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Le Conseil adopte au pas de charge son budget 2008

L'adoption du budget communal pour 2008 a été réglée en à peine deux heures le 6 décembre 2007. Parmi les amendements proposés par la Commission des finances, certains n'ont pas trouvé grâce aux yeux du Conseil, qui a par contre fait preuve d'un peu de mauvaise humeur à l'encontre des pompiers.

En début de séance, la Présidente, Mme Alexandra Melchior, a procédé à l'assermentation de M.  Studer en remplacement de Mme Catherine Comte (Alternatives). En outre, la commission chargée d'étudier la motion de M. Stéphane Molliat (Vevey Libre) pour un parking derrière la gare a été désignée.


Une classe de l'Ecole du Haut-Lac était dans le public durant toute l'étude du budget. Ces élèves avaient choisi comme thème d'instruction civique de suivre un objet traité devant le Conseil communal.

Enflammé et parfois virulent, M. Marc-Henri Tenthorey (de dos) est souvent l'animateur de débats d'idées, mais aussi l'auteur de "mots" qui détendent l'atmosphère (photo ci-contre).


M. Pascal Nicollier est très intéressé par les sujets intercommunaux et attend toujours une réponse à son interpellation à propos des projets d'agglomération. La Municipalité s'est excusée de ne pas pouvoir lui répondre avant janvier.

Trois préavis ont été déposés et donneront lieu à rapport au début de l'an prochain:
- réaffectation de l'ancienne prison en maison des associations;
- rapport-préavis sur la motion Danièle Kaeser (Lib) pour uén soutien à la musique classique;
- soutien à l'organisation sur la Riviera des Jeux internationaux des écoliers en 2009.

Un préavis intercommunal sur l'adaptation de la taxe de séjour à la nouvelle loi cantonale sur le sujet a été accepté à l'unanimité avec 6 abstentions. Cette taxe intégrera dorénavant le montant abandonné par le canton, fournissant des ressources supplémentaires à la région sans charger les touristes qui la paient.
Sur les trois budgets intercommunaux soumis au Conseil, deux ont donné lieu à de petits débats qui se sont achevés avec quelques abstentions mais sans oppositions. Celui du Fonds culturel Riviera n'était pas contesté (toutes les communes y contribuent à raison de 48 francs par habitant), mais les Conseillers auraient aimé avoir le nom des institutions à subventionner. Comme l'a exprimé Mme Madeleine Burnier, la Municipalité transmettra l'an prochain cette liste extraite des comptes de l'années précédente. Mais le Syndic Laurent Ballif a également rappelé, tout comme le conseiller Alain Gonthier (Alternatives), que le principe d'une structure intercommunale voulait que celle-ci exerce dorénavant seule la compétence que les communes membres lui ont confiée.
Le budget de la Communauté intercommunale d'équipement du Haut-Léman (CIEHL) contient un montant de 100'000 francs destiné à l'étude d'un projet d'agglomération, ce qui a satisfait M. Pascal Nicollier (Vevey Libre), qui avait déposé une interpellation pour connaître les intentions de la région en la matière.
Quant à la Protection civile, elle n'a donné lieu à aucun débat mais a suscité l'opposition de 3 sceptiques et 2 abstentions.


Le Syndic Laurent Ballif est intervenu à propos des structures intercommunales. Cette question revient régulièrement au Conseil et suscite de nombreuses interrogations. La Municipalité doit fournir au début 2008 une réponse à deux interpellation sur ce sujet.

Au moment où le débat sur le Budget 2008 s'ouvrait et où le Président de la Commission des finances, M. Stéphane Molliat (Vevey Libre), venait de lire les conclusions de son rapport, le Syndic a apporté au Conseil le seul chiffre qui manquait: celui de l'indexation. Depuis plusieurs années, Vevey prend le chiffre de l'inflation à fin novembre pour déterminer à quelle hauteur les salaires des employés communaux seront adaptés. Le budget contenait le chiffre de 0,8%, évaluation réaliste au moment de son élaboration en août, mais la hausse du pétrole a fortement pesé sur l'inflation ces deux derniers mois. Finalement, c'est 1,79% que la commune versera, mais le 1% supplémentaire par rapport au budget peut être absorbé par la masse des 23 millions de salaires sans qu'il soit nécessaire de modifier ce poste. 

