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Le Conseil prend son temps pour l'examen du budget 2013

Prévue en deux rendez-vous, les 13 et 20 décembre 2012, la dernière séance de l'année du Conseil va effectivement utiliser pleinement cet espace réservé. Alors qu'il était prévu que l'entier du budget 2013 serait étudié le 13 décembre, ce n'est que la moitié qui a été passée en revue. La suite le jeudi suivant, avec encore un programme suffisamment copieux pour qu'il soit nécessaire d'avancer le début à 18h30.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N11076/conseil-communal-du-13-12-12.html

Cela n'a pas été la "Nuit des longs couteaux", mais presque. Alors que la Commission des Finances avait déjà proposé une douzaine d'amendements pour le budget 2013, de nombreux autres propositions sont venues s'y ajouter en séance.
Avec deux camps souvent très proches, les procédures de vote et les contre-épreuves se sont multipliées et ont pris beaucoup de temps.


Avant le début de l'étude de détail du budget 2013, le Municipal Etienne Rivier, en charge des Finances, a présenté trois écrans récapitulant la situation de Vevey. Il s'agissait notamment d'une comparaison de la situation de Vevey avec celle des 9 autres communes du district, ainsi qu'une représentation graphique de la contribution veveysanne aux différents mécanismes de péréquation et de facture sociale.


Le Syndic a eu fort à faire durant cette séance, qui a traité de plusieurs sujets ressortissant à ses services.

Le début de la séance a été réduite à sa plus simple expression. Une commission a été nommée pour étudier le préavis intercommunal visant à assurer le cautionnement du futur Musée Chaplin à Corsier. Elle se réunira avec ses homologues début janvier et l'ensemble des conseils communaux du district devrait prendre sa position d'ici fin mars.
Les budgets 2013 respectifs de la Communauté d'équipement du Haut-Léman (CIEHL) et du Fonds culturel Riviera ont été adoptés sans aucune discussion. Cela montre la confiance que les conseillers mettent dans ces organismes, dont le rôle est très apprécié dans la région.
Enfin, pour le sujet essentiel de la soirée, il n'y a eu aucune velléité de refuser l'entrée en matière sur le budget communal 2013. Les déclarations des Groupes ont montré que chacun reconnaissait que la Municipalité avait fait un gros effort de compression des dépenses. Les partis de droite et du centre ont cependant déclaré qu'ils soutiendraient les amendements proposés par la Commission des finances, voire qu'ils en déposeraient d'autres pour demander des efforts supplémentaires.
Une présentation globale du budget par le Municipal Etienne Rivier a mis en évidence la pression générale existant sur les communes, celles du District étant pratiquement toutes en déficit budgétaire, et cinq d'entre elles avec un autofinancement négatif, ce qui n'est pas le cas de Vevey. Quant au Syndic Laurent Ballif, il a tenu à relativiser les déclarations de certains responsables cantonaux, relayées par la presse, sur la pseudo-situation critique de Vevey alors que celle-ci est simplement dans la même position que 90% des communes vaudoises.

L'étude du budget a commencé par les comptes concernant directement le Conseil. Et celui-ci s'est rallié aux chiffres proposés par la Municipalité et comportant des diminutions assez importantes des coûts, ainsi qu'un amendement minime de la CoFin sur l'indemnité du Président. La diffusion télévisée des séances a été quelque peu touchée mais sans que cela mette en danger la poursuite de cette information très appréciée.
Le premier amendement douloureux de la CoFin était une coupe de 160'000 francs dans le budget de l'Office de la communication, ramené à 400'000 francs. Même si plusieurs orateurs se sont exprimés pour affirmer qu'il ne s'agissait pas de viser la coupe d'un poste en particulier, on ne peut s'empêcher de penser que le Délégué à la communication, M. Pierre Smets, est particulièrement visé par cette mesure.
Le Syndic a tenté d'expliquer tout le travail réalisé par cet office, notamment les liens étroits entre le délégué et les organisateurs de manifestations ou les associations, qui profitent pleinement de ce travail. En réponse, les opposants ont réaffirmé qu'en temps de crise il fallait choisir les prestations indispensables et que la Communication pouvait être un peu rognée.
Au moment du choix, les scrutateurs ont eu quelque peine à décompter les voix si bien qu'il a été procédé à un vote à bulletin secret... lequel a donné un résultat de 42 à 42 ! Le règlement prévoyant un second vote, il a été réalisé et c'est finalement par 45 oui et 42 non que cette coupe a été acceptée.
Dans le chapitre de l'Administration générale, trois autres amendements ont été déposés et refusés assez clairement: une coupe de 20'000 francs à Swissmedia (convention liante avec le canton), de 5'000 francs pour l'aide humanitaire en cas de catastrophe et une de 60'000 francs au budget général de l'informatique. Ce sont donc les chiffres de la Municipalité qui ont été conservés.


