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Effets dévastateurs des orages sur les rives veveysannes

On a peine à imaginer la force de l'eau lorsqu'elle s'engouffre en masse dans une brèche ou se rue le long des enrochements posés par l'homme. A Vevey, les orages de la nuit de mardi 2 à mercredi 3 juillet 2007 ont laissé des traces évidentes sur les berges de la Veveyse ainsi que le long des rives du lac.


Devant les anciens ateliers mécaniques, toute une portie de la berge a été emportée par la rivière. Les restes de l'enrochement qui se trouvent encore dans le lit de la Veveyse montrent bien le poids des blocs arrachés à la rive. D'autres blocs ont été descellés en face de cet emplacement ainsi qu'un peu plus haut, juste en dessous du stade de Copet (photo ci-dessous à gauche).


Les services de la ville ont entrepris immédiatement de sécuriser les abords de ces effondrements, en particulier lorsque la berge au-dessus était accessible au public. Selon la loi concernant l'entretien des cours d'eau, les réparations des zones endiguées est à la charge du canton. Par contre, les emplacements situés sous les ponts desservis par la commune sont à la charge de celle-ci.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la zone de la Veveyse a vécu des événements uniques dans son histoire, en tout cas selon les enregistrements existants et la mémoire des hommes. En effet, alors que le débit normal de la Veveyse est de 4 à 10 m3/seconde, notre torrent a connu durant cette nuit une crue énorme, atteignant pratiquement le maximum estimé pour la crue milléniale (qui doit se produire une fois par millénaire !). Cette norme avait été fixée à 160 m3/s lorsque les travaux ont été entrepris, il y a trois ans, pour réhausser les ponts et surélever les digues de la partie inférieure du cours de la Veveyse.
A 2h du matin, la station hydrologique fédérale automatique située derrière le terrain de Copet a enregistré... 157 m3/seconde ! Au-delà de 160, la Veveyse aurait débordé dans son lit inférieur, et aurait vraisemblablement envahi le lit de secours aménagé à travers le Jardin Doret.
Ce débit est le plus élevé jamais enregistré par cette station depuis 27 ans qu'elle a été mise en service, le maximum précédent n'étant que de 87 m3/s. Les personnes intéressées peuvent d'ailleurs obtenir ces relevés automatiques en se rendant sur le site internet du Service hydrologique national. Le graphique ci-dessous, qui résume l'évolution de la semaine en question, montre bien ce pic incroyable aussi bien du débit que du niveau de l'eau.
La hauteur de la Veveyse a effectivement été impressionnante, avec un niveau maximum dépassant la cote 397m, soit plus de 3m au-dessus de son niveau normal. Dans ces conditions, on comprend que l'eau ait affleuré le tablier du pont de la place de la gare, avec à peine 10 cm de marge. Ce passage est visible aux traces laissées sur les bords du lit, avec les arbustes écrasés jusqu'au niveau de la route, des troncs abandonnés et des masses importantes d'alluvions amassées dans le lit primaire.


Le Lignarius, le bateau du SIGE spécialement équipé pour récolter le bois flotté, a travaillé d'arrache-pied avec tout le personnel possible durant la semaine afin d'éliminer les plus gros troncs. Ceux-ci peuvent en effet être dangereux même pour les roues à aubes des grosses unités de la CGN. Ce vendredi, il y avait trois énormes bennes pleines de bois devant la station de l'Aviron, et le travail était loin d'être fini !

Les deux bateaux pique-bois du SIGE sont intervenus en renfort des services communaux pour déblayer le bas de la Place du Marché. Trois camions ont éliminé le bois flotté accumulé dans cette petite baie, dont plusieurs troncs énormes mettant en péril les bateaux de loisirs entreposés à cet endroit.

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