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Visite des travaux de la flèche de Notre-Dame

Les autorités de Vevey et La Tour ainsi que les commissaires des deux communes qui ont étudié le projet de réfection de Notre-Dame ont eu la possibilité de visiter les travaux en ce début de novembre. Ils ont pu constater que la reconstruction des parties déplacées par l'orage de juillet dernier va bon train.



L'architecte du proje, M. Ivan Kolecek, accompagnait les visiteurs jusqu'au sommet de la tour. Ses commentaires avisés ont été un enrichissement pour toutes les personnes intéressées à cet édifice, dont la première pierre a été posée en 1869 et qui a été consacré en 1872.

M. Jean-François Richard, qui suit les travaux pour le Service technique de l'Equipement de la ville de Vevey, a rappelé les différentes étapes du projet, qui est né des inquiétudes aussi bien des utilisateurs de l'église Notre-Dame que des spécialistes quant à l'état sanitaire de la flèche. On imaginait il y a quelques années que toutes les pierres étaient dégradées et qu'un risque réel d'effondrement subit existait.


En réalité, les premiers sondages dans le matériau de cette flèche ont montré que les pierres étaient encore généralement en bon état, et que le cerclage intérieur posé il y a une soixantaine d'années demeurait opérationnel. Par contre, certaines parties nécessitaient des renforcements et des pierres isolées pouvaient même tomber à l'intérieur du clocher.
Le gros orage du 18 juillet dernier a eu des effets dévastateurs sur la tour Notre-Dame tout particulièrement. Outre les nombreux vitraux percés par les grêlons, c'est la flèche elle-même qui a été atteinte. Poussée par le vent et par l'échaffaudage qui reposait sur elle, la partie supérieure s'est descellée et a bougé de près de 15 cm.
Cette fois, le risque d'une chute de la flèche devenait très important, et les responsables du chantier ont entrepris de démonter pierre par pierre toute la partie supérieure de la flèche, en numérotant soigneusement chaque composante.

En quelques mois, les travaux de reconstruction ont progressé à vive allure. A l'emplacement où le socle de la flèche avait bougé sous l'action du vent, une dalle transversale a été coulée. Elle sert dorénavant de base au puzzle qui est en train d'être reconstitué.

Sur les deux photos ci-dessus, on voit l'état des lieux au point le plus haut actuellement reconstruit. Les pierres occupant la face sud-est étaient, avant même la tempête, les plus endommagées. Un grand nombre d'entre elles ont dû être remplacées par de nouvaux blocs de molasse, plus gris. Le dégrossissage a été fait en usine, et ce sont maintenant les artisans tailleurs de pierre qui font les finitions des sculptures et moulures nécessaires pour retrouver l'état d'origine. Ensuite sera fait le scellement définitif des pierres. La patine du temps, appuyée par les micro-organismes et les lichens, aura tôt fait de recouvrir l'ensemble et de faire disparaître les différences de teinte.

Afin de garantir le montage des pierres en respectant la courbure désirée de la flèche, des fils ont été tendus depuis le socle de départ jusqu'à un point de fuite situé à l'endroit idéal où devra se situer le sommet définitif de l'édifice. On voit sur la photo de gauche ci-dessus ces fils qui disparaissent vers cet apogée hypothétique.

Les cloches de l'église n'ont pas bougé durant les travaux et n'ont pas souffert des intempéries. Par contre, les outrages causés par les pigeons seront éliminés au moment de l'achèvement des travaux de finition !

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