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Au terme d'un marathon de 8 heures, Vevey a son budget

C'est finalement après près de 8 heures de débat que le Conseil communal a accepté, lors de sa séance du 20 décembre 2012, le budget 2013 à peine modifié par rapport à la version de la Municipalité. Avec environ 140'000 de coupes supplémentaires, il est désormais déficitaire de 5,57 millions.

Pour voir la vidéo de ce Conseil:
http://www.vevey.ch/N11077/conseil-communal-du-20-12-12.html

La poursuite de l'étude du budget a encore nécessité environ trois heures, avant de s'achever par une solution qui semble avoir satisfait une très large majorité du Conseil. Et pourtant, la plupart des amendements avancés tant par la CoFin que par d'autres conseillers ont été refusés par des majorités très similaires.
Commencée à 18h30, la séance s'est toutefois terminée suffisamment tôt pour que le Conseil puisse clore l'année par une agape à la Cave de l'Hospital.


La Commission des finances a consacré plus de 25 heures à l'étude du projet de budget de la Municipalité. Installés devant le pupiter du Président du Conseil, ses membres sont intervenus durant le débat afin de défendre les amendements qu'elle avait acceptée parfois à l'unaminité, parfois à de faibles majorités.


La proposition de couper dans le budget nécessaire à l'éclairage attractif de Noël ont entraîné une réaction des Municipaux Etienne Rivier, qui fait le lien avec les commerçants, et Marcel Martin, dont le personnel installe le matériel d'illumination.

Reprenant ses débats au dicastère des Espaces publics, le Conseil s'est vu proposer de couper les Fr. 70'000.- de l'éclairage de Noël, selon l'argument que ce matériel est maintenant propriété de la commune et que les services n'ont qu'à le monter eux-mêmes. Le Municipal Marcel Martin a réussi à faire comprendre que, sans le contrat d'entretien et de pose, il n'y aurait pas de lumière à Noël en 2013, si bien que le Conseil a refusé par 40 contre 36 cet amendement, avec 7 abstentions.
Alors qu'Education n'a guère agité la salle (coupe de Fr. 5'000.- acceptée par la Municipalité pour les traductions, désormais financées par le canton), le dicastère de la Culture était l'objet de plusieurs propositions d'amendements de la CoFin.
Mais le Conseil s'est tout d'abord penché sur deux demandes de la Municipalité visant à rajouter Fr. 10'000.- pour le personnel auxiliaire et Fr. 3'000.- pour des mandats donnés à des tiers. La CoFin avait accepté ces deux amendements dûs à une erreur de transcription au moment de l'élaboration du budget.
Motivées par la Municipalité comme étant indispensables à l'organisation de certaines manifestations partiellement externalisées, comme Pictobello ou la Fête de la danse, ces sommes ont suscité des commentaires partagés. Mais elles ont été - ce qui peut être considéré comme une surprise dans ces circonstances - acceptées assez largement par le Conseil (48 oui vs 42 non et 5 abstentions).

A Culture, deux amendements emblématiques de la CoFin visaient à contraindre les Musées à diminuer un peu la voilure: - Fr. 33'900.- au Jenisch et - Fr. 45'400.- à l'Appareil photogra-phique. Pour le Jenisch, il s'agissait d'abandonner l'ouverture tardive du jeudi, pour le MSAP de diminuer les prestations au public en général.
Pour ceux qui considèrent que la Culture coûtent trop cher à Vevey en cette période de vaches maigres, cet effort était le minimum qu'on pouvait attendre d'institutions trop lourdes pour une ville de 20'000 habitants. Pour d'autres, la Culture fait partie de la carte de visite de Vevey et c'est également un de ses poumons économiques. Les arguments ont été avancés en toute bonne foi mais le vote a été très tranché: les deux amendements ont été refusés, de justesse pour le Jenisch (44 vs 41 et 2 abst.) et un peu plus largement pour le MSAP (44 vs 38 et 3 abst.).
La longue liste des lignes consacrant des subsides annuels à un grand nombre d'événements et d'institutions a donné des idées à plusieurs conseillers. M. Bastien Schobinger a ainsi annoncé 5 propositions sur des subventions qui n'avaient pas été touchées par l'effort d'économie de la Municipalité. Sa première tentative concernait le Septembre Musical, pour laquelle il proposait une coupe de Fr. 5'000.-. Il a eu l'occasion d'expliquer que cette institution est également soutenue par le Fonds culturel Riviera, mais la Municipale Annick Vuarnoz a pu lui expliquer que ledit Fonds ne finance que les activités culturelles et pas les frais de fonctionnement. Cette proposition de l'UDC concernant le Septembre Musical s'est heurtée à des oppositions de tous bords et a été assez nettement refusée. M. Schobinger a alors annoncé qu'il renonçait à revenir à la charge sur les autres objets envisagés, cette expérience ayant montré les positions au sein du Conseil.
La dernière attaque d'importance dans la Culture a concerné le subside de Fr. 245'000.- au Festival Images, où l'UDC proposait de couper Fr. 145'000.- et le PLR Christian Roh Fr. 100'000.- Pour M. Riesen, il s'agissait d'obliger Images à faire payer des entrées, ce qui lui assurerait une recette compensant la coupe. Pour M. Roh, une coupe était possible en raison précisément du succès d'Images 2012, qui devrait lui permettre de trouver de nouveaux sponsors.
De nombreux conseillers de tous bords sont venus en aide au Festival Images, d'aucuns mettant l'accent sur son impact touristique et sa bonne gestion financière, d'autres sur son retentissement national voire international et son apport à la notoriété de la culture veveysanne. Pour sa part, la Municipalité, par la bouche d'Annick Vuarnoz et du Syndic Laurent Ballif (également Président de la Fondation Images), a mis en évidence le fait que le Festival a déjà recours pour les 2/3 de son budget (total 1,7 millions) à d'autres fonds que ceux de la commune mais que les sponsors tiennent également compte du soutien public pour dimensionner leur propre apport. De plus, l'impact économique de la manifestation est reconnue par le canton, qui la soutient au titre d'activité touristique utile au développement économique de la région.
Au vote final, les deux amendements ont été suffisamment nettement rejetés pour que le Président Patrick Bertschy n'ait pas besoin de faire appel aux scrutateurs pour vérifier.