Le premier amendement de la CoFin portait sur le poste Informatique. Elle proposait de couper 33'000 francs, prévus pour l'extension du wi-fi (internet sans fil) jusqu'au port de plaisance. Le Syndic a eu beau jeu de rappeler que c'était en réalité un voeu de la commission de gestion et que la Municipalité ne faisait que s'y conformer. Parmi les partisans de cette coupe se sont exprimés MM. Marc-Henri Tenthorey (UDC), Patrick Bertschy (Rad) et Jean-Marie Racine (Soc), alors que la position opposée a été défendue par MM. Francis Baud (Vevey Libre), Vladimir d'Angelo (PDC) et Pierre Clément (Lib). Finalement, ce complément à la couverture des quais a été acceptée (c'est-à-dire que la coupe a été refusée) par 48 contre 25 et 3 abstentions.

L'antenne installée sur la façade de la bibliothèque assurer la couverture de la portion de quai jusqu'à l'Alimentarium. C'est une installation similaire qui devrait prendre place près du port de plaisance.


Le wi-fi est utilisé très largement dans toute la zone desservie, à tout moment et en toutes saisons, et dans des conditions de travail parfois pas trop désagréables.


M. Marc-Henri Tenthorey est conscient des difficultés que traverse actuellement le corp des Cadets. Il ne demandait pas le rétablissement d'une subvention à une activité fantôme, mais un montant symbolique pour organiser des contacts avec des personnes intéressées.

Plusieurs services n'ont pas été touchés par les amendements de la CoFin, comme Services sociaux, Finances ou Finances. Les Espaces publics ont dû, par contre, admettre une coupe de 20'000 francs dans l'achat de graines, mais le Municipal Marcel Martin avait admis en commission que cela ne pénaliserait pas la décoration de la ville.

Par contre, le Conseil s'est offert à nouveau, selon sa propre tradition interne, son débat sur les Cadets. Le Municipal Jérôme Christen répondant au Conseilller Henri Chambaz (Rad) a d'ailleurs fait rire en relevant que cette tradition était la seule dont on pouvait être certain qu'elle durerait éternellement, beaucoup plus que celle des Cadets !

Il faut dire que la Municipalité, constatant que le corps est actuellement en sommeil et qu'il n'y a donc pas de charges à financer, avait mis le poste à zéro. Sans contester ce fait, M. Marc-Henri Tenthorey (UDC) a tenté de réintroduire malgré tout juste 1'000 francs, pour ne pas laisser cette ligne vide et maintenir une petite pression sur la Municipalité pour qu'elle maintienne le contact. La même position a été défendue par Mme Josette Barhoumi (Soc), très proche des cadets et critique sur les démarches déjà entreprises.
Alors que la Municipalité n'avait pas d'objection à ce petit signal à donner aux amis des Cadets, cet amendement a été rejeté à une très large majorité.


M. Umberto Dragone a soulevé le lièvre des équipements spécifiques du corps de Vevey.

D'une manière très surprenante, c'est le coprs des pompiers, habituellement préservé des luttes politiques, qui a été l'objet des coupes les plus importantes.
La Commission des finances proposait déjà de renoncer à une dépense de 50'000 francs (30'000 francs à charge de Vevey, 20'000 pour La Tour-de-Peilz) destinée à financer l'achat d'un véhicule pour les officiers. Nouveau Municipal en charge de ce dicastère, M. Lionel Girardin a eu fort à faire pour tenter de convaincre le Conseil de l'utilité de cet achat, et surtout du montant nécessaire. Au final, la coupe a été acceptée avec une faible majorité de 38 contre 31, avec 10 abstentions.
Mais le plus surprenant a été une seconde attaque portée contre les pompiers par le Conseiller Dragone, sur un poste concernant l'achat d'équipement non financé par l'ECA. Un montant de 30'000 francs correspondait à des vêtements de travail pour les pompiers; M. Umberto Dragone a fait savoir que ce montant était à charge du Centre de Vevey parce qu'il était différent de l'équipement standard que l'ECA finance intégralement.
Cette information, malgré les nuances apportées par le Municipal, a été suffisante pour faire que l'amendement soit très largement accepté et que les pompiers voient donc leur budget amputés de 30'000 francs supplémentaires.

