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La Municipalité visite Armée XXI le 13 mai 2005

Dans le cadre d'une présentation des développements futurs d'Armée XXI, la Municipalité de Vevey a effectué, vendredi 13 mai, une visite de plusieurs structures militaires du canton.

Sous la direction du Brigadier Chabloz, Commandant de la brigade d'infanterie 2, une délégation comprenant notamment trois Préfets et la Municipalité de Vevey in corpore a été invitée à une journée de visite. Elle a pu en particulier se rendre à Bière où se trouvent deux équipements de haut niveau destinés à la formation des servants de chars.

Le Brigadier Chabloz (tout à droite) a présenté l'escouade chargée d'accompagner la délégation durant la journée. Elle comprenait en particulier le Colonel Pierre-André Perrenoud (à gauche des militaires sur la photo), Secrétaire municipal de Vevey.

En raison des heures obligatoires que doivent faire les pilotes militaires durant l'année, les invités ont pu profiter d'un hélicoptère militaire pour les principaux déplacements de la journée, le retour de St-Maurice s'effectuant par contre en car.

Bière abrite deux systèmes de simulation permettant d'améliorer la formation des servants de chars de combat.
Le premier de ces simulateurs, installé dans un blockhaus blindé, a été développé par l'armée afin de diminuer la nécessité de tirer à obus réels sur les terrains d'entraînement Six cabines reproduisant à l'identique les instruments et la disposition d'une tourelle de char sont reliées à un programme informatique déroulant d'une manière interactive un paysage dans lequel se meut le véhicule blindé. Les servants sont appelés à effectuer les mêmes gestes avec une munition identique à celle d'un engagement réel. La précision est de taille puisque les obus en question pèsent plus de 50 kg et que leur manipulation est une partie importante de la formation.
L'utilisation de cette machinerie, si elle a nécessité un investissement très important pour le matériel et surtout le développement du logiciel qui la pilote, permet d'économiser des sommes très importantes puisqu'une seule journée d'engagement des blindés dans le terrain coûte plusieurs centaines de milliers de francs.

 

Le second système est un simulateur de conduite pour chars, tout à fait comparable aux nombreux simulateurs existant sur le marché pour les ordinateurs. Le Syndic Dominique Rigot et le Municipal Pierre Ducraux n'ont pas résisté à l'envie de s'y risquer. Pour M. Rigot, les 480 chevaux du char n'ont pas été une nouveauté mais, par contre, l'encombrement et la largeur du véhicule lui ont fait ramasser quelques panneaux !



Dernière présentation à Bière: le transport de troupes blindé Piranha, l'un des plus modernes, qui équipe en particulier les Marines américains.

Le Secrétaire municipal et les municipaux ont testé d'abord le confort des sièges !

Les invités ont pu faire un galop d'essai dans le terrain de Bière avec ce véhicule.

Alors que le Syndic se glissait, juste le temps d'une photo, à la place du conducteur, Pierre Ducraux semblait s'informer si un tel véhicule était éventuellement reconvertible en transport de jardiniers avec possibilité de monter une lame pour l'hiver...

Après un vol en hélicoptère au-dessus du Léman et jusqu'aux Dents-du-Midi, la délégation est arrivée à Dailly. Il s'agit d'une fortification datant de l'immédiat après-guerre et aujourd'hui totalement désaffectée. Initialement conçue pour desservir deux grosses pièces d'artillerie destinée à protéger le goulet de St-Maurice dans la théorie du "réduit national", elle a cessé de jouer son rôle avec l'avènement des nouvelles stratégies d'Armée 95 d'abord puis d'Armée XXI.

Après les équipements techniques sophistiqués de Bière, les invités se sont plongés, à Dailly puis à St-Maurice, dans des époques de plus en plus reculées de la défense du territoire.

Cette fortification impressionnante, qui n'est plus gardée aujourd'hui que par une poignée de garde-forteresse seuls héritiers des techniques utilisées pour faire fonctionner cette véritable usine d'armement, s'étend sur plusieurs dizaines de kilomètes de galeries taillées dans la roche.

Le plan général présenté sur la photo de droite en haut montre le soin extrême apporté aux systèmes de sécurité et de doublage, en particulier un double puits incliné permettant de changer, en une journée, le fût de 5 tonnes du canon en cas de défaillance.

La salle de commande (ci-dessus) est un modèle industriel de l'état de la technique suisse en matière de mécanique et de micro-mécanique au début des années 50. Les quelque 2'800 contacteurs à lamelles ont été si précisément conçus et soigneusement entretenus qu'ils n'ont pratiquement pas connu de pannes.

Le canon principal pouvait tirer jusqu'à 25 kilomètres - pratiquement jusqu'à Villeneuve - à un rythme maximum de 22 coups à la minute. Une telle cadence nécessitait d'une part 100'000 litres d'eau pour refroidir le canon (comme aurait dit Fernand Raynaud) et d'autre part une véritable chaîne de montage des obus (à droite).

La fortification de Dailly est désaffectée depuis plus de 10 ans. Les questions qui se posent sont celles de sa démilitarisation complète, voire de sa reconversion, peut-être en un musée des défenses alpines.

 

Seule installation technique encore pleinement opérationnelle à Dailly: le funiculaire. Reliant la fortification au fort de Savatan, où était cantonnée la troupe, il plonge dans les entrailles de la montagne sur près de 800 mètres.

Parfaitement entretenu parce que seul lien entre les deux structures, il permet également d'assurer la maintenance des différentes conduites qui empruntent son conduit (eau, électricité, communications).

Cet étrange véhicule, hybride de "love tunnel" et de train fantôme, comprend deux cabines, qui se frôlent à mi-parcours. (A droite) Le Municipal Pierre Ducraux se penche dangereusement hors de la cabine au moment même où l'autre s'approche.

En fin de journée, le Brigadier Chabloz a encore fait visiter à la délégation une curiosité méconnue de la région de St-Maurice. Il s'agit des fortifications construite par le Général Dufour, vainqueur de la guerre du Sonderbund et grand stratège militaire. Entre 1830 et 1850 environ, il fit édifier un ensemble de fossés et de postes d'artillerie afin de fortifier le haut de la falaise située sur la rive droite du Rhône au goulet de St-Maurice.

Si la forêt a repris ses droits depuis les dernières adaptations de ces ouvrages militaires, à la fin du 19e siècle, des panneaux mobiles ont permis de mieux visualiser la répartition de ces constructions. Un chemin didactique existant devrait vraisemblablement être réhabilité afin de maintenir le souvenir de cette page d'histoire militaire du canton.

La dernière étape fut pour la localité de St-Maurice même, où le Président de commune offrit le verre de l'amitié à la délégation au caveau communal.

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