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Même en campagne, le Conseil reste serein

Alors qu'on pouvait craindre une ambiance tendue en raison de la campagne électorale en cours, le Conseil communal a tenu séance en toute sérénité jeudi 28 janvier 2016. Un ordre du jour sans grands sujets à polémique a permis d'aborder de manière détendue un grand nombre de sujets mineurs.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N16615/conseil-communal-du-28-01-2016.html

Avec seulement trois rapports mais huit communications auxquels se sont ajoutés sept objets déposés par les conseillers le soir même, l'ordre du jour a été très hétéroclite et n'a pas soulevé les passions. Comme souvent dans ce cas, le Conseil s'est astreint à aller parfois dans le détail et a passé un certain temps sur des points mineurs.


Les escaliers vers la terrasse Saint-Martin ont occupé les conseillers durant une demi-heure, et c'est un sujet qui a finalement donné lieu à un vote droite-gauche pour savoir si le postulat à propos de la rampe partielle devait être étudié en commission !


M. Lino Lonardo a prêté serment pour un mandat qui est limité en principe à quelques mois.

Bien qu'on soit tout proche du renouvellement complet du Conseil, le Groupe PDC a malgré tout désiré procéder au remplacement de M. Manuel Lisboa, qui a démissionné pour se consacrer à des tâches pour son parti au niveau de la région. Il sera remplacé par M. Lino Lonardo, ce qui permet au PDC de conserver son effectif complet.
Une première rafale d'interventions a été traitée en début de séance. Le premier objet a été un postulat de M. Vladimir d'Angelo (PDC), qui demande à la Municipalité d'étudier l'installation en ville d'engins de condition physique pour les personnes âgées. Comme cette préoccupation est également celle des services communaux, la Municipalité a indiqué qu'elle était prête à s'en occuper si le Conseil lui renvoyait ce postulat, ce qui a été fait à l'unanimité.
Le deuxième objet était plus politisé, puisqu'il s'agissait d'une motion demandant l'introduction d'un système de frein à l'endettement. Déposée par M. Bastien Schobinger (UDC), cette motion pose cependant des problèmes tant dans sa formulation que dans sa mise en œuvre, voire son opportunité politique selon les camps. Une large majorité s'est malgré tout convaincue qu'il valait la peine d'étudier cette proposition en commission.

Deux autres objets ont encore été traités avant d'entamer l'ordre du jour normal, deux interpellations déposées par le Groupe socialiste. La première, de M. Darren Roshier, demandait des informations sur l'aménagement prévu pour l'espace créé par la construction de la nouvelle Migros des Deux-Gares. Le Syndic Laurent Ballif lui a répondu en se référant à la mise à l'enquête, qui a permis de délivrer un permis comprenant la plantation de cinq arbres, un parc à vélos, des bancs publics de tailles différentes et la mise en place d'une terrasse pour le nouvel établissement intégré dans le Centre. Comme il est indispensable de maintenir le flux de circulation piétons-vélos et que les utilisateurs du Centre doivent également pouvoir accéder au bâtiment, les aménagements ne peuvent trouver place que dans la bande médiane de l'espace disponible. Cette zone étant très peu ensoleillée, il n'est pas imaginable d'y mettre beaucoup de végétation.
La seconde interpellation socialiste a été déposée par Mme Isabel Jerbia à propos de l'avenir de l'Hôpital de la Providence lorsque l'Hôpital de Rennaz aura regroupé les institutions hospitalières au bout du lac. Cette série de questions étant très complexe, la Municipalité a accepté sans difficulté d'y apporter une réponse écrite, comme demandé par l'interpellatrice.


Le nouvel espace est vaste, mais il doit absorber une circulation importante de piétons et de vélos tout en étant équipé de bancs publics et d'arbres.

