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On sacrifie l'EPA mais on sauve la patinoire

C'est une double décision pour le moins paradoxale qu'a prise le Conseil communal lors de sa séance du 6 septembre 2012. Il a en effet refusé le projet de rénovation de l'ex-EPA mais accepté l'achat de la patinoire mobile, le tout sous l'effet des craintes suscitées par l'avenir financier de la Ville.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N11073/conseil-communal-du-06-09-12.html

Pour sa première séance, le nouveau Président Patrick Bertschy n'a pas eu la tâche facile. Il s'étiat visiblement fort bien préparé et a pu trouver à chaque fois la bonne procédure, ce qui a évité tout cafouillage.
La soirée a été animée de plusieurs débats de fond, illustrant l'arrivée d'une période plus difficile pour Vevey en raison des nuages noirs qui s'ammoncèlent dans le ciel de la ville. Et les nouveaux objets déposés sont eux aussi annonciateurs de controverses futures.

 


Actuellement occupé par Images 2012, l'ex-EPA ne sait toujours pas quel sera son sort.

En début de séance, le Président a assermenté deux nouveaux conseillers, Mme Anaya Martineau en remplacement de Mme Aude Lavanchy (PLR) et M. Jorge Maldonado qui revient au Conseil pour suppléer au départ de M. Jean-Pierre Narbel (PDC) (photo ci-contre). Le Conseil dans son entier regrettera M. Narbel, dont l'amabilité et la bonne connaissance des finances publiques ont été parfois bien utiles. Deux autres démissions ont en outre été annoncées et seront compensées lors d'une prochaine séance.
A la suite de ces diverses démissions, des nominations complémentaires ont été nécessaires pour compléter l'effectif de certaines commissions. Pour la Commission de gestion, le PDC avait annoncé comme candidat M. Vladimir d'Angelo. Celui-ci étant déjà membre de la Commission des finances, un début de controverse est apparu ce qui fait que le PDC a finalement présenté M. Maldonado.  

Au point consacré aux interventions des conseillers, deux interpellations ont traité le même objets, à savoir la récente décision du Tribunal cantonal donnant partiellement raison aux opposants au plan de quartier du Rivage et annulant le PPA déposé. M. Christian Roh (PLR) posait différentes questions à la Municipalité afin de savoir si elle avait l'intention de contester cette décision, de revenir avec un nouveau PPA et si le promettant-acquéreur ne risquait pas de se décourager de cette ènième péripétie. De son côté, M. Alain Gonthier (ALT), qui faisait partie en 2007 des opposants à la vente du Château de l'Aile et du Restaurant du Rivage, demandait si la Municipalité n'estimait pas judicieux de mettre un terme à cette procédure et de considérer le projet initial comme définitivement disqualifié.
Face à ces deux options diamétralement opposées, le Syndic Laurent Ballif s'est fait le porte-parole de la Municipalité pour confirmer que celle-ci considérait ce verdict comme ne répondant pas à la définition de ce qui doit figurer dans un PPA et qu'elle entendait le contester immédiatement auprès du Tribunal fédéral. Il est d'autant plus surprenant que le juge cantonal ait entièrement annulé le PPA alors qu'il avait rejeté plusieurs des demandes des opposants: Helvetia Nostra n'est pas considérée comme ayant qualité pour recourir, ce qui ne laisse que deux personnes privées comme opposants; il n'est pas inopportun de prévoir à cet endroit à la fois des activités publiques, des bureaux et des appartements.
Le seul grief auquel il est fait droit est quee le PPA ne prévoit pas le détail du futur bâtiment mais seulement le maximum de son volume et de sa hauteur. Sur ce point, le Syndic a précisé que c'est précisément un service cantonal qui a demandé à ne pas faire figurer une mention à ce propos car le Règlement général des construction de la ville de Vevey la comportait déjà ! C'est donc à tout le moins étrange que le juge sanctionne ce projet précisément parce que la Ville s'est conformée aux demandes du canton...
En réponse à M. Gonthier, le Syndic a expliqué que la Municipalité - et le Conseil - avait le devoir de mener à son terme ultime la procédure acceptée en votation populaire en 2007 et que l'acte signé impliquait qu'il était nécessaire d'épuiser toutes les voies de recours possibles. La Municipalité viendra le mois prochain devant le Conseil pour lui demander pour la procédure du PPA une prolongation de délai similaire à celle qui était prévue pour l'étape ultime du permis de construire.


