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La Municipalité autorisée à finir l'étude du parking à la Place du Marché

Lors de sa première séance de l'année, jeudi 1er février 2007, le Conseil a très clairement rejeté une proposition demandant le gel du crédit destiné à financer l'étude d'un parking souterrain à la Place du Marché. Le Syndic s'est engagé à venir devant le Conseil d'ici l'été avec un projet ainsi que le résultat de toutes les études entreprises depuis cinq ans.

L'ordre du jour de cette séance n'était guère copieux en projets et rapports, mais l'essentiel de la matière était à trouver dans les interventions annoncées par différents membres du Conseil. En début de séance, le Président M. Jean-Daniel Tenthorey a assermenté un nouveau membre, M. Umberto Dragone, en remplacement de M. Stéphane Baudin (Rad), démissionnaire. En outre, M. Dragone remplacera également M. Baudin au Fonds d'Urbanisme alors que Mme Vera Feuerstein (Verts) y remplacera Mme Esther Gonzalez, dont elle reprend également la place au sein de la Commission de recours en matière d'informatique.

Le Président a eu fort à faire pour mener les débats.


Située à l'origine hors les murs, la Place du Marché est a toujours occupé des fonctions multiples, en plus d'accueillir les marchés hebdomadaires. L'essor de l'automobile l'a transformée en parking à ciel ouvert, pénalisant les autres utilisations possibles (carte postale de 1900 environ).


Prestation de serment de M. Umberto Dragone.

Quatre préavis ont été déposés par la Municipalité et seront étudiés par une commission qui rapportera lors de la prochaine séance.

- Crédit d'étude pour la 2e étape des travaux de l'église catholique Notre-Dame (après l'étape de la réfection du clocher, cf. photo de droite)

- Crédit supplémentaire pour le projet de rénovation des installations sportives de Copet

- Deuxième série de crédit complémentaires au budget 2006

- Etat des motions en suspens et demande de prolongation de délais pour leur traitement

M. Francis Baud a lancé la proposition.

Le sujet "chaud" de cette séance était la proposition déposée par le groupe Vevey Libre (VL) et visant à supprimer le solde du crédit voté en 2001 pour l'étude d'un parking souterrain sous la Grand Place. Par cette démarche, VL entendait empêcher la Municipalité d'aller au terme des études entamées il y a plus de 5 ans et la contraindre à reprendre l'étude du parcage à Vevey dans une perspective globale.
Le point de vue de Vevey Libre a été développé par l'auteur de la proposition de décision, M. Francis Baud, ainsi que par M. Pascal Nicollier (photo de droite), juriste qui a formalisé cette procédure extrêmement inhabituelle dans un conseil communal. VL avait complété cette proposition par une motion demandant l'étude en urgence d'un aménagement provisoire de la Grand Place, en attendant que les études soient achevées.
Tous les partis se sont exprimés sur cet objet, et il est apparu immédiatement un clivage très net entre les Verts et Alternatives, qui soutenaient Vevey Libre dans l'idée de diminuer voire de supprimer la présence des voitures au centre ville, et tous les autres partis qui désiraient en tout état de cause que les études entreprises arrivent à leur terme.


M. Patrick Bertschi a présenté la position du parti radical, opposé à la proposition de Vevey Libre, et critiqué également sa démarche en général. 

Le Syndic Laurent Ballif exprima la position de la très large majorité de la Municipalité et fit l'historique des événements ayant conduit, en 2001, le Conseil à octroyer ce crédit d'étude de 880'000 francs. A l'époque, les mêmes arguments que ceux défendus aujourd'hui par les adversaires du parking avaient donné lieu à un rapport qui avait été balayé par 50 voix contre 24, et mandat avait été donné à la Municipalité d'étudier un parking souterrain de 280 places.
Plusieurs études intermédiaires ont été menées en parallèle à celle du parking lui-même, qui ont permis d'analyser dans le détail la circulation et le parcage en ville de Vevey. Elles ont débouché sur un rapport détaillé des besoins en matière de parking dans les différentes zones de la ville ainsi que sur un nouveau plan des circulation, que la Municipalité a laissé en suspens dans l'attente d'une décision concernant la Place du Marché.
A son entrée en fonction, la nouvelle Municipalité a pris connaissance de l'état d'avancement du projet. Elle a constaté que la pré-étude de parking était achevée, mais juste pour une variante à 400 places.
En conclusion, le Syndic demandait que le Conseil autorise la Municipalité à achever les dernières études complémentaires encore nécessaires, afin d'arriver avec un projet comprenant à la fois un parking souterrain de 280 places, une proposition pour l'aménagement et l'occupation de la surface, ainsi que toutes les informations obtenues au cours des études menées ces dernières années.


