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Fin de législature: le Conseil prend congé du Syndic


Le Conseil du 23 juin 2016 a marqué la fin d'un cycle, avec le discours d'adieu du Syndic Laurent Ballif après dix ans de fonction. Mais l'ordre du jour était également chargé, avec plusieurs rapports sur des objets pouvant influencer sur l'avenir de Vevey.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N17080/conseil-communal-du-23-06-2016.html

Vu le nombre d'objets restant de la séance du 16 juin, on pouvait craindre de ne pas arriver au bout du programme. Mais le Président Peter Schuseil avait fixé comme règle qu'on en terminerait à 22h au plus tard avec les délibérations, pour pouvoir procéder aux opérations protocolaires de fin de législature.


Le Président Peter Schuseil a honoré particulièrement trois conseillers qui ont décidé de mettre fin à leur carrière après de nombreuses législatures. Il s'agit de Mme Marie-Catherine Destraz (6 législatures), de M. Jean-François Martin (8 législatures) à gauche et de M. Serge Doriot (7 législatures) à droite.  


Le président-rapporteur de la commission, M. Vincent Matthys (Soc), a été le porte-parole de ses collègues pour déposer l'initiative personnelle.


M. Antoine Stubi (Verts) a été de ceux qui sont déçus mais qui ne pensent pas utile de s'opposer au rapport.

La séance a commencé avec un objet symbolique pour l'avenir de la ville, puisqu'il s'agissait du rapport rendu par les experts chargés d'étudier la faisabilité d'une fusion à dix ou d'une nouvelle gouvernance pour les communes de la Riviera.
Ayant une très longue habitude de la collaboration intercommunale, la région a développé plus de 70 structures destinées à régir à peu près tous les domaines de compétence communale. Mais elles se sont mises en place au coup par coup, pour résoudre un problème ponctuel. Il n'y a aucune systématique en ce qui concerne ni la forme juridique ni le type de délégation des communes.
De ce fait, les Conseils communaux sont souvent confrontés à des objets élaborés dans ces cercles plus ou moins informels. La responsabilité démocratique en est diluée. D'un autre côté, le caractère non formalisé de certains de ces organes, comme la Conférence des Syndics qui est une simple amicale, empêche la Riviera de parler d'une seule voix et d'avoir un poids dans les négociations cantonales correspondant à son importance réelle.
Le diagnostic posé par les experts reflète cette situation et fait l'inventaire de ces carences. Mais il écarte l'hypothèse d'une fusion à dix, en raison de sa complexité et du manque d'unanimité en la matière, pour proposer un processus progressif d'amélioration de la gouvernance régionale.
Ces propositions ont été considérées comme minimalistes par tous les observateurs, mais rares ont été les personnalités qui ont proposé de rejeter le rapport. L'analyse est là, c'est les conséquences qu'il faut chercher à influencer.
La commission du Conseil de Vevey était peu enthousiaste, avec 3 oui, 1 non et 5 abstentions ! Les représentants des partis qui se sont exprimés ont été aussi réservés dans leur accueil. Il n'y a guère que M. Alain Gonthier (Alt) qui se soit astreint à critiquer le contenu du rapport, relevant des objectifs trop tournés vers la croissance et la compétition. Quant au Syndic, il a répété lui aussi sa déception mais invité à clore ce chapitre en adoptant le rapport, tout en laissant ouverte la porte à des décisions plus originales.
Au vote, l'objet a été adopté à une majorité assez claire avec quelques refus et de nombreuses abstentions. Mais le Président de la commission, M. Vincent Matthys (Soc), au nom de 8 des 9 membres de ladite commission, a alors présenté le texte que les commissaires désiraient faire passer comme "Initiative individuelle au Conseil".
Cette démarche, très rare, est prévue dans le Règlement du Conseil et permet à une ou plusieurs personnes de faire prendre à l'assemblée une décision ferme dans son domaine de compétence. Comme le Conseil a dans ses compétences celle d'en référer au peuple (par le référendum spontané par exemple), l'initiative en question demande à la Municipalité de consulter la population sur une double question: Etes-vous favorable à une fusion à dix ? Si certaines communes ne le désirent pas, êtes-vous favorable à une fusion avec celles qui y sont prêtes ?
Le Président ayant considéré que cet objet devait engager les prochaines autorités, le débat à ce propos aura lieu lors de la première séance de la nouvelle législature, début septembre. 