M. Bastien Schobinger a tenté une série d'amendements cohérents. Après l'échec du premier, il a renoncé aux suivants.

La Municipale Annick Vuarnoz a été fortement sollicitée en tant que responsable de la Culture.


M. Jérôme Christen est parvenu à remettre dans le budget un montant supprimé pour le sport.
M. Jean-Pierre Boillat n'a pas été suivi avec sa proposition d'augmenter le budget pour permettre la restructuration du service.

Les dicastères Sécurité et Social n'ont pas donné lieu à discussion, alors qu'on a beaucoup parlé, dans tout le canton, du poids de la facture sociale et des reports de charge sur les communes dans ces deux domaines. Mais l'explication liminaires apportées par le Municipal Etienne Rivier avait apparemment été suffisamment claire.
Dans le dicastère Sport et Jeunesse, alors que le Conseil semblait apparemment satisfait du résultat de ce budget, le Conseil s'est autorisé quelques écarts inattendus. Alors qu'un amendement de la CoFin demandant de trouver auprès des sociétés sportives Fr. 50'000.- au titre de contribution aux frais d'éclairage des équipements était très largement accepté, une autre proposition est venue la compenser.
M. Jérôme Christen (Vevey Libre) a constaté qu'une coupe de Fr. 66'000.- avait été opérée dans les subventions aux clubs. A sa question, la Municipale Elina Leimgruber a répondu qu'il s'agissait d'un subside récemment introduit et correspondant à un subside pour chaque athlète porteur d'une licence de compétition. La Municipalité avait considéré que, dans les circonstances présentes, on pouvait y renoncer pour 2013. Le Syndic a cependant bien précisé qu'il ne s'agissait pas de soutenir des sportifs professionnels, mais d'aider à payer le coût de la licence, qui retombe sinon à charge des familles ou des clubs.
A la suite de cette explication, un vote surprenant de 50 oui contre 27 non et 7 abstentions a décidé de réintroduire ce montant de Fr. 66'000.- pour les clubs de compétition !
Enfin, dans le secteur Jeunesse, où des restructurations sont prévues en raison de départs de cadres, M. Jean-Pierre Boillat (Alternatives) a proposé de rajouter Fr. 100'000.- pour permettre un remaniement en douceur sans pression sur les salaires. Cet amendement a été refusé très largement.