Huit préavis ont été déposés par la Municipalité, dont trois à composante régionale: Révision des statuts du SIGE; Cautionnement d'un emprunt du groupement forestier de la Veveyse pour la construction d'un couvert à Fenil; Reconnaissance de l'importance régionale pour le projet d'Espace régional aux Pléiades en vue d'un financement par la CIEHL.
A côté d'une série de petits crédits supplémentaires pour boucler les investissements 2015, la Municipalité demande également à pouvoir acheter une nouvelle balayeuse.
Enfin, deux postulats transmis à la Municipalité font l'objet d'une réponse de celle-ci, et le Conseil aura à se prononcer sur le rapport que feront deux commissions sur ces objets. Il s'agit du postulat de M. Darren Roshier "D'Humain à Humain", et de celui de M. Stéphane Molliat (VL) "De l'opportunité d'acquérir un parking déjà existant".
Ensuite, le Conseil s'est attaqué aux rapports qui lui étaient présentés pour décision. Le premier était une réponse au postulat de M. Patrick Bertschy (PLR) à propos des installations sportives d'importance régionale. Cet objet ayant été déposé dans plusieurs communes de la Riviera, c'est le Service des affaires intercommunales qui a piloté une enquête régionale menée par M. Jean-Marc Bryois, ancien Responsable des sports de Vevey.
Le document qui en est résulté est un dossier très épais faisant l'inventaire des atouts et des manques, et débouchant sur une liste de priorités. Celle-ci ayant été validée par toutes les Municipalités du district, on peut espérer de la voir se réaliser dans les meilleurs délais. Les premiers besoins concernent les piscines et une patinoire régionale. La question la plus intéressante, après que M. Bertschy eut pu faire part de sa satisfaction et de son désir de voir se mettre en place une structure régionale de suivi, est venue de M. Claude Millasson (Soc), qui a évoqué un financement régional par le Fonds de soutien aux sociétés sportives. Le Syndic lui a répondu que ce Fonds est destiné au fonctionnement des clubs qui forment des jeunes, et que le financement des infrastructures est du ressort de la CIEHL. L'alimentation de celle-ci se faisant à raison de 5 francs par habitant par année, il est évident qu'il faudrait alors augmenter de manière importante la contribution des communes. Le rapport a été accepté à l'unanimité.

Le guide-câbles de la Place du Marché est une "encouble" pour les piétons.

Deux autres objets ont été ensuite étudiés par le Conseil. Tout d'abord, un crédit de Fr. 175'000.- a été accepté quasiment sans débat pour l'installation de huit armoires électriques sur la Place du Marché. Ces équipements doivent répondre aux besoins des utilisateurs, et tout particulièrement des marchands du marché, qui sont actuellement obligés de tirer des câbles pour se relier aux emplacements existants. Cela a pour conséquence le maintien de canaux de câbles (cf. photo ci-dessus) qui sont des gênes considérables pour les passants et en particulier les utilisateurs de chaises roulantes ou de poussettes. Répondant à une question de M. Alain Gonthier (Alt), la Municipale Elina Leimgruber a précisé que ces armoires seraient utilisables au-delà de la Fête des Vignerons.
Le second crédit, de Fr. 1'023'000.- permettait de financer des travaux urgents sur des bâtiments communaux. La commission, dans son rapport, proposait même d'augmenter ce crédit de Fr. 50'000.-, ce qui permettait de prévoir des toits végétalisés sur certains immeubles.
Plusieurs représentants du PLR (M. Christian Roh, Mme Danièle Kaeser, M. Vincent Imhof) ont exprimé leur accord mais en englobant la somme dans le crédit initial, sans augmentation.
La Municipale Elina Leimgruber a défendu que le projet n'avait pas de marge permettant d'absorber ce surcoût. Au vote, l'amendement a été accepté de justesse par 41 oui contre 39 non.
L'éventualité évoquée par M. Alain Gonthier que ce soit la commune et non Romande Energie qui installe les panneaux solaires prévus, chiffrée à un surcoût de Fr. 100'000.-, n'a finalenent pas été soumise au vote mais pourrait se concrétiser par le Fonds pour les énergies renouvelables.
Finalement, la demande de crédit augmentée à Fr. 1'073'000.- a été acceptée très largement.


Les toits des salles de gym de l'Aviron, à côté du SIGE, seront recouverts de végétation (ci-dessus), tout comme ceux de la garderie des Marionnettes à Louis-Levade. Cette végération permet de capter les poussières, de fixer le CO2, d'augmenter l'humidité et d'améliorer même le fonctionnement des panneaux photovoltaïques installés dessus !


