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Le Conseil se divise sur la circulation et les impôts mais se réconcilie pour le VEVEY

C'est une séance touffue qu'a connue le Conseil communal jeudi 7 octobre 2010. Le taux d'impôt a été voté majoritairement comme le demandait la Municipalité, des propositions concernant la circulation ont été diversement appréciées, mais tout le monde a voté une résolution pour soutenir le bateau VEVEY de la CGN.

Pour voir la vidéo de ce Conseil: http://www.vevey.ch/N7006/ conseil-communal-du-07-10-10.html

Deux démissions ont été annoncées en début de séance, celles de M. Olivier Pilloud (PDC) et de M. José Pardo (Rad). Leur remplacement doit intervenir très rapidement puisqu'il n'y aura plus d'assermentation après les séances de décembre (pas de remplacement à moins de six mois de la fin de la législature fin juin 2011).


Dernier accostage du VEVEY à l'embarcadère veveysan à fin septembre 2010


Le Président M. Vladimir d'Angelo reçoit le texte de la pétition ainsi que le carton contenant les signatures, orné d'un ruban aux couleurs de la ville.

Les commerçants ont pris place dans le public pour suivre le débat sur la circulation et le parcage.

 

La séance a commencé par une très longue séquence de correspondance et d'actualité, qui a occupé le Conseil durant près d'une heure. Dans la correspondance, le Président Vladimir d'Angelo a lu différents courriers, parfois contradictoires, ayant trait à la circulation: lettre des habitants (34 signatures) de la rue de l'Hôtel-de-Ville se félicitant du changement de circulation dans leur rue, en opposition à la pétition des commerçants de la Vieille Ville (4'500 signatures) réclamant pour leurs clients le rétablissement du sens de circulation descendant à cette rue; lettre contestant le changement de tarif de parcage prévu sur la Place du Marché. En particulier la remise des signatures de la pétition au Président du Conseil juste avant le début de la séance a été l'occasion d'un point médiatique impromptu, la délégation prenant ensuite place dans les rangs du public.
M. D'Angelo a ensuite pris congé, au nom du Conseil, du Secrétaire municipal M. Pierre-André Perrenoud, familièrement surnommmé PAP. Présent à la régie de la télévision en tant que commentateur de la soirée, PAP a écouté debout les paroles de remerciement du Président. Visiblement ému, il a été chaleureusement applaudi par le Conseil, qui le remerciait ainsi de plus de 20 ans de fidélité aux côtés de 5 syndics et 27 conseillers municipaux.


Pierre-André Perrenoud, debout, écoute la déclaration du Président Vladimir d'Angelo (ci-dessous).


Lors de son dernier voyage, le VEVEY arborait un pavillon avec "Au revoir" mais muni d'un point d'interrogation.

Trois interventions ont ensuite donné lieu à un débat ou un développement important.
La première concernait les difficultés architecturales s'opposant au déplacement des handicapés. Déposée par MM. Roger Neyroud (Vevey Libre) et Jean-François Fave (Verts), leur interpellation sera traitée par la Municipalité et donnera lieu à une réponse écrite.
La deuxième est également une interpellation, déposée par M. Pierre Clément (Lib) à propos de l'avenir du bateau Vevey de la CGN. Le Syndic Laurent Ballif prit la peine de faire l'historique des interventions de la Municipalité et de lui-même dans son rôle de député, ce qui a montré que les autorités ont suivi le problème depuis 2007. Au terme de cet exposé, l'interpellateur ajouta à son texte une résolution soutenant l'action passée et à venir de la Municipalité dans ce dossier, qui fut approuvée avec une belle unanimité.

 
M. Roger Neyroud, lui-même handicapé, a pu démontrer par l'exemple les difficultés auxquelles il est confronté pour vaincre les obstacles architecturaux.



La digue ancienne, en direction du débarcadère, est en effet bien décalée par rapport à la digue moderne refaite en 2001.