Lors du débat final sur le budget, une fois connu le déficit définitif de Fr. 5'570'800.-, les partis se sont exprimés à peu près tous dans le même sens, en regrettant ce résultat mais en ayant le sentiment d'avoir étudié le budget dans le détail. Les partis PLR, PS, PDC, Vevey Libre et Verts ont annoncé qu'ils soutiendraient ce budget 2013 ainsi amendés. Par contre, l'UDC et Alternatives ont décidé de s'y opposer, mais pour des raisons opposées: l'UDC parce qu'il n'est pas assez rigoureux, Alternatives parce qu'il est trop sévère, notamment pour les employés.
Au vote final, le budget 2013 est très largement approuvé par plus de 70 oui, avec 10 non et 5 abstentions.
Sur son élan, le Conseil a ensuite encore admis sans discussion et à l'unanimité la 1ère série de crédits complémentaires au budget 2012 pour un montant de Fr. 206'600.-
A ce moment-là, la séance n'était pas encore terminée puisque l'ordre du jour comportait encore tous les objets qui devaient occuper à eux seuls la séance du 20 décembre ! C'est dire que certains ont été traités avec moins de soin que ce n'aurait été le cas en temps normal...
Le plus important de ces objets était le rapport de prise en considération de deux postulats concernant l'ex-EPA, déposés en novembre. Pour l'UDC, M. Werner Riesen demandait de renoncer au projet initial et de regrouper dans ce bâtiment tous les services qui ne trouvent pas place à l'Hôtel-de-Ville, ce qui permettrait de remettre en location les locaux actuellement utilisés par ceux-ci. Quant à M. Jacques Décosterd (PLR), il demandait que la Municipalité envisage de vendre ce bâtiment, avec ou sans repreneur pour le projet prévu.
La commission ad hoc, après avoir entendu la Municipalité, proposait de rejeter le postulat Riesen mais d'accepter le postulat Décosterd. Le Syndic Laurent Ballif et le Municipal Etienne Rivier ont confirmé qu'une telle option serait beaucoup plus coûteuse, ce qu'a contesté M. Riesen. Quant à la vente, il est certain que des promoteurs se sont déjà approchés de la ville et que cela pourrait être une solution si l'un d'eux était prêt à faire le programme de rénovation prévu. Au vote, le Conseil s'est rallié à cette double position, étant entendu que la Municipalité traitera de cette matière au moment de déposer à nouveau son préavis sur l'ex-EPA.


Bien que minorisé sur plusieurs amendement, le Président de la Cofin, M. Alain Gonthier, a rédigé le rapport et défendu la position majoritaire avec honnêteté.
Le vote final a été assez net, bien plus que ceux de plusieurs amendements, mais les scrutateurs ont permis d'officialiser le résultat.
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M. Christophe Ming a pris acte que les travaux demandés sont déjà prévus en cette fin d'année.

Mme Fabienne Despot a pris acte que la Municipalité a suivi l'élaboration du Projet de territoire suisse.

Il restait encore de nombreuses communications, dont la plupart ont été passées en revue sans débat.
M. Christophe Ming (PLR) a pris acte que des travaux étaient au budget 2012 pour les Bains Payes et qu'ils avaient été effectués en fin d'année, tout en espérant que tout serait réglé selon les désirs des usagers.
Mme Fabienne Despot a remercié la Municipalité pour ses explications sur le Projet de territoire suisse en appréciant que notre organe exécutif ait suivi cette opération, mais elle a émis des doutes quant à l'impact de ce projet sur notre propre planification régionale.
Le Conseil a encore pris acte sans commentaire des subventions octroyées en 2012 pour l'aide humanitaire et l'aide en cas de catastrophe, de la mise à jour du Plan des investissements, du mandat octroyé par la CIEHL pour l'étude de faisabilité de la fusion, des décomptes définitifs favorables pour les travaux à Copet I (économie Fr. 191'331.-) et au Port de plaisance (économie Fr. 548'160.-), la nomination d'un nouveau Chef des services sociaux en la personne de M. Christophe Gerber (promotion interne),  ainsi que de l'ouverture de deux comptes d'attente, l'un pour le futur réaménagement de la rue Louis-Meyer et l'autre pour l'étude du financement de la gestion des déchets.
Deux objets ont suscité quelques récriminations, du fait qu'ils découlaient tous deux d'une démarche modérément appréciée de la Municipalité. Il s'agit de la décision de l'Exécutif de ne pas mettre en oeuvre des projets pourtant autorisés par le Conseil, ou sous une forme différente. Le premier est celui de la construction d'un club-house sur le local du Vétéran au port de plaisance, dont l'abandon s'appuie sur un argumentaire transmis par le canton au conseiller communal Charly Teuscher, qui s'est dit très agacé de voir la Municipalité utiliser ainsi ce document sans apporter d'autres raisons techniques à ce renoncement. L'autre sujet était la mise en oeuvre d'une politique anti-tags, où la Municipalité a renoncé à l'engagement d'une personne supplémentaire et propose des solutions sous forme d'assurance aux propriétaires victimes.
Enfin, malgré cette longue séance, deux objets ont encore été déposés par des conseillers. Le premier est un postulat de M. Serge Ansermet (Soc) et fait des propositions concernant la taxe déchets à mettre en place. Il a été transmis à la Municipalité, qui y répondra dans le cadre du préavis à ce sujet.
Le second est une interpellation de M. Bastien Schobinger à propos du projet de garderie dans l'ancien immeuble Saüberlin, toujours bloqué par une démarche juridique. A ces questions, la Municipale Annick Vuarnoz a pu répondre très clairement que, la décision du Tribunal fédéral ayant donné tort au propriétaire, la Municipalité avait décidé de renoncer à son option d'achat sur ces locaux. 

Au terme de cette longue séance, vers 22h30, les conseillers communaux se sont rendus à la Cave de l'Hospital pour fêter ensemble cette fin d'année, terminée sur un consensus assez large pour satisfaire à peu près tous les bords.