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Questions de personnes et projets immobiliers au Conseil du 1er septembre 2005

Le Conseil communal de Vevey, pour sa reprise après la pause estivale, a frôlé la canicule au thermomètre politique. La Municipalité a fait une déclaration commune sur "l'affaire de mobbing", trois préavis ont été acceptés sans discussion, et les Cadets ont été la cause d'une dure empoignade.

L'événement à haute valeur politique de cette soirée a été la déclaration de la Municipalité, faite en tout début de séance, à propos de la procédure ayant conduit à la condamnation de la ville dans une affaire de mobbing. Même s'il date de 1996, cet épisode est à l'origine de nombreuses interventions du Conseil, relayées par la presse, et la Municipalité a tenu à mener une enquête interne à propos de pièces dont elle ignorait l'existence. Au terme de ses premières investigations, elle a prié le Conseil de bien vouloir l'excuser de certaines réponses erronées apportées aux interrogations émises par des conseillers communaux. Il apparait en effet que le dossier dont elle disposait était incomplet, l'ancien avocat-conseil et actuel Syndic Dominique Rigot ayant omis de remettre certaines pièces à l'avocat à qui il a transmis l'affaire.
Par cette explication, la Municipalité se désolidarise donc du Syndic, qui a toujours affirmé que ces pièces n'existaient pas. En réponse, le Syndic Rigot a cependant confirmé ses déclarations récentes à la presse selon lesquelles il aurait effectivement transmis ces pièces à la Municipalité en son temps.
Consécutivement à cette prise de position municipale, le Groupe radical a fait lire par le conseiller Jean-François Mottaz une déclaration dénonçant le revirement de la Municipalité, qui avait jusqu'alors soutenu son Syndic. Il a placé cette attaque dans le contexte d'un début de campagne électorale et a réaffirmé son soutien à son représentant à la Municipalité, rappelant le fait qu'il avait été élu à ce poste par une majorité de la population veveysanne.


Le débat suivant la déclaration de la Municipalité a vu surtout s'exprimer des conseillers, de droite comme de gauche, lassés de cette polémique et désireux de ne pas perdre de temps avec des attaques personnelles. 

En tout début de séance, un problème de procédure a occupé le Conseil. Lors du débat sur le nouveau règlement des horaires d'ouverture des magasins, un alinéa avait été omis dans l'annexe reproduisant le règlement existant. Lorsqu'il a refusé une modification de l'article contenant cet alinéa, le Conseil a donc maintenu la disposition conférant à la Municipalité la compétence de convenir avec la Société industrielle et commerciale (SIC) de Vevey chaque année du jour d'ouverture prolongée. Sur le plan de la stricte compétence réglementaire, la Municipalité avait donc la possibilité d'autoriser les commerces à ouvrir dorénavant le vendredi jusqu'à 20h et non plus le jeudi.
Cette interprétation des faits, présentée par le Municipal Dupont, a été contestée par plusieurs conseillers. Le Président s'est réservé un délai afin d'évaluer si le Conseil avait été induit en erreur lors de sa décision par l'absence de cet alinéa. En tout état de cause, si cette disposition devait focaliser la contestation, chaque conseiller peut déposer une motion afin de la modifier.

Au chapitre des motions et interpellations, une motion a été déposée par le conseiller socialiste Jean-Marie Racine, qui demande que la Municipalité se préoccupe des artisans et artistes des Temps Modernes qui ont reçu leur congé pour le début de l'année prochaine. Proposition est faite de cautionner ceux d'entre eux qui désireraient s'installer dans de nouveaux locaux, voire d'acquérir un immeuble dans le quartier des Bosquets à cet effet.


L'immeuble vendu est la maison étroite en 2e position depuis la droite.

Trois préavis de la Municipalité ont été acceptés quasiment à l'unanimité, voire sans aucune opposition.

- Vente de l'immeuble No 61 de la rue d'Italie: La commune avait acheté cet immeuble en 1964 à l'époque où l'on imaginait devoir élargir la rue d'Italie, et pour avoir son mot à dire dans l'élaboration du plan de quartier. Maintenant qu'un promoteur envisage de rénover tout l'angle Italie/Léman, la Municipalité estime judicieux de lui céder ce bâtiment étroit et exigu, sans possibilité de développement. Le Conseil accepte avec 3 oppositions seulement.