 

Les deux interventions suivantes ont pris une forme plus exigeante, à savoir une proposition de décision du Conseil. Par ce système, les signataires entendent, par une voie plus rapide que la motion ou le postulat, amener le Conseil à prendre une position ferme face à la Municipalité. Le problème est que ce système n'est utilisable que dans des domaines de compétence appartenant au Conseil et ne peut pas empiéter sur des compétences municipales.
La première proposition de décision, déposée par M. Charly Teuscher (Soc) au nom de plusieurs personnes représentant plusieurs partis, concerne le port de plaisance. Les signataires sont inquiets des dégâts constatés à la digue ancienne et demandent des travaux immédiats et définitifs. La Municipalité, pour sa part, signale dans une communication qu'elle a pris des mesures provisoires et pense venir avec un préavis de près de 3 millions en 2011 pour des réparations lourdes.
Même si cela ne devrait pas changer beaucoup le calendrier en raison du temps nécessaire pour préparer le chantier, le Conseil a finalement soutenu par 29 voix contre 16 et beaucoup d'abstentions la volonté que la Municipalité aille vite dans ces réparations.



La plaque fixée entre les digues ancienne et moderne comme solution provisoire n'a pas résisté aux premiers assauts du lac.

 


La Place du Marché a été l'objet, depuis des mois, de nombreuses interventions visant à organiser son espace. Entre l'augmentation du nombre de places, l'installation de potelets pour voitures électriques, la suppression du trafic de transit, la Municipalité aura de quoi nourrir la présentation qu'elle entend faire de son futur Plan Mobilité et Urbanisme.

La seconde de ces propositions de décision a été déposée par M. Jacques Décosterd (Rad) et portait sur différents problèmes de parcage et de circulation. Alors que son premier point demandait au Conseil de soutenir la pétition remise par les commerçants, le troisième proposait que le Législatif décide de revenir au sens de circulation antérieur à la rue de l'Hôtel-de-Ville. Le Syndic releva, en début de discussion, que la circulation est un domaine de compétence exclusive de la Municipalité, si bien que le Conseil ne peut pas prendre une décision mais seulement une résolution (non impérative).
C'est donc sur un projet de résolution que le débat s'est ouvert, en poursuivant dans le sens des différentes correspondances évoquées en début de séance. La droite et la gauche se sont affrontées sur les problèmes de circulation et leur vision de la présence de la voiture en ville.
Au vote final, la proposition, pourtant ramenée donc au niveau d'une simple demande, a été repoussée par 41 voix contre 35 pour et 5 abstentions, le Conseil refusant ainsi également de soutenir la pétition déposée en début de séance.


M. Jacques Decosterd s'est fait l'auteur du projet de résolution destiné à venir en appui à la démarche entreprise par certains commerçants de la Vieille Ville.


La garderie des Cèdres, à la rue du Midi, sera étoffée d'une nouvelle Unité d'accueil pour écoliers. Elle prendra place dans le bâtiment attenant, l'ancienne entreprise Fath, ce qui avait été initialement prévu lors de la création de la garderie.

Après près de deux heures de débats préliminaires, le Conseil a enfin abordé les objets principaux de la soirée: les préavis et rapports devant déboucher sur les décisions principales de l'assemblée.
Vu l'avancement de la soirée, les deux premiers objets ont été traités de la manière la plus brève possible: pas de discussion et soutien unanime au préavis de la Municipalité !
Le premier de ces objets ainsi plébiscités est l'extension de la garderie des Cèdres, avec l'inclusion d'un groupe supplémentaire d'écoliers pris en charge. La location correspond à environ 50'000 francs par année, ce qui permettra d'accueillir 24 enfants en plus des 56 enfants qu'accepte déjà cette structure.
Le second objet traité rapidement est la vente des actions de la SA Vevey-Chexbres, dont Vevey possède pratiquement la moitié du capital. La vente de 503 actions A et 500 actions B rapportera à la commune plus de 450'000 francs, qui seront mis en réserve dans le fonds de soutien aux transports publics.
La commission avait répondu positivement à toutes les questions et la Municipalité envisage cette vente aux CFF comme la garantie d'un maintien et d'une extension de cette ligne à l'avenir. L'objectif à moyen terme est la création d'une liaison rapide vers Palézieux, voire vers le canton de Fribourg ou même Berne.


