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Un départ et trois projets lourds au Conseil

 

Le Conseil communal du 12 mars 2015 a été marqué par l'annonce surprise du Municipal Marcel Martin, qui cessera ses fonctions à fin juin de cette année déjà. En outre, trois projets d'importance pour la Ville ont été acceptés avec des majorités assez, voire très claires par les conseillers.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N15110/conseil-communal-du-12-03-2015.html

Le programme était chargé pour cette séance, mais il avait déjà été allégé du projet de développement pour la gare marchandises, dont l'étude n'est pas achevée par la commission ad hoc.
Par contre, le fait d'avoir avancé d'une heure la séance, qui a débuté à 19h, a permis en quatre heures de passer en revue les principaux points. Les discussions ont été chaudes et riches en péripéties.
A l'issue des principaux débats, vu l'heure tardive, les discussions sur les communications ont été renvoyées à une prochaine séance.

 
Avant le débat sur le plafond d'endettement, le Municipal des Finances, M. Etienne Rivier, a présenté différents tableaux illustrant la situation de la commune de Vevey.

Un premier débat s'ouvre dès le vote sur l'ordre du jour. M. Alain Gonthier (Alt) propose de reporter le vote sur le plafond d'endettement, considérant qu'il doit être traité à la même séance que l'investissement pour le collège. Une partie des Verts et de Vevey Libre soutiennent cette position, alors que le Municipal Etienne Rivier défend celle de l'Exécutif. Au vote, la proposition est repoussée assez largement.
Au point suivant, c'est un vrai coup de théâtre qui se joue, lorsque le Municipal Marcel Martin lit sa lettre de démission au 30 juin 2015. Il quittera ainsi ses fonctions une année avant le terme de la législature. Il explique sa décision par une certaine lassitude, après 25 ans de carrière politique et 50 ans d'activité professionnelle, et le désir de pouvoir se consacrer plus à sa famille.
Les conseillers sont très surpris de cette annonce, qui avait été tenue absolument secrète jusqu'au dernier moment. Elle vient certainement perturber quelque peu les stratégies électorales des partis, toutes axées sur les élections de 2016. M. Martin est cependant remercié de son engagement par plusieurs rafales d'applaudissements prolongées.

Avant d'attaquer les rapports, le Conseil enregistre trois interventions. Tout d'abord, Mme Isabel Jerbia (Soc) dépose un postulat sur les problèmes d'accessibilité aux locaux communaux pour les handicapés. La Municipalité ayant déclaré qu'elle était prête à faire un rapport sur ce sujet, le postulat lui a été transmis directement.
M. Jérôme Christen (VL) soumet ensuite une motion demandant à la Municipalité d'établir un règlement permettant de prélever une taxe sur la plus-value lors de l'établissement de nouveaux PPA. Fortuitement, le Syndic Laurent Ballif est en mesure de lui montrer le document de travail actuellement en voie de finalisation et qui devrait être validé prochainement par la Municipalité précisément sur ce thème. Comme le suggère le Syndic, M. Christen retire alors sa motion, dans l'attente du préavis que soumettra l'Exécutif au Conseil d'ici quelques semaines.
Enfin, M. Alain Gonthier revient sur le débat concernant la densification avec une interpellation sur ce thème, demandant des précisions sur les intentions de la Municipalité en la matière. Le Syndic se contente de préciser que ces termes sont définis dans le Plan Directeur Cantonal (PDCn) et que la ville de Vevey est entièrement située, selon celui-ci, dans ce qu'on appelle le "périmètre compact", donc à densifier.



Le premier des objets sur lesquels le Conseil est appelé à se prononcer est une demande de transfert de crédit budgétaire. La proposition est de donner une plus grande autonomie à la Fondation Images en lui transférant le montant nécessaire à financer le poste de Directeur du Festival Images. Durant les cinq dernières éditions de ce festival, ce rôle a été joué par M. Stefano Stoll, délégué à la Culture de la ville de Vevey, qui cumulait ainsi deux fonctions.
Cette situation n'est plus tenable avec l'augmentation du volume de cette manifestation et son succès, si bien que la Municipalité proposait de transférer l'entier du montant figurant dans le budget de la Ville à la Fondation. Cette idée a reçu un accueil quasi unanime, M. Gilles Perfetta (Alt), se contentant d'exprimer quelques craintes des milieux culturels veveysans quant à l'avenir du futur Service culturel. Le Syndic Laurent Ballif lui a répondu du mieux possible, étant entendu que la Municipalité n'entend pas entamer de profondes réformes dans ce domaine avant la prochaine législature. D'ici là, le service fonctionnera avec un poste de 80%, correspondant au travail effectif après transfert du Festival Images, et sans modifier les budgets permettant de faire appel à des chefs de projet pour certains événements.
Au vote, la proposition municipale reçoit un accueil chaleureux, sans aucune opposition, mais avec juste l'abstention de l'UDC, pour lequel M. Werner Riesen a exprimé le désir de ne pas augmenter encore le subventionnement à cette manifestation.