- Crédit de 370'000 francs pour la réalisation de deux giratoires: Le croisement situé à l'entrée du pont de Gilamont est extrêmement dangereux, et la commune demande depuis longtemps que le canton y installe un giratoire. Comme il s'agit d'une route cantonale, c'est l'Etat qui est maître-d'oeuvre. Le canton a finalement accepté et le coût de la réalisation est divisé en trois, 200'000 francs pour chaque partenaire (Etat, St-Légier, Vevey). La ville en profite pour installer un giratoire au carrefour Praz-Rio Gredon, également dangereux, qui facilitera l'accès aux nouveaux immeubles construits dans la montée et sur le plateau de Praz. Le préavis est accepté à l'unanimité.

- Crédit spécial de 90'000 francs pour la climatisation du Musée Jenisch: L'installation existante est hors d'usage et le risque est grand de voir des oeuvres de grande valeur endommagées par les écarts de température. Le Conseil accepte sans opposition ce projet déjà réalisé en raison de l'urgence, étant entendu que le nouveau matériel sera conservé lors de la prochaine réfection du musée.

Plusieurs communications sont transmises, dont certaines répondent à des interpellations déposées par des membres du Conseil.
- La Municipalité met un terme à la controverse sur la circulation à la rue du Léman en répondant en annonçant à M. Jérôme Christen l'abandon de la procédure à la suite d'un recours déposé.
- En réponse à Mme Fabienne Despot, la Municipalité trace un bref historique de l'achat du Château de l'Aile, de l'évaluation de son prix, des acheteurs rencontrés depuis une quinzaine d'années et des projets avortés. Quelques questions sont restées malgré tout sans réponse.
- L'ouragan du 18 juillet dernier a touché quasiment tous les quartiers et tous les bâtiments de la ville. L'Eglise Notre-Dame (env. 100'000 francs) et l'Ecole de la Part-Dieu (env. 45'000 francs) sont ceux où les dégâts, assurés par l'ECA, sont les plus importants.
- La Municipalité a commencé à faire analyser ses bâtiments pour déceler la présence éventuelle d'amiante. Il en a déjà été trouvé dans plusieurs d'entre eux, mais le spécialiste mandaté n'a relevé aucune fibre libre dans l'air des locaux. Des travaux de longue haleine seront cependant entrepris, qui devraient dépasser le million pour l'ensemble des propriétés communales.

Dans le cadre des attaques personnelles, le président du Conseil, M. Jean-Pierre Boillat, s'est vu reprocher avec virulence de mener les débats sans faire abstraction de son appartenance partisane. Outre cet aspect passionnel, plusieurs conseillers ont contesté sa manière d'interpréter le règlement en ce qui concerne les motions d'ordre.

Le Conseil communal de Vevey a eu en effet recours à plusieurs reprises ces derniers mois à cet outil réglementaire, qui permet d'interrompre un débat jugé trop long et de passer directement au vote.



A gauche, M. Jean-Pierre Boillat en compagnie de la Secrétaire du Conseil, Mme Carole Dind.

Parmi les communications de la Municipalité, l'une d'elles concernait la recente annonce de démission collective de tout l'état-major des Cadets. Comme une lettre aux parents avait été envoyée à son insu, elle a tenu à rectifier plusieurs points erronés et à relever le caractère outrancier de certaines affirmations contenues dans ce courrier.
Au nom du Groupe radical, le conseiller Henri Chambaz n'en a pas moins attaqué très durement le Municipal socialiste Pierre-Alain Dupont, en charge de l'Education, à ce propos. Reprenant certains des griefs émis par le commandant des Cadets, il a demandé des explications principalement sur deux points:
- la cohabitation chaotique des Cadets et du Club alpins dans les locaux situés dans les combles du Collège 1838
- l'absence de réaction du Municipal de tutelle après la dénonciation de certains comportements douteux dans ces locaux communs.

Le Municipal a répété sa volonté de concilier les deux sociétés en conflit en faisant appel à leur bon sens, sans avoir à trancher en faveur de l'une ou de l'autre. L'attitude parfois intransigeante du commandant des Cadets, ainsi que le caractère dissipé de certains jeunes grimpeurs, n'a rien fait pour calmer le jeu. Ce n'est finalement qu'il y a quelques semaines que la Municipalité s'est résignée à dissocier les deux sociétés et à attribuer un nouveau local au Club alpin. Mais la gestion de cette crise, qui concernait plusieurs dicastères (éducation, jeunesse, gérances), n'a pas été facile.
A propos des autres allégations, le Municipal a réaffirmé n'en avoir eu connaissance que très récemment. Il évaluera si de tels comportements justifient l'ouverture d'une enquête, voire une dénonciation à l'autorité pénale.



M. Henri Chambaz, en tant qu'ancien cadet et également que membre honoraire du Club alpin, aurait aimé ne pas voir ce conflit ainsi dégénérer.

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