Les actions de la Compagnie du Vevey-Chexbres, le Train des Vignes, dont Vevey détient quasiment la majorité, seront vendues aux CFF, qui exploitent déjà la ligne. Ils pourront ainsi y développer des liaisons ambitieuses profitables à toute la Riviera.

Les opposants, ci-dessous, de haut en bas: M. Etienne Rivier, M. Pierre-André Roduit et M. Werner Riesen.




Le principal objet de la séance était pourtant, bien entendu, l'arrêté d'imposition pour 2011. L'an dernier, le maintien du taux à 77 avait incité la droite à lancer un référendum, dont le vote avait entériné la décision du Conseil.
Cette année, la Municipalité proposait à nouveau de maintenir le taux stable, mais en tenant compte du fait que le canton introduit une nouvelle bascule de points d'impôt. Le canton prendra dès 2011 à sa charge une partie de la facture sociale, pour l'équivalent de 6 points, et les communes devront baisser leur propre taux de 6 points puisqu'elles auront moins à payer pour cet objet.
Pour Vevey, cela signifie que la Municipalité proposait de fixer le taux pour 2011 à 71 points, ce qui devrait permettre à la commune de financer tant son ménage courant et que les dépenses figurant au plan des investissements.
Les partis de droite ont effectué un tir de barrage contre cette proposition, déposant deux amendements, l'un à 70 (M. Jean-Marc Roduit PDC, M. Werner Riesen UDC) et l'autre à 69 (M. Etienne Rivier Lib+Rad). Les arguments ont évoqué à nouveau la bonne santé financière de la commune depuis plusieurs années, la nouvelle péréquation intercommunale et un geste à avoir envers la classe moyenne. Un point paradoxal a été répété par M. Rivier, à savoir une diminution du taux visant à réduire les moyens mis à disposition de la Municipalité afin de la contraindre à l'austérité et donc de diminuer la dette.
Cet argument a été l'objet de plusieurs contestations, notamment de MM. Alain Gonthier (Alt) et Roland Rapin (Verts), ainsi que du Syndic. Compte tenu des investissements indispensables prévus au plan quinquennal (écoles, salles de sport, musée, théâtre), il est au contraire indispensable de maintenir les moyens disponibles pour éviter une augmentation de la dette.
Après un plaidoyer fouillé du Syndic Laurent Ballif, le Conseil s'est prononcé par une majorité claire contre les deux amendements et en faveur du taux de 71 proposé par la Municipalité.
Un amendement complémentaire, déposé par Mme Danièle Kaeser et visant à supprimer l'imposition sur les successions pour les enfants, a été refusé par la même majorité.

Les défenseurs de la proposition municipale, de haut en bas: M. Alain Gonthier, M. Vincent Matthys et le Syndic, M. Laurent Ballif.




Alors que le Conseil s'apprêtait, après ce long débat, à entamer les communications, vers 23h, deux conseillers communaux sont intervenus pour demander le report de ces points à l'ordre du jour de la séance de novembre.
Alors que le Président Vladimir d'Angelo était en train d'évoquer une séance de relevée à fixer au vendredi ou au lundi suivant, le Conseil s'exprima très majoritairement pour se contenter de reporter le tout à la prochaine séance ordinaire.
Ces points, parmi lesquels figurent quelques débats à composante politique, seront donc traités au début de la séance du 4 novembre, avant d'entamer l'ordre du jour de cette séance proprement dite.

M. Jacques Zaugg (ci-contre) a été le premier à demander que la suite de l'ordre du jour soit reportée à une prochaine séance.