L'objet suivant n'était qu'un crédit de Fr. 200'000.-, mais il a enflammé les débats surtout à cause des portes qu'il pouvait entrouvrir. La Municipalité demandait en effet un crédit complémentaire destiné à finaliser les études en vue de la construction d'un parking d'environ 300 places à Entre-Deux-Villes. Ce montant devait permettre d'arriver au stade de la demande de permis de construire, étant entendu que la décision de réaliser le parking et le choix du partenaire seraient alors soumis au Conseil.
Les craintes les plus diverses se sont exprimées dans cette affaire, déjà lors de l'étude en commission. La Municipalité a dû fournir en urgence un document supplémentaire évoquant tous les emplacements envisagés pour de nouveaux parkings et l'état d'avancement des études.
Cela n'a apparemment pas suffi puisque la commission a voté à l'unanimité un crédit supplémentaire de Fr. 100'000.- pour une étude préalable ! Et tout cela a finalement donné lieu à deux rapports: la majorité demande d'octroyer le crédit demandé plus les 100'000 francs, la majorité s'en tient uniquement à l'étude préalable et n'octroie par le crédit de Fr. 200'000.-.
Le débat au Conseil a bien illustré l'embrouillamini de ce projet. La Municipalité ayant évoqué trois modèles de gestion du futur parking, y compris le fait que la rentabilité en sera très faible au début, les conseillers se sont essentiellement exprimés à propos des problèmes financiers du futur parking.
Les partis désireux d'avoir un parking et pas opposés à ce qu'il soit installé à cet emplacement (PLR, UDC, VL) étaient partagés face aux 100'000 francs supplémentaires demandés. Parmi les opposants, on trouvait Alt, les Verts et le PDC, les socialistes étant divisés mais majoritairement défavorables.
Malgré la tentative du Président de ramener le débat à son sujet, soit le crédit de Fr. 200'000.-, les discussions ont été vives et hétéroclites. Au vote final, le rapport de minorité, qui n'accordait qu'un crédit pour l'étude préalable, l'a emporté. Le Conseil sera donc nanti d'ici quelques mois de cette étude et, en principe, d'un nouveau crédit pour finaliser le projet s'il se justifie. La crainte d'avancer a déjà fait capoter le parking sous la Place du Marché en 2009, on verra si elle est aussi efficace pour celui d'Entre-Deux-Villes.


Respectivement rapporteurs de minorité et de majorité, M. Alain Gonthier et Mme Muriel Higy Schmid ont fait confiance au Président pour la procédure de vote.

M. Christian Roh (PLR) a exprimé un avis favorable au projet de parking mais sans désirer une étude complémentaire.


A l'occasion de la dernière séance du Syndic Laurent Ballif, toute sa famille était présente dans le public.

Deux autres objets moins lourds de sens ont malgré tout soulevé des interrogations et des inquiétudes. Le premier est un crédit routier de Fr. 1'015'000.- destiné à des réaménagements de surface à trois endroits en ville. La seule partie qui a suscité des débats a été la rue du Torrent, qu'il est prévu de repenser urbanistiquement pour l'adapter à la vitesse de 30 km/h, comme tous les tronçons donnant accès à la Place du Marché.
Mme Sabrina alla Palma, au nom des Verts, a regretté le manque d'information reçues en commission à propos de ces aménagements. Elle a critiqué la modicité des travaux envisagés et a proposé deux amendements.
Le Syndic Laurent Ballif a insisté sur le fait que ces aménagements sont indispensables pour que le canton autorise la mise en 30 km/h. De plus, ils ont déjà fait l'objet d'une mise à l'enquête, avec des oppositions. Toute modification imposerait une nouvelle mise à l'enquête, soit un retard de plusieurs mois.
Au final, les deux amendements ont été très largement rejetés et le crédit global a été accepté à une très confortable majorité.
Le dernier objet financier était un crédit de Fr. 183'000.- destiné à la mise à niveau du réseau informatique pédagogique des écoles. Les communes devant légalement fournir à l'Education, régie par le canton, des locaux complètement équipé, cet investissement ne peut guère être contesté.
M. Alain Gonthier a toutefois mis en doute que le Wi-Fi soit indispensable, craignant le smog électrique. Des informations précises ont été apportées sur ce point et sur celui de la fibre optique communale par le rapporteur de la commission, M. Pascal Molliat (VL).
Au vote final, le crédit n'a suscité que deux oppositions et quelques abstentions.

