeantes pour la climatisation et la sécurité.
La seule objection a porté sur la demande d'un crédit de 80'000 francs pour une étude en vue du réaménagement des alentours. Apparemment effrayée par l'investissement qui pourrait déboucher de cette étude, qui devrait englober également les circulations piétonne et automobile du carrefour, une partie de la droite a déposé un amendement visant à supprimer cette dépense.
Au vote, l'amendement a été refusé à une large majorité, avec 20 voix pour et 2 abstentions. Au vote final sur l'ensemble du projet, l'acceptation est quasi-unanime, avec 2 oppositions et 5-6 abstentions.

Durant le débat sur les fresques de Gilamont, c'est le vice-président, M. Vladimir d'Angelo, qui a dirigé les discussions
(photo ci-contre).


Rapporteur de la commission, M. Jean-Marc Roduit a également déposé l'amendement visant à couper le crédit d'étude.



Le second objet culturel, mais d'un coût bien inférieur, était le projet de fresques géantes sur les tours de Gilamont. Avec une hauteur de 40 mètres, elles seraient les plus grandes de Suisse.
Dans son préavis demandant 500'000 francs pour cette ambitieuse réalisation, dont la moitié devrait être couverte par l'apport de sponsors, la Municipalité explique qu'elle vise plusieurs objectifs:
- compléter la réhabilitation des deux tours (total 21 millions) en leur donnant une touche culturelle;
- affirmer la vocation de "Vevey, ville d'images" sous un angle économico-touristique (c'est pour cet objectif que le canton fournit une subvention de 100'000 francs au titre de l'aide économique);
- marquer l'entrée de ville et redonner un cachet au quartier;
- exploiter les compétences artistiques régionales en faisant appel au peintre Franck Bouroullec, artiste de renommée mondiale installé à Vevey;
- raccorder sa démarche à l'image éternelle de Charlot et de son futur musée, qui va s'ouvrir à quelques mètres des fresques.

Le projet a rencontré un accueil enthousiaste dans tous les groupes, et la commission recommandait son acceptation à l'unanimité. La principale contestation est venue du Président Etienne Rivier (Lib), descendu de son perchoir pour combattre cet objet au nom d'un esthétisme exclusif. Sa vision n'a guère suscité d'appui, pas plus que les quelques remarques soulevées à propos du coût de projet.
Au vote final, l'enthousiasme général pour ce qu'un conseiller a qualifié d'"audace donc la ville peut être fière" s'est traduit par un oui à une écrasante majorité, avec 10 non et 10 abstentions.


La fermeture en fin de semaine est en vigueur depuis près de 4 ans mais n'est pas respectée.

Les crédits complémentaires ne suscitent guère de discussions habituellement. Lors de cette séance, pourtant, l'une des dépenses déjà engagées a été contestées, à la suite d'une lettre des commerçants de la Vieille Ville. Ces derniers se plaignaient de la future installations de bornes automatiques destinées à fermer la partie est de la rue des Deux-Marchés. Le Municipal Lionel Girardin eut beau jeu d'expliquer que cette fermeture du week-end, d'abord estivale dès 2006 puis annuelle dès 2008, avait fait l'objet d'une mise à l'enquête réglementaire sans susciter d'opposition. La proposition d'amendement visant à supprimer ces 15'000 francs du crédit de 107'700 francs a été refusé assez largement.
Dernier préavis de la soirée, le crédit de 970'000 francs pour la rénovation des places de jeux de 2010 à 2014 a été accepté dans une parfaite harmonie, avec juste 2 abstentions.


Le Municipal Lionel Girardin (ci-cessus) est intervenu sur les sujets de sécurité et circulation.


M. Henri Chambaz (Rad) s'inquiète de l'insécurité ressentie par d'aucuns à la Place de la Gare et dans la cour du collège Kratzer.

Le débat sécuritaire s'est réouvert dans la dernière partie de la séance, avec plusieurs objets discutés parfois âprement et dans une optique droite-gauche
Tout d'abord, la réponse de la Municipalité à l'interpellation de M. Henri Chambaz (Rad) sur les mesures prises pour lutter contre le vandalisme n'a guère satisfait le conseiller communal. Il faut dire qu'il préconisait la pose de caméras de surveillance, ce qui avait déjà suscité la première controverse de la soirée.
La communication annonçant une étude pour élaborer des mesures de lutte contre les incivilités, dans ce climat de méfiance, n'a guère rassuré ceux qui auraient voulu des actions concrètes et immédiates.
Le tableau de l'évolution des places de parc au centre ville, répondant à une demande de M. Pierre Clément (Lib), a lui aussi été interprété par les défenseurs de la voiture comme une réponse biaisée et peu courageuse.
Enfin, une interpellation socialiste de M. Michel Jörimann, à propos des enfants utilisés comme "outils" de mendicité, a elle aussi remué les consciences et suscité quelques déclarations tranchées. La Municipalité y répondra par écrit lors de la prochaine séance.

M. Michel Jörrimann (Soc) s'est inquiété du sort
des enfants utilisés par leurs parents
dans des buts de mendicité (photo ci-contre).


M. Pierre Clément (Lib) a bataillé contre la Municipalité dans les sujets de sécurité.