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Le Conseil adopte le budget 2007 et serre la bride à la Municipalité

Au cours d'une soirée axée sur les finances, le Conseil communal a adopté, jeudi 7 décembre 2006, le budget 2007 proposé par la Municipalité quasiment sans modification. Il a en revanche voulu brider quelque peu la Municipalité en limitant le plafond d'endettement à 135 millions au lieu des 150 demandés.


Le Président Jean-Daniel Tenthorey a procédé à une nouvelle assermentation, celle de Mme Vera Feuerstein (ci-dessus, Verts) en remplacement de Mme Esther Gonzalez. Quant à M. Nicolas Gerber (Alternatives) qui n'a toujours pas pu être assermenté depuis son entrée en fonction, un délai ultime lui a été donné au 14 décembre, faute de quoi il sera considéré comme démissionnaire.
Le Conseil a adopté à la quasi-unanimité, gauche et droite confondues, le projet de budget 2007 qui lui était soumis.

La plupart des sujets de l'ordre du jour étaient d'ordre financier. Outre le budget de la Ville pour 2007, le Conseil était appelé à se prononcer sur le budget du Fonds culturel Riviera, qui distribuera dès l'an prochain des subventions à cinq nouvelles institutions, dont quatre à Vevey (Guinguette, Grenette, Oriental, Lanterne magique). Ce fut l'unanimité avec une abstention.
Le budget de la Communauté intercommunale d'équipe du Haut-Léman n'a suscité que deux abstentions, alors que celui de la Commission de contrôle régionale de la Protection civile a eu droit à trois votes négatifs et quatre abstentions.
Les autres objets ont été traités sur la base des rapports de la Commission des finances, présidée par M. Jean-Pierre Narbel (PDC, photo de droite à côté du Président de séance). Les membres de ladite commission ont étudié à fond le budget ainsi que la proposition de la Municipalité à propos du plafond d'endettement, que toutes les communes ont dorénavant l'obligation légale d'adopter pour la législature.

Au terme de son étude, la Commission des finances ne proposait finalement au Conseil que trois amendements: une modification de la présentation des comptes du site internet de la ville sans toucher au montant prévu, une coupe dans les frais d'entretien des bâtiments concernant la salle du Conseil et le rajout d'un montant au Musée suisse d'appareil photographique pour corriger l'oubli du salaire d'un auxiliaire.
Le Conseil a approuvé ces trois amendements, ce qui correspond globalement à une diminution de dépenses de 5'000 francs. Le budget tel qu'adopté prévoit donc des charges pour Fr. 101'421'700.- et des recettes pour Fr. 100'070'000.-, ce qui donne un déficit prévu de Fr. 1'356'700.-, avec une marge d'autofinancement de Fr. 5'129'400.-.
M. Marc-Henri Tenthorey (photo de droite, UDC) a représenté plusieurs amendements qui n'avaient pas trouvé grâce devant la Commission des finances. Il a parfois été bousculé par son Président de père, M. Jean-Daniel Tenthorey (photo de gauche) !



Au Grand Conseil (ci-dessus), l'écran permet d'afficher les amendements en cours de discussion ou de vote.

Plusieurs amendements ont visé des dépenses concernant l'Intégration des étrangers (cours pour les enfants, animation multiculturelle), la gestion du personnel (frais du grabeau) ou la culture (subvention à l'Oriental), présentés le plus souvent par les membres de l'UDC, MM. Marc-Henri Tenthorey, Bastien Schobinger et Werner Riesen. Ils ont tous été repoussés avec de très larges majorités.
Un autre amendement, devenu traditionnel à Vevey, proposait de supprimer tout financement aux Cadets, ou alors de le transférer dans le compte regroupant les subventions aux associations de jeunesse. La proposition de M. Sven Tobler (Alternatives) a été combattue par le Municipal Jérôme Christen et finalement repoussée assez largement.
L'amendement de la Commission des finances à propos de la salle du Conseil visait à exiger de la Municipalité un préavis spécifique pour l'achat et l'installation d'un équipement informatique et multimédia à installer à la Maison du Conseil. Les membres de l'assemblée ont largement soutenu cette vision, qui leur permettra de préciser les limites de l'investissement à consentir.
Le Syndic Laurent Ballif tenta en vain d'expliquer ce que devrait être cette installation, destinée à rendre les mêmes services qu'au Grand Conseil et qui serait mise à la disposition aussi bien de la Municipalité que des membres du Conseil. La Municipalité devra donc passer par la voie d'un préavis pour définir les besoins et les désirs de l'assemblée délibérante en la matière.


Le Syndic montre l'emplacement prévu du projecteur et précise les travaux de câblage et de menuiserie (encastrement dans le plafond) prévus.


Le socialiste Gilbert Dutruy (ci-dessous) a contesté la manière dont la Commission des finances a étudié le préavis sur le plafond d'endettement.

