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Un Conseil chaotique et avorté le 29 septembre 2005

La tension est encore montée d'un cran au Conseil communal, à l'image de l'ambiance politique en ville de Vevey. La séance du 29 septembre a ainsi dû être interrompue après une heure et demie de débat, l'ensemble de la gauche ayant décidé de quitter la salle. En effet, il n'y avait plus dans la salle que 46 conseillers, alors que le quorum pour pouvoir valablement délibérer est 51.

Les hostilités ont démarré d'emblée, au moment du vote sur l'ordre du jour déjà. La contestation portait sur la présence de M. Vladimir d'Angelo au sein de la commission des finances. Et la situation est devenue carrément bloquée au moment où le Conseil a commencé à aborder les objets principaux de l'ordre du jour, en particulier les préavis très politisés sur l'arrêté d'imposition, les travaux prévus en bordure du Jardin du Rivage et la motion Pascal Nicollier demandant que la Municipalité informe le Conseil sur l'activité de la Conférence des Syndics du district.

       
La controverse a rebondi après l'interruption de la séance entre le Président et M. d'Angelo

A la suite d'un grave désaccord avec le groupe socialiste, M. Vladimir d'Angelo a fait savoir au Président qu'il siégerait dorénavant en qualité d'indépendant. On l'a ainsi trouvé non plus à sa place habituelle, à l'avant de la partie gauche du Conseil, mais dans les bancs à l'arrière de sa partie droite, cotoyant les conseillers du PDC.
La controverse a eu lieu dès qu'il s'est agi d'adopter l'ordre du jour. Le Président avait mis un point 5 prévoyant l'élection d'un nouveau membre de la commission des finances, en remplacement de M. d'Angelo. Deux positions se sont heurtées brutalement, les uns considérant que M. d'Angelo ne pouvait plus occuper un siège dans cette commission qui devait revenir au groupe socialite, les autres estimant que M. d'Angelo devait aller au terme du mandat pour lequel il a été élu.
Au vote, cette seconde position l'a emporté assez largement, ce point étant retiré de l'ordre du jour, ce qui suscita l'ire des socialistes. Une grande partie d'entre eux décida alors de quitter la salle. Un contrôle des présences indiqua cependant que le quorum était toujours atteint à ce moment-là, si bien que la séance put se poursuivre.

 

Le Président du Conseil a procédé à l'assermentation d'une nouvelle conseillère communale pour le groupe socialiste. Mme Irène Wettstein a prêté serment, en remplacement de M. Jean-Luc Mojonnier, qui n'habite plus à Vevey.

Trois interpellations ont été déposées durant la première partie du Conseil.

M. Jérôme Christen (Vevey Libre) a posé différentes questions à la Municipalité quant à sa position face au Riviera Lodge. Cet établissement hôtelier de style "auberge de jeunesse" est installé à la Grand-Place 5 et cherche des possibilités d'extension, soit dans le bâtiment même, soit dans celui attenant (photo de gauche). Le Syndic Dominique Rigot a donné quelques éléments de réponses, qui seront complétés par un rapport écrit.

M. Werner Riesen (UDC) a posé plusieurs questions précises à la Municipalité quant à ses interventions pour sauver les clubs de basket et de football de la ville, notamment sur le contrôle que l'Exécutif communal pouvait avoir des comptes de ces sociétés.

Mme Joëlle Zaugg (PRD) a fait référence à l'actualité culturelle en s'inquiétant de l'engagement de la Municipalité en faveur des Nomades. La compagnie de danse a en effet dû renoncer à une tournée avec son dernier spectacle. La Municipale Madeleine Burnier a rappelé le soutien sans faille de la Municipalité aux Nomades, qui va se poursuivre à l'avenir.

Le premier rapport concernait les demandes d'agrégation à la bourgeoisie de 28 personnes, dont un grand nombre occupait toutes les places réservées au public (cf photo ci-contre). La procédure se déroula normalement, avec distribution puis récolte des bulletins de vote. Les scrutateurs se retirèrent ensuite pour procéder au dépouillement, et le Conseil s'apprêta à poursuivre son ordre du jour.
C'est à ce moment que M. Jean-François Martin, conseiller socialiste demeuré jusqu'alors dans la salle, annonça qu'il était resté uniquement pour permettre à cet objet précis de se dérouler normalement, par respect pour les candidats à la naturalisation présents dans la salle. Mais lui et les autres membres de la gauche veveysanne encore présents se retirèrent alors, ne pouvant admettre que des objets essentiels pour l'avenir de la ville soient traités par un demi-conseil. Leur départ ramena le nombre de conseillers présents (y compris les scrutateurs occupés dans un local annexe au dépouillement du vote) à 46.
Le quorum n'étant plus atteint, le Président ne put qu'interrompre la séance, l'ensemble des objets non traités étant de ce fait reportés à la prochaine séance du 10 novembre.
On signalera à ce propos que cela a une conséquence institutionnelle curieuse, puisque les communes vaudoises avaient constitutionnellement jusqu'au 30 septembre pour se prononcer sur un éventuel changement de leur représentation (nombre de membres du Conseil et de la Municipalité). Cet objet n'ayant pu être traité, Vevey en demeure donc au statu quo, ce qui était d'ailleurs la proposition de la Municipalité ainsi que de la très large majorité de la commission ayant étudié ce sujet.

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