La zone de rencontre de la rue des Deux-Marchés a été équipée de manière complète..

Un autre objet a vu M. Alain Gonthier et le Syndic Laurent Ballif se renvoyer la balle. Une interpellation du premier demandait quelles étaient les règles concernant les zones 30 km/h et la manière dont elles étaient appliquées. Malgré une réponse détaillée à cette interpellation, M. Gonthier a réitéré son inquiétude sur le risque pouvant exister pour les piétons, à quoi le Syndic n'a pu que préciser les normes légales et le contrôle par Sécurité Riviera.

Plusieurs communications étaient des réponses à des interpellations. La première venait de M. Vladimir d'Angelo qui demandait qu'on étudie l'offre d'une déchetterie privée. L'auteur de la demande n'a pas été satisfait de la réponse, bien que le Municipal Jérôme Christen ait rappelé que la commission Déchets était favorable à une structure publique.
La réponse à M. Patrick Bertschy (PLR), qui s'inquiétait de savoir si la Municipalité avai prévu des économies en constatant un tassement des impôts, a suscité chez l'interpellateur une satisfaction mitigée.
Le thème principal de ces débats a été la réponse à l'interpellation Studer (Alt) à propos de la nouvelle imposition des entreprises (RIE 3). La Municipalité a répondu dans le détail en mettant en avant les immenses incertitudes qui existent encore. La perte fiscale estimée pour Vevey à 3,2 millions devrait être compensée en large partie par la péréquation cantonale et un apport financier pour l'accueil de jour.
M. Alain Gonthier a bien évidemment, dans le contexte de la prochaine votation sur ce sujet, contesté l'argumentation de la Municipalité. Le Syndic, dans un exercice de style visiblement apprécié par le Conseil, a étayé la position municipale en évoquant la vision qu'il avait de cette nouvelle imposition. 
Plusieurs orateurs de différents partis ont apporté également leur soutien à ce que M. Bertschy a qualifié de "compromis favorable au fonctionnement du canton". M. Christan Roh a rappelé également que la priorité était d'une part de réagir aux pressions visant à supprimer les statuts spéciaux et d'autre part de conserver les emplois et les entreprises dans le canton.

Les dernières communications, même celle établissant le niveau d'endettement et de cautionnement de la commune au 31 décembre, n'ont suscité pratiquement aucune réaction. Signalons que Vevey est endettée en valeur nette (après déduction de 21 millinos de liquidités) à la fin de l'année à hauteur de 178 millions, soit 1,2 millions de plus seulement qu'à fin 2014.
Le Conseil a terminé avec les dernières interventions, dont le postulat de M. Julien Rilliet (Soc), qui demande que la Municipalité envisage un processus afin de faciliter le travail des petites entreprises qui peinent à gérer des apprentis. En raison des inconnues que recèle cette question, il a été décidé de transmettre le projet à une commission qui fera rapport.
Le postulat suivant émanait de Mme Danièle Kaeser, qui s'inquiétait du caractère malcommode de la double demi-rampe installée il y a deux ans sur les escaliers de Saint-Martin, et sous une autre forme dans le passage sous-voies est de la gare. Bien que le Syndic ait précisé que toute la zone Saint-Martin est en classe 1 et que le canton s'oppose à toute autre forme d'action sur ces escaliers, une majorité de 38 contre 34 avec 5 abstentions a décidé de renvoyer ce postulat à la Municipalité, qui devra expliciter le problème.
Le Municipal Rivier a ensuite apporté des réponses à des questions posées lors de Conseils précédents, notamment l'utilisation du quai par les véhicules de police, ce qui n'a pas convaincu M. Patrick Bertschy. Il a également donné des nouvelles de cloches de la ville, plusieurs installations ayant dû être révisées après des dysfonctionnements sonores.
M. Serge Doriot (PLR) ayant posé une question au Syndic sur l'opportunité de mettre certaines rues de Plan-Dessus en sens unique, celui-ci lui a répondu que ce n'était pas dans les vues du Plan de mobilité et d'urbanisme (PMU) et qu'il n'en était donc pas question.


Mme Danièle Kaeser a pu se considérer comme satisfaite avec la prise en considération de son postulat sur les escaliers de Saint-Martin.