Si le projet de budget n'a pas suscité d'opposition réelle, il n'en a pas été de même du préavis sur le plafond d'endettement. La Municipalité demandait au Conseil de l'autoriser à aller jusqu'à 150 millions au cours de la législature, alors que l'endettement de Vevey est actuellement de 113 millions plus 12 millions de ligne de crédit, soit 125 millions. Elle désirait, avec cette marge, absorber un alourdissement prévisible de l'endettement pour financer, en plus d'une soixantaine de millions d'iinvestissements auto-financés,  deux projets considérés comme rentables bien que nécessitant le recours à un emprunt hypothécaire pour un total de 20 à 25 millions.
Tous les projets de la Municipalité figurent dans le Plan des investissements publiés il y a un mois par la Municipalité, et le Conseil sera appelé à se prononcer sur chacun d'entre eux, y compris les montant nécessaires à l'entretien des biens communaux, pour lequel un gros rattrapage est prévu. Les deux projets pour lesquels la Municipalité prévoit de recourir à un emprunt sont la rénovation des tours de Gilamont et la construction d'un parking sous la Place du Marché, ce dernier devant être soumis au Conseil à l'issue d'une étude décidée par les élus en 2001 déjà.
Si le projet de rénovation à Gilamont a été accepté comme nécessaire et souhaitable, la construction d'un parking sous la Place du Marché a fédéré deux types d'opposants: ceux qui ne veulent pas de parking, et ceux qui en veulent un, mais entièrement financé par l'économie privée. La position défendue par M. Francis Baud (Vevey Libre) visait à diminuer le plafond d'endettement prévu de 15 millions afin de contraindre la Municipalité à ne pas utiliser cette marge pour un éventuel parking. Les partis socialiste, par la voix de M. Gilbert Dutruy, et radical, par celle de M. Patrick Bertschy, ont contesté l'utilisation de cette outil de planification économique pour en faire un moyen d'empêcher la Municipalité d'amener devant le Conseil des projets sur lesquels celui-ci se doit de pouvoir voter, ils n'ont pas été entendu. Au vote à bulletin secret, demandé par Vevey Libre (M. Werffeli), 49 voix ont soutenu l'amendement à 135 millions alors que 35 voix approuvaient la proposition de la Municipalité.
Cette décision, qui devra être soumise au Conseil d'Etat en tant qu'autorité de surveillance, fixe le cadre financier de l'activité de la Municipalité jusqu'en 2011. En fonction de la bonne santé des finances communales ces dernières années, la marge obtenue par la Municipalité devrait lui permettre malgré tout de proposer au Conseil de se prononcer sur l'essentiel du Plan des investissements prévu, le cas du parking devant être apprécié en fonction de l'endettement effectif de la ville au moment où le projet pourrait se réaliser. Le cas échéant, la Municipalité a d'ores et déjà exprimé son désir de voir la population se prononcer sur le projet de parking souterrain grâce au référendum automatique.



M. Francis Baud (ci-dessus) a présenté un long réquisitoire contre les projets de la Municipalité, alors que M. Michel Werffeli (ci-dessous) a demandé le vote à bulletin secret sur cet objet.

Au terme de ces deux longs débats sur le budget 2007 et le plafond d'endettement, le Conseil communal a paru se désintéresser de la publication faisant l'objet de la seule communication de la Municipalité à l'ordre du jour. Il s'agissait du Programme de Législature, englobant à la fois la vision politique de l'exécutif pour ces cinq prochaines années, ses projets précis dans les différents domaines, ainsi que le Plan des investissements déjà dévoilé il y a un mois. Ce document, sous forme d'une petite brochure jaune, est un objet à la réalisation duquel les Municipaux ont consacré beaucoup de temps, et ils étaient ouverts à une discussion générale sur leur réflexion.

En raison de l'heure tardive (il était plus de 23h), le Président préféra toutefois couper court à un éventuel débat. La conseillère verte Mme Birgitta Bischoff (à droite en bas), qui avait préparé quelques questions à l'intention de la Municipalité, a clairement laissé entendre qu'elle désirait rouvrir la discussion sur ce sujet lors de la prochaine séance du Conseil, le 14 décembre. Cet objet pourrait donc revenir à l'ordre du jour avant Noël.


Cette séance du Conseil était retransmise par ICI-TV, et il convient de relever que l'une des escarmouches du budget concernait précisément la retransmission télévisée. La Municipalité proposait de faire passer le budget de Fr. 40'000.- à Fr. 70'000.-, ce qui permettrait de retransmettre toutes les séances du Conseil, pour assurer une meilleure information à la population et une transparence maximale des débats. La Commission des Finances s'était ralliée à cette vision, mais un amendement a été présenté en plenum par M. M.-H. Tenthorey (UDC) afin de ramener ce montant à Fr. 50'000.- . Cet amendement fut très nettement rejetté.


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