 
Si le matériel roulant lourd (ci-dessus)  n'est pas touché, le Conseil a refusé un crédit pour un véhicule léger d'accompagnement.


Le bâtiment du Rocking-Chair a retrouvé son équilibre avec une nouvelle équpe.

90'000 ou 100'000 francs ? C'est la valse-hésitation qui a agité le débat sur la Culture à deux reprises.
La première occurence de cette alternative a été suscitée par une proposition d'amendement de M. Jean-Daniel Tenthorey (UDC), qui demandait que la subvention au RKC soit ramenée à son niveau de l'an dernier. Municipale en charge, Mme Madeleine Burnier n'a guère eu de difficulté à convaincre en revenant sur l'évolution très favorable du RKC depuis 3 ans, après une restructuration importante et des efforts déployés afin de retrouver un équilibre financier parfait. Alors que le RKC touchait un montant de 100'000 francs depuis sa création, la diminution à 90'000 francs avait été décidée afin d'éponger une dette auprès de la commune. Aujourd'hui que la dette est remboursée et la situation assainie, il est normal de revenir à 100'000 francs. Le Conseil a suivi très largement cette position et la proposition de coupe n'a réuni que 6 avis favorables.
Le second débat sur les mêmes chiffres a portés sur les subventions diverses octroyées à des manifestations culturelles, que la Municipalité désirait porter à 100'000 francs. La Commission des finances proposait de rester au chiffre de 90'000 francs comme en 2007, mais elle n'a pas été suivie et son amendement a été refusé à une très large majorité par le Conseil.

M. Stefano Stoll lors de son discours récent pour les 15 ans du RKC, le 23 novembre dernier
(photo de droite).


Le journaliste Roland Guex (ICI-TV) met en exergue avec le Secrétaire municipal Pierre-André Perrenoud (présentateur de la séance à la télévision) le thème principal de cette soirée: la brochure contenant le budget 2008.

Au final, quelques critiques générales ont été émises à l'encontre de ce budget 2008, en particulier par M. Pierre Clément, qui a annoncé qu'il refuserait le budget et ne pouvait admettre qu'on présente ainsi un budget déficitaire. A quoi M. Jean-Marie Racine (Soc) a répondu qu'il aurait suffi, pour renverser la tendance, de se montrer un peu moins pessimiste au niveau des recettes fiscales. Le Syndic, quant à lui, exprima la position de la Municipalité et affirma que ce budget était établi sur des bases absolument saines et rationnelles: budget base zéro (on recalcule tous les besoins à partir de zéro sans tenir compte de l'année précédente), sincérité des données, garantie des recettes. Il précisa en particulier à l'attention de M. Pierre Clément que ce budget aurait été bénéficiaire si le dur travail de la Municipalité n'avait pas été gâché par le report de charge de la Confédération dans le cadre de la nouvelle répartition des tâches Confédération-Cantons (RPT), qui a représenté pour Vevey une charge nette supplémentaire de 3,5 millions.
Au vote final, le Conseil a adopté à une très large majorité, avec 6 voix contraires (libéraux et UDC) et 2 abstentions, un budget ascendant à 102'085'800 francs pour les Charges, 101'083'300 pour les Revenus, soit un déficit présumé de 1'824'500 francs. Mais ces chiffres doivent encore être contrôlés par le Chef du Service de Finances, M. Gilles Altermath, qui a été applaudi par l'assemblée pour son travail.
Dernier point à l'ordre du jour, le Plan des investissements n'a donné lieu à aucune question ou remarque. La Municipalité y annonçait pourtant une réévaluation des objets à réaliser d'ici 2011 pour un montant total de 99 millions, soit 18 de plus que dans le plan de l'an dernier. Mais chacun de ces projets fera l'objet d'un préavis spécifique et le Conseil pourra largement débattre de ces sujets ultérieurement.
Une autre communication de la Municipalité annonçait que les Services sociaux seraient dorénavant appelés Services des Affaires sociales et familiales.

Ci-contre: M. Pierre Clément (en haut) et M. Jean-Marie Racine (en bas).


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