Alors que le chantier de la salle del Castillo a démarré, Mm. Alain Gonthier et Christian Roh se sont inquiétés de la décision du Tribunal cantonal sur le PPA.


Gilamont Village a besoin d'un cautionnement pour financer ses travaux de rénovation.

Au terme de ce débat de plus d'une heure, inhabituel pour de simples interpellations, les autres dépôts ont été reportés à la fin de la séance.
Le Conseil a alors désigné les commissions chargées d'étudier les trois objets soumis par la Municipalité.
Un rapport-préavis répondant de manière groupée à plusieurs motions et postulats en relation avec l'urbanisme, la circulation et le parcage. Avec la publication du Plan de mobilité et d'urbanisme, étude qui devrait piloter le développement de la ville ces 10 à 15 prochaines années, les réponses à ces objets sont maintenant connues et ce préavis permet de les mettre en évidence.
L'arrêté communal d'imposition est soumis à la Commission des finances. Comme il prévoit une hausse du taux de 5 points en raison des mauvais résultats financiers de la ville, il est évident que cet objet sera au coeur de l'actualité de cette fina d'année !
La coopérative de Gilamont Village continue à avoir des problèmes d'instabilité de ses immeubles construits dans la courbe de l'av. de Rio-Gredon. Afin de diminuer le coût de l'emprunt qu'elle est obligée de contracter pour financer les réparations, elle demande à la Ville de la cautionner.

Le point prioritaire de cette soirée était la demande de crédit de la Municipalité d'un montant de 14,9 millions pour la rénovation-transformation de l'ex-EPA, dont à déduire les 6 millions que devait verser la Fondation chargée de fournir les locaux à l'association Asante Sana, qui assure les prestations de soins à domicile pour la région de Vevey et La Tour. Le projet comportait donc la mise à disposition en droit de superficie  des trois étages supérieurs pour cette association en échange d'un loyer annuel de Fr. 160'000.-.
La ville pour sa part, plus précisément le Centre social intercommunal, devait occuper les étages 1 et 2, avec un loyer équitable garanti par le canton puisque le CSI et les services sociaux sont dans leur grande majorité des agents de la politique cantonale chargés de gérer le RI (Revenu d'insertion).
Enfin, au rez-de-chaussée la Municipalité avait laissé filtrer que des négociations avancées avec Prometerre laissaient espérer l'implantation d'une brasserie privilégiant les produits du terroir ainsi que d'autres occupants encore à déterminer. Les procédures de signature n'étant pas encore avancées, la Municipalité ne s'était pas trop avancée en la matière.
Alors que la commission, qui avait siégé avant l'été, s'était ralliée à la quasi unanimité à ce projet, agrémenté il est vrai d'un amendement coupant Fr. 500'000.- au montant, le débat au Conseil a pris immédiatement un tour inattendu avec la déclaration de l'UDC par la voix de M. Werner Riesen demandant la non-entrée en matière. Une telle opération vise à renvoyer un objet à la Municipalité avec mandat de revenir avec une nouvelle variante  mieux à même de satisfaire le Conseil. Cette proposition a été refusée de justesse (38 contre 36), indiquant qu'une majorité est désireuse de trancher sur le fond.
Les arguments négatifs sont apparus nombreux, notamment dans l'argumentaire du PLR et de l'UDC, mais également par la bouche de M. Jérôme Christen (Vevey Libre). Visiblement  rendus très prudents par le résultat négatifs des comptes 2011, une partie du Conseil a fait part de son inquiétude surtout quant au rendement effectif qu'il était possible d'espérer de cette opération. Le fait que l'accord avec Asante Sana n'ait pas encore été signé et que des incertitudes demeurent quant aux futurs occupants du rez a mis bon nombre de conseillers sur la défensive. En outre, les soumissions ne sont pas toutes rentrées et certains craignent de voir la facture encore grimper.
Dans le camp des partisans du projet, il a été mis en évidence que ce bâtiment a été acheté pour accueillir en tout cas deux étages des bureaux communaux, ce qui doit permettre de regrouper les services et de libérer les locaux occupés notamment à Grand-Place 5, qui doit pouvoir être loué dans son entier à l'hôtel qui l'occupe partiellement. Cet immeuble a été payé 9,5 millions et doit trouver rapidement sa réaffectation pour éviter de continuer à payer des intérêts inutilement.
Au terme de cet échange d'arguments, un premier vote a tout d'abord vu l'amendement coupant Fr. 500'000.- largement accepté. Mais au vote final, c'est le Non qui l'a emporté par 40 voix contre 35 avec 4 abstentions. Le crédit est donc refusé et le bâtiment se trouve dorénavant sans affectatoin prévisible. Si certains conseillers ont imaginé d'y regrouper d'autres services communaux en lieu et place d'Asante Sana, il est certain que cela ne diminuera en rien le coût de l'investissement. La Municipalité devra donc imaginer une nouvelle réhabilitation de l'ex-EPA susceptible de trouver grâce devant le Conseil.



MM. Werner Riesen et Jérôme Christen se sont opposés plus ou moins clairement au projet défendu par le Syndic Laurent Ballif.


Le succès avéré de la patinoire a convaincu les conseillers de l'acquérir définitivement.

Après cette décision négative apparemment justifiée par une volonté de faire des économies, on pouvait penser que l'investissement demandé pour l'achat d'une patinoire mobile connaîtrait un sort identique et de manière rapide. Mais c'est curieusement tout le contraire qui s'est produit. Tant le PLR (M. Christian Roh) que le PS (M. Vincent Matthys) affirment que cette dépense de Fr. 674'000.- est justifiée même dans ces circonstances car elle intègre d'importantes économies par rapport au montant figurant initialement au plan des investissements (près de 2 millions). De plus, MM. Jérôme Christen et Stéphane Molliat (VL) attaquent les critiques contenues dans le rapport de minorité à propos des arbres censés être replantés au bas de la Place du Marché.
Paradoxalement, les critiques portées par les Verts en particulier ainsi que par le rapporteur de minorité, M. Serge Ansermet (Soc), ne rencontrent pas du tout le même écho que pour l'ex-EPA: incertitude quant à l'emplacement où la patinoire sera installée, coût d'exploitation, bilan énergétique, tout cela n'ébranle en rien la confiance de la plupart des conseillers dans le projet de la Municipalité.
Le succès populaire des éditions précédentes ainsi que la conviction que l'exploitation de cet équipement répond à un besoin régional qui se concrétisera certainement par des appuis financiers tant privés que publics, finissent par emporter assez largement la décision. Au vote final, le rapport de minorité, négatif, est rejeté par 45 voix contre 31, et le crédit est accepté à une très large majorité.

En fin de séance, le Conseil prend encore connaissance de trois communications.
A M. Jean-Jacques Burgi, la Municipalité répond que l'apéritif organisé après le vote d'acceptation du projet Oriental n'a coûté que quelques centaines de francs et réunissait les personnes qui ont contribué à la réalisation des documents de soutien à cette rénovation. L'interpellateur n'a pas désiré poursuivre la polémique.
M. Christian Roh s'était inquiété de la nouvelle tarification des terrasses, et la réponse de la Municipalité ne peut pas dire autre chose que ce que Sécurité Riviera a mis en oeuvre dans le cadre du transfert des compétences de police à l'échelon régional. Le Syndic Laurent Ballif confirme que la Municipalité, contrairement à ce qu'il avait cru lors de la séance précédente, avait bien été consultée sur ces tarifs.
Enfin, M. Jérôme Christen a pris acte des réponses apportées concernant la pépinière d'entreprises de Swissmedia. Selon les projets du canton, ce pôle économique axé sur les nouvelles technologies de la communication devrait voir renouveler son mandat pour les années 2013-2017.
Après ces trois objets, considérant que l'horloge indiquait largement plus de 23h000, une majorité du Conseil a décidé d'en rester là pour le moment et de reporter à la prochaine séance les communications restantes ainsi que deux interpellations annoncées en début de séance.