Le deuxième était un sujet chaud dans tous les sens du terme, puisqu'il s'agissait de la construction d'un chauffage à distance à bois derrière le stand, destiné à alimenter non seulement la zone de Gilamont/Plan Dessus, mais également de supplanter le réseau de chauffage à mazout autour du Collège Bleu.
Ce projet, que la Municipalité estimait pourtant presque le summum de l'efficacité et de l'opportunité énergétiques avait été, dans un premier temps, accueilli fraîchement. Plusieurs oppositions à la mise à l'enquête, dont celle du Municipal Etienne Rivier qui en a fait une rupture de collégialité, ont d'emblée tendu la situation. Les travaux de la commission ont pourtant permis d'apporter une réponse satisfaisante à pratiquement toutes les questions, si bien que la commission a finalement accepté le projet à une très large majorité.
Les craintes exprimées principalement par le PLR et par certains Verts concernent l'augmentation de la pollution, dont certains paramètres sont présentés dans une vision horrifique. Les experts entendus par la commission ont cependant relativisé les hausses annoncées, indiquant bien que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Mme Fabienne Despot (UDC), professionnellement compétente en la matière, a fait dans ce sens une intervention déterminante.
La commission s'est inquiétée également de la disponibilité et de la provenance du bois utilisé, comme le demandait en particulier MM. Vincent Imhof et Vittorio Marinelli (PLR). Elle a ainsi fait insérer dans l'acte du droit de superficie, par voie d'amendement, une disposition imposant que le bois doit provenir d'un rayon de 30 km.
La Municipale Elina Leimgruber a répondu point par point à la plupart des détracteurs du projet, reprenant en particulier les données apportées par les experts. Le Syndic, pour sa part, a rappelé que tous les services cantonaux ont donné leur feu vert à cette implantation à cet emplacement et qu'on peut difficilement les suspecter de laxisme !
Le vote à bulletin secret ayant été demandé par l'un des opposants les plus acharnés, M. Clément Tolusso (Verts), il n'est pas possible de savoir précisément comment se partagent les opinions. Mais le projet passe très largement la rampe, avec 52 oui, 26 non (en principe PLR et quelques Verts) et 4 abstentions.


Le stand dans son état actuel. La centrale de chauffage à distance prendra place derrière le bâtiment existant.


Un des tableaux de M. Rivier, celui de l'endettement brut et net de Vevey en comparaison cantonale.

Le dernier débat est certainement le plus politique des trois, à savoir la demande de la Municipalité de hausser le plafond d'endettement. Fixé à 200 millions en début de législature, il ne permet pas d'intégrer les 60 millions prévus pour le nouveau collège et une augmentation à 275 millions est envisagée. Selon les calculs que présente le Municipal des finances Etienne Rivier et en vertu des critères appliqués par le canton, Vevey a largement la possibilité d'assumer la charge de cette dette, en particulier en raison de son patrimoine financier très rentable.
La Municipalité, même si elle est freinée actuellement par des recours contre le projet, entend demander au plus vite un crédit de construction pour le collège, afin de pouvoir démarrer les travaux dès que le feu vert aura éventuellement été donné par le Tribunal cantonal. Mais, pour cela, il est nécessaire que l'augmentation de l'endettement soit acceptée. C'est justement là que se situe le problème, plusieurs partis estimant qu'il est difficile de se prononcer sur le plafond tant qu'on ne s'est pas mis d'accord sur le coût définitif du collège.
Face à ce dilemme, M. Jérôme Christen fait une proposition d'adapter le montant pour réserver l'augmentation strictement à la construction du collège. Cet amendement est très largement refusé. Pour le PS, M. Vincent Matthys propose de prendre en compte dorénavant l'endettement net (sans les investissements rentables) et non l'endettement brut. Cette proposition est également repoussée nettement, seuls les socialistes et quelques verts la soutenant.
Après un long débat resté malgré tout relativement factuel et rationnel, c'est finalement par un vote à l'appel nominal que la décision est tranchée. Et c'est par une marge plus large que prévu que l'objet est accepté, soit par 45 oui contre 33 non, sans abstention.
M. Patrick Bertschy (PLR) demande alors que le Conseil décide de consulter la population (référendum spontané), mais la même proportion refuse cette proposition.
Une dernière tentative est faite, par M. Werner Riesen, pour retarder la décision finale, à savoir la demande d'un deuxième débat à la prochaine séance. Après quelques hésitations, le Président du Conseil, M. Bastien Schobinger, constate qu'il n'y a juste pas le nombre de voix nécessaire pour obtenir ce 2e débat. Comme il ne s'agit pas d'un vote, la procédure s'arrête donc là, alors que certains membres du PLR auraient désiré une contre-épreuve.