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Démarrage en fanfare au Conseil avec le parking de la Place du Marché

En ouverture de l'année politique, le menu était chargé avec la séance spéciale du Conseil communal consacré à la Place du Marché et à l'éventuelle construction d'un parking souterrain. Aucune des solutions proposées par les différents groupes n'a trouvé de majorité, pas plus que le préavis municipal, et d'est le statu quo qui l'a emporté.

En début de séance, le Président rendit hommage au Conseiller communal Rolf Appenzeller (PDC), décédé subitement juste après Noël. Après la minute de silence de circonstance, il procéda à l'assermentation de son remplaçant, M. César Maldonado (photo ci-dessous). 

 

Le préavis déposé par la Municipalité en septembre 2008 a été soumis à l'examen d'une commission ad hoc, qui y a consacré quatre séances, soit une douzaine d'heures. Le texte était également soumis à la Commission des financnes, qui ne devait se pencher que sur l'aspect financier de l'opération, et la Commission d'aménagement du territoire a également rendu un avis consultatif sur la question.

 

Présidente et rédactrice du rapport de majorité de la commission, Mme Alexandra Melchior salue le Président avant de s'installer au pupitre des rapporteurs.

 

En juin 2001, le Conseil communal avait approuvé (50 voix contre 24 et 2 abstentions) une demande de crédit d'étude de Fr. 880'000.- en vue de la construction d'un parking souterrain de 2 niveaux pour un total de 280 places, avec maintien de 60 places en surface. A cette époque, le coût total de la construction était évalué à 14 millions.
Depuis lors, les municipalités successives se sont efforcées de remplir ce mandat, en explorant également des voies alternatives. Finalement, le projet a été complété d'une enquête approfondie auprès de la population, début 2008, afin de connaître le sentiment des Veveysans et des habitants de la région sur la vocation de la Place du Marché et du parcage en ville de Vevey.
Sur la base de l'ensemble des études menées depuis une dizaine d'années, avec des données actualisées, la Municipalité a déposé en septembre 2008 un préavis  répondant en tous points au mandat reçu en 2001:
- réduction du nombre de places disponibles de 440 à 340;
- construction d'un parking souterrain de 280 places pour un coût de 16 millions.
A cela s'ajoutait deux éléments complémentaires:
-  le choix de financer entièrement le parking souterrain par des fonds publics afin d'en conserver la maîtrise tant au niveau recettes qu'en matière tarifaire;
- une demande de crédit de Fr. 400'000.- afin d'organiser un concours d'architecte en vue du réaménagement de la surface de la place après la construction du parking.

La commission qui a étudié le projet a exploré les différentes variantes et s'est penchée point par point sur les différentes composantes du projet. Se fondant sur les différents scénarios définis par le groupe de travail qui a analysé les résultats de l'enquête auprès de la population (enquête "Albatros"), elle a construit une solution alternative comprenant une diminution du nombre de places de parc à 340 mais sans construction de parking souterrain. C'est à une très nette majorité (9 contre 4) que la commission recommandait au Conseil d'entrer en matière et de privilégier cette proposition plutôt que celle de la Municipalité.

Le début de la séance a été animé par plusieurs débats de procédure, dont on savait qu'elle pouvait avoir une influence importante sur le résultat des débats. Après avoir clarifié la question de savoir si ces points de procédure devaient être réglés avant ou après la lecture des conclusions des rapport (un de majorité et deux de minorité), la première demande a été présentée par Mme Danièle Kaeser (photo ci-contre) au nom du groupe libéral, celui d'un débat d'entrée en matière.
Un tel débat est demandé lorsqu'un groupe souhaite proposer de ne pas entrer en matière, c'est-à-dire de refuser d'étudier le projet et de le renvoyer à la Municipalité. Cette discussion fut assez rapidement menée car les groupes politiques avaient déjà eu l'occasion d'y réfléchir il y a une quinzaine de jours lorsque Vevey Libre avait déjà fait cette proposition à la Municipalité. Au vote, cette première proposition n'a été soutenue que par une quinzaine de conseillers et l'entrée en matière fut dont largement acceptée.

Le deuxième débat de procédure porta sur la manière d'étudier le préavis et de voter. Le Président M. Francis Baud proposait de traiter l'objet de manière globale, et donc de considérer chaque amendement comme portant sur l'entier du projet. Le Syndic M. Laurent Ballif, pour sa part, précisait que la Municipalité avait conçu ce préavis comme une suite de décisions partielles à prendre par le Conseil avant un vote final sur l'ensemble, ce qui était d'ailleurs la manière dont la commission avait fait son travail.
Espérant simplifier les débats, une majorité (51 contre 37) préféra la variante globale, ce qui eut certainement une influence sur le vote final.