 

 

Cette fin de législature a vu également la fin du mandat du journaliste Christophe Boillat (ci-contre), qui sera dorénavant affecté au bureau d'Aigle de 24 Heures.

La fin de l'ordre du jour comportait encore des réponses à des postulats ou à des interpellations. Celle au postulat Jacques Décosterd (PLR) à propos du bruit et des incivilités au Parc Doret n'a pas vraiment convaincu. Une lettre de voisins lue en début de séance critiquait d'ailleurs le contenu de ce rapport.
Tous les membres du Conseil qui se sont exprimés ont mis l'accent sur la nécessité de continuer les efforts pour préserver la tranquillité des riverains tout en laissant l'accès aux utilisateurs du parc. Le rapport a été accepté largement, avec quelques abstentions et une opposition.
Par son postulat, Mme Danièle Kaeser (PLR) demandait qu'on modifie les escaliers de l'église Saint-Martin. Selon elle, le dispositif installé pour faciliter le passage des poussettes et des vélos n'est pas adéquat. Sans nier que l'utilisation demeure compliquée, surtout en raison de la pente des escaliers, le rapport affirmait qu'il n'était pas possible, légalement ni financièrement, de faire autrement. Le Conseil, malgré l'insatisfaction de Mme Kaeser, a adopté ce rapport très largement.
En réponse à diverses questions des Verts sur le projet d'agglomération Rivelac, un rapport très complet a été fourni au Conseil. Mme Sabrina dalla Palma a posé plusieurs questions complémentaires, ainsi que M. Bastien Schobinger (UDC), auxquelles le Syndic a apporté les réponses nécessaires.
Enfin, M. Julien Rilliet (Soc) a déposé une interpellation sur la retransmission des matches au Rivage, GOAL. Le Municipal Etienne Riviera a répondu à satisfaction à ces questions.


Mme Sabrina dalla Palma a été très incisive dans ses questions, tant pour l'aménagement de la rue du Torrent, où ses amendements ont été refusés, que sur le projet d'agglomération Rivelac.


Accolade entre le Syndic sortant Laurent Ballif et la future Syndique Elina Leimgruber.

La partie protocolaire a vu tout d'abord M. Francis Baud (VL) proposer, au nom du Président sortant de charge, que le jeton de présence de la soirée soit remis à l'Association des familles avec enfants atteints du cancer, ce que le Conseil a accepté à l'unanimité.
Ensuite, Mme Muriel Higy-Schmidt a lu une lettre de l'ancien Municipal Pierre Aguet faisant l'éloge du Syndic sortant Laurent Ballif.
Celui-ci a pris la parole pour la traditionnelle "laudatio" du Président sortant, M. Peter Schuseil. Il a relevé son aisance dans la fonction, conjuguant rigueur et décontraction.
Il a également salué le départ du journaliste de 24H Christophe Boillat, qui couvrait ce soir-là son dernier conseil de Vevey, étant appelé à se concentrer à l'avenir sur Aigle et le Chablais.
Enfin, le Syndic a tenu le discours de fin de mandat que chacun attendait, mais avec une tonalité plutôt sombre quant à l'ambiance vécue ces dernières années. Il a relevé en particulier la dégradation des rapports entre l'Exécutif et le Législatif depuis l'apparition des problèmes financiers en 2012, chacun se sentant obligé de proposer une alternative à ce que proposait la Municipalité.
Après avoir relevé la difficulté de la tâche face à des conseillers parfois très versatiles et inconséquents, le Syndic a conclu en souhaitant le meilleur aux nouvelles autorités, conscient malgré tout que les problèmes demeurent.
En réponse en quelque sorte à ce discours, Mme Elina Leimgruber, future Syndique, a remercié le Syndic Laurent Ballif de son engagement. Sans prétendre faire un bilan de ces dix ans, elle a surtout relevé l'ambiance de travail et la confiance collégiale de la Municipalité sortante, ainsi que la personnalité forte de son collègue.
Pour conclure la séance, le Président Peter Schuseil a prononcé quelques mots sur son expérience, tout en remerciant sa famille et son parti qui l'ont soutenu durant cette année.
Pour la fin de la soirée, les conseillers étaient conviés pour une agape d'après-spectacle, au cours de laquelle les derniers vœux ont pu être prononcés en vue de la prochaine législature.

 

Le Syndic félicite et remercie le Président sortant de charge, M. Peter Schuseil.