Le Syndic a présenté un exposé complet de l'historique de cette affaire et la liste des études déjà réalisées. 


Au nom du parti socialiste, M. Jean-Marie Racine a demandé au Conseil de ne pas prendre en considération la proposition de Vevey-Libre.

Durant la discussion, les partis radical, libéral, socialiste, PDC et UDC ont exprimé leur incompréhension face à la démarche de Vevey Libre et de ce qui apparaît comme une démarche visant à empêcher de trancher sur une question qui agite les esprits depuis des décennies. De son côté, M. Francis Baud ainsi que les représentants des Verts et d'Alternatives ont répété leur méfiance vis-à-vis d'un futur projet de la Municipalité qu'ils ressentent comme inadéquats et ne prenant pas en compte tous les paramètres de la circulation à Vevey et de la qualité de vie.
Paradoxalement, plusieurs conseillers communaux opposés sur le fond à la construction d'un parking souterrain sont venus également exprimer leur opposition à la proposition de Vevey Libre. M. Serge Ansermet (Soc), qui avait été le rédacteur du rapport négatif balayé en 2001, a précisé qu'il admettait le jeu démocratique et qu'i considérait que le crédit accordé devait déboucher sur un préavis de la Municipalité.
L'argument de l'économie à réaliser en gelant le solde du crédit s'est en grande partie dégonflé au vu des chiffres fournis par la Municipalité dans une communication et par le Syndic dans son exposé. En effet, en tenant compte des travaux déjà effectués et de la nécessité de toute manière d'étudier un aménagement de surface, l'économie potentielle ne dépasse guère 100'000 francs, alors que l'achèvement des études n'épuiserait même pas la totalité du crédit de 880'000 francs (total prévu: 840'000.-). 


M. Serge Ansermet (Soc) avait été le rédacteur du rapport refusé en 2001. Par cohérence, il a demandé à ce que le projet soit étudié jusqu'à son terme.


La forme de cette proposition étant peu commune, les spécialistes ont beaucoup discuté sur la manière de la traiter. M. Alain Gonthier est en grande conversation avec M. Lionel Girardin (Soc), vice-président du Conseil.

La procédure de vote a suscité quelques hésitations, en raison de l'absence dans le Règlement du Conseil de dispositions précises concernant une "Proposition de décision" telle qu'imaginée par ses auteurs. Elle fut finalement traitée comme une motion, dans l'attente de la nouvelle version du Règlement qui inclura cette nouveauté constitutionnelle.
Au vote final sur cet objet, qui eut lieu au bulletin secret à la demande d'un membre de Vevey Libre, la proposition de supprimer le solde du crédit a été rejetée à une majorité encore plus nette que le vote de 2001. Ce sont finalement 57 voix qui se sont opposées à cette proposition, contre 22 qui l'ont soutenue, avec 3 bulletins blancs. Au vu de ce résultat, Vevey Libre a retiré sa motion qui demandait un aménagement provisoire de la surface.
De ce fait, la Municipalité a donc le feu vert pour mener à leur terme les études en cours et pour préparer un projet de parking souterrain de 280 places et un aménagement de surface. Répondant à une question dans ce sens, le Syndic confirma que le Conseil aurait en mains, à ce moment-là, toutes les études menées depuis 2001, y compris celle pour un parking de 400 places.

 
Malgré le vote à bulletin secret, les conseillers Burgi et Zaugg n'ont pas voulu cacher leur opinion !

 

Plusieurs autres interventions de conseillers ont été déposées, dont deux postulats concernant le Logement, que la Municipalité à accepté de se voir renvoyer directement pour étude et rapport. Celui de M. Olivier Pilloud (PDC) demande une étude d'un subventionnement aux familles, celui de Mme Birgitta Bischoff (Verts) désire que la Municipalité élargisse les conditions d'octroi des appartements subventionnés.
M. Eric Gavin (Soc) a déposé une interpellation à propos des zones à vitesse limitée, à laquelle le Municipal Pierre-Alain Dupont a donné une réponse partielle qui sera complétée par écrit pour la prochaine séance. Une seconde interpellation a été le fait de M. Lionel Girardin (Soc), à propos de la qualité de l'air et de la pollution due à la circulation en ville de Vevey, qui elle aussi aura droit à une réponse écrite.

M. Olivier Pilloud a déposé un postulat au nom du PDC (photo de gauche).


M. Eric Gavin (Soc) présente son interpellation au Président.

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