Au vote sur l'entrée en matière, la proposition libérale a été largement rejetée.


La présence d'une location de bateaux au bas de la place n'a pas paru nécessiter de figurer dans le cahier des charges du réaménagement.

Un premier amendement fut proposé par M. Vladimir d'Angelo (PDC), demandant qu'on inclue dans le cahier des charges du concours visant au réaménagement de la Place du Marché l'obligation de maintenir la location de bateaux telle qu'elle existe aujourd'hui. Cet amendement non essentiel n'a pas étré considéré comme nécessaire en l'état et refusé par 44 voix contre 37 avec 8 abstentions.
Le 2e amendement déposé en début de soirée était plus fondamental, puisque M. Patrick Bertschy proposait, au nom des groupes radical-libéral, d'amender le point 1 en portant le nombre de places de parc à 500. Il précisait que l'objectif était de proposer ensuite la construction d'un parking souterrain de 400 places au lieu des 280 prévues. Cet amendement représentant en quelque sorte la version maximaliste de l'aménagement de la Place du Marché a été rejeté à une très large majorité.


M. Patrick Bertschy a proposé de prévoir à la Place du Marché 500 places de parc, en surface et en sous-sol.

L'étape suivante fut un double échec des propositions d'Alternatives (M. Alain Gonthier) et de l'UDC (M. Bastien Schobinger) qui, pourtant, allaient toutes deux dans le même sens: accepter la diminution à 340 places mais en l'assostissant de conditions: mesures compensatoires en matière de transports publics et d'un ou de plusieurs parkings pour Alternatives; uniquement construction d'un autre parking pour l'UDC. Le fait que les supporters de l'une des solutions  n'ont pas soutenu l'autre a fait que les deux ont été balayées, avec juste une quinzaine de voix favorables.

M. Alain Gonthier présente la vision d'Alternatives...

Finalement très proche de celle de l'UDC, par M. Bastien Schobinger.


M. Charly Teuscher présentait le rapport exposant la position socialiste.

Au terme de l'étude des amendements déposés en début de séance, le Conseil se pencha ensutie sur les trois rapports de la commission, considérés eux-aussi comme des amendements à la proposition municipale. Le rapport de M. Charly Teuscher, reprenant la position très majoritaire au sein du groupe socialiste, proposait de revenir au préavis municipal et d'accepter la construction d'un parking souterrain de 280 places et son financement public. Cet amendement n'a récolté qu'une trentaine de voix, essentiellement dans le groupe socialiste, et fut repoussé assez largement.
De la même manière, le second rapport de minorité, rédigé par M. Alain Gonthier, qui proposait d'envisager une diminution ultérieure supplémentaire du nombre de places de parc à la Place du Marché a été refusé nettement.


M. Pierre Clément s'est opposé à toute réduction au nom du parti libéral.

 
Le public était venu nombreux pour assister à cette séance, et il a fallu ajouter des siéges. Parmi les spectateurs, la Municipalité de Lucens, invitée par le Président Baud, qui a goûté ce spectacle à l'aspect très exotique pour les élus broyards.

On en arrivait ainsi au deriner amendement, à savoir le rapport de la majorité de la commission, qui proposait une diminution à 340 des places de parc mais sans parking souterrain. Lui aussi fut refusé clairement, par 54 voix contre 31 et 3 abstentions.
Le vote final sur le préavis de la Municipalité non amendé (hormis un détail à l'un des points mineurs) ne pouvait guère échapper au même sort, puisque aucune des conceptiosn globales avancées jusqu'alors  n'avait réussi à convaincre une majorité du Conseil. Le vote final a été négatif par 60 voix contre 30 et 3 abstentions.

 Au terme de ce débat de plus de 3h30, le Président rappela que, quelles qu'aient pu être les décisions du Conseil ce soir-là, la compétence d'organiser la circulation et de fixer les paramètres du parcage en ville appartient légalement et de plein droit à la Municipalité. Elle avait soumis au Conseil un projet qui  permettait à ce dernier d'user de cette compétence, il n'a pas désiré le faire, la Municipalité récupère de ce fait sa pleine compétence en la matière.
A ces paroles, le Syndic répliqua que la Municipalité était bien consciente de disposer de cette compétence mais qu'elle n'envisageait pas de l'exercer à l'encontre de certaines positions prises dans le cadre de ce débat. Les études portant sur d'autres parkings (derrière la gare) aux entrées de ville) seront poursuivies et pourraient déboucher sur des projets concrets assez rapidement, tout comme les mesures concernant l'amélioration des transports publics en ville et dans la région.
Conclusion apportée par le Président Francis Baud...

... et par le Syndic Laurent Ballif

  

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