Deux des principaux porteurs d'amendements: M. Jacques Décosterd (PLR, en haut) et M. Francis Baud (Vevey Libre, ci-dessous).

Dans les deux dicastères suivants, les amendements ont tenté, comme pour l'Office de la communication, de supprimer des postes ou des entités complètes. La première proposition demandait de ne pas repourvoir le poste, actuellement vacant, de l'adjoint au Service des finances chargé des relations avec l'économie, le commerce et l'hôtellerie, soit une coupe de 100'000 francs. Le Municipal Rivier a défendu ce poste en évoquant la nécessité également d'améliorer le suivi fiscal des contribuables veveysans, mais cette tâche supplémentaire a peu convaincu les opposants. Au vote, cependant, la coupe a été refusée par 46 voix contre 37 et 4 abstentions.
L'Office du Développement durable, comprenant les deux Délégués, à l'Agenda 21 et à l'Energie, a ensuite fait l'objet d'une proposition de coupe de 200'000 francs. L'objectif était, selon les déclarations des proposants, de conserver le poste de l'Energie mais de contraindre la Municipalité à régionaliser celui de l'Agenda 21. Là aussi, l'amendement a été refusé assez nettement.

Les membres de la commission des finances sont regroupés devant le Conseil.

Comme prévu, le dernier amendement de poids a suscité lui aussi un long débat. Il s'agissait d'une proposition de la Cofin de couper près de 500'000 francs au budget de Parcs & Jardins, soit 20% du montant prévu. Les partis de droite et du centre ont dit très clairement que l'objectif était de diminuer les prestations, notamment dans la fréquence des entretiens, la gestion des espaces verts et la production florale.
Dans ces conditions, ainsi que l'a relevé le Municipal Marcel Martin, il est évident qu'une économie d'un demi-million ne peut pas se faire simplement en rationnant la taille des arbres ou la plantation de fleurs. Très clairement, la Municipalité est invitée à tirer parti de tous les départs naturels (changements de poste, retraites) pour diminuer le nombre d'employés de ce service, la pression sur la masse salariale étant seule à même de permettre une telle diminution budgétaire.
Les passes d'armes ont été nombreuses des deux côtés, mais la défense très claire du Municipal a permis de mieux comprendre l'impact d'un telle baisse de prestations. Au final, le Conseil a refusé l'amendement par 44 voix contre 36 et 3 abstentions. Le budget de ce service n'est donc pas touché.
Une autre proposition a concerné le dicastère des Espacs publics, sur le sujet du port. Un amendement non discuté en CoFin proposait d'alourdir les taxes d'amarrage, et donc d'ajouter aux recettes un montant de 62'000 francs. Les défenseurs des bateliers n'ont pas manqué de préciser que le port de plaisance est déjà le plus cher de tout le Léman, après les lourds travaux de réfection de la digue, et qu'il vaudrait mieux diminuer les taxes. Au votre, cet amendement a été nettement refusé et les taxes demeureront donc telles que prévues par la Municipalité.


Pour le PLR, M. Christian Roh, en tant que membre de la CoFin, a exposé et défendu la plupart des amendements de la droite.

Commencée à 19h30, la séance avait alors largement dépassé minuit, et le Président Patrick Bertschy annonçait qu'il avait l'iintention de poursuivre jusqu'au bout l'étude du budget, quitte à ce que cela dure jusqu'à 2 ou 3 heures du matin.
Comme plusieurs Groupes craignaient de voir certains de leurs membres quitter la salle, ce qui pouvait fausser les rapports de force et surtout aboutir à l'absence de quorum (moins de 50 membres présents), demande a été faite d'interrompre les débats.
Plutôt que de reprendre le lendemain vendredi, comme cela aurait été possible mais qui aurait risqué également l'absence de quorum, une très large majorité du Conseil a préféré reporter la fin du budget à la séance déjà prévue jeudi 20 décembre. Mais, pour pouvoir absorber tout le programme normalement prévu (crédits complémentaires, postulats ex-EPA, communications diverses), il a été décidé de débuter à 18h30 déjà.

Le Président Patrick Bertschy aurait préféré finir l'étude